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Les mille et une possibilités de se former (presque) gratuitement

Dernière modification le 31/10/2011, publié par Emploi-Pro.
campus d'HEC
Le campus d'HEC.
© HEC

Focus  Pour que votre formation ne vous coûte rien, ou pas grand-chose, il faut expliquer à votre financeur en quoi ce cursus peut lui être bénéfique. Il faudra aussi montrer que cette formation vous permettra de progresser. Détail des dispositifs existants.

Être en phase avec les besoins de son entreprise. C’est la solution idéale. Celle qui vous donnera la possibilité d’obtenir le financement de votre formation en totalité et avec la bénédiction de votre patron.  

Le plan de formation

Pour cela, il faut en priorité penser au plan de formation. Il rassemble l’ensemble des actions des cursus définies dans le cadre de politique de gestion du personnel de l’entreprise. Le groupe Orange est représentatif de ce qui peut se pratiquer de mieux dans les entreprises pour que les salariés bénéficient d’une formation totalement prise en charge. Ici, la priorité est donné au plan de formation. Environ 82 % des cursus se font via ce financement qui ne coûte pas un centime au salarié. De plus, la plupart du temps, ces cursus sont réalisés en interne au sein des écoles-maison. « Ces établissements internes permettent de bien délivrer les formations décelées lors des entretiens annuels individuels que chaque salarié a avec son manager, explique Françoise Bayle, directrice du management des compétences et des parcours professionnels de ce groupe de téléphonie. Des conseillers en développement de parcours, au sein d’Orange Avenir, accompagnent également le salarié désireux de se former. Il est essentiel de réfléchir à court terme sur les compétences nécessaires à la maîtrise de leur poste, mais aussi à plus long terme pour sécuriser leur parcours professionnel. »

Pour le salarié lambda, il est donc important de fureter sur l’Intranet de son entreprise. Les évolutions de postes possibles et les compétences nécessaires pour y parvenir, par métier, y sont souvent détaillées. Vous aurez ainsi la garantie d’être bien en phase avec les besoins de votre société. « C’est globalement une question de budget et de stratégie, insiste également Emmanuelle Maufrais, directrice régionale de l’Agefos PME Île-de-France. Si une entreprise souhaite développer un marché ou une idée, elle va axer son plan de formation là-dessus. La majeure partie du budget y sera consacrée. Si cela ne correspond pas à la demande du salarié, il lui faudra patienter. En cas de refus, le salarié peut toujours demander de suivre la formation dans le cadre du CIF (Congé individuel de formation) pour une formation courte ou se tourner vers le dispositif de la période de professionnalisation pour une formation supérieure à 70 heures. »  

Le DIF (droit individuel à la formation)

Lorsque la formation n’entre pas tout à fait dans le cadre de la mission actuelle du salarié, vous pouvez mobiliser votre DIF. C’est une bonne solution pour un chef de projet qui souhaite élargir ses compétences en management et améliorer sa prise de parole en public. Il permet également d’effectuer un bilan de compétences. S’il est possible de cumuler sur six ans ses droits pour atteindre les 120 heures, dans les faits, le DIF est surtout utilisé pour des formations courtes, entre 20 et 40 heures. « Beaucoup de demandes de DIF émanent de salariés bien informés de leurs droits par leur entreprise, note Moy Taillepied, chef du service information orientation du CNAM. Une erreur commune est de se précipiter en voulant absolument utiliser son droit. Or le DIF correspond à un besoin de professionnalisation. Il ne s’agit pas de faire de l’anglais pour faire de l’anglais mais pour faire évoluer son poste. Cela procède d’une logique dans le cadre d’un projet de formation réfléchi. » À savoir : une entreprise ne peut refuser votre demande de DIF plus de deux ans. Son refus l’expose, outre à votre baisse de motivation, à voir s’accumuler les heures de DIF auxquelles vous avez droit. Le coût peut être élevé après six ans (120 heures), d’où l’intérêt pour votre employeur d’équilibrer ses coûts de DIF chaque année. Après deux ans de refus, vous serez, de plus, prioritaire pour une demande de CIF auprès du Fongecif.  

La période de professionnalisation

Pour une formation effectuée dans le cadre du plan de formation ou du DIF, vous pouvez aussi bénéficier d’une période de professionnalisation (pour les salariés en contrat à durée indéterminée [CDI] uniquement). Celle-ci est du pain bénit pour s’octroyer une formation sans frais. Elle concerne principalement les formations de plus de 70 heures. Le dispositif fonctionne surtout pour des fonctions en alternance. Parlez-en à votre employeur qui se verra rembourser votre formation par l’organisme paritaire de sa branche. Le dispositif est simple… pour ceux qui entrent dans une des cinq catégories bénéficiaires du dispositif : avoir une qualification insuffisante au regard de l’évolution des technologies et de l’organisation du travail, avoir 20 ans d’activité professionnelle ou être âgés d’au moins 45 ans avec une ancienneté minimale d’un an dans l’entreprise, envisager une création ou reprise d’entreprise, être de retour de congé maternité ou parental, être bénéficiaire de l’obligation d’emploi (handicapés…). Des accords de branche peuvent également définir d’autres catégories de bénéficiaires.  

Un CIF (Congé individuel de formation) via le Fongecif

Le Fongecif finance trois dispositifs : le CIF, le bilan de compétences et la VAE. Contrairement au plan de formation dont l’initiative dépend du chef d’entreprise et qui est géré par les OPCA, le CIF est un dispositif déclenché à l’initiative du salarié. Il permet de répondre à quatre motifs principaux : une stratégie de mobilité, une stratégie de qualification, des actions courtes liées à des perfectionnements (des compétences qui viennent en complément du métier initial) et, de façon plus anecdotique, des activités culturelles et sociales. « Comme les partenaires sociaux le souhaitent, la priorité est donnée à des salariés de faible niveau de qualification, explique Rémi Lemaire, directeur du Fongecif Lorraine. La population ouvriers-employés concerne ainsi 75 % des bénéficiaires de CIF. Nous avons 1 500 demandes de CIF par an pour des personnes en CDI. La moitié des dossiers est acceptée. Le taux d’acceptation pour les personnes en CDD est de 90 % car la demande est moindre et ce dispositif souffre d’un défaut de notoriété. » Ce directeur cite plusieurs motifs de refus pour un CIF : une ancienneté professionnelle insuffisante, des formations identifiées comme non prioritaires, une représentation partielle du métier visé, une incohérence dans le choix de la formation (par exemple sur un secteur donné, une personne qui resterait au même niveau de formation). Cela peut également être le fait d’avoir déjà bénéficié d’un CIF. Le coût moyen d’un dossier CIF est d’environ 25 000 euros. Il est donc rare que vous ayez la chance de vous en faire financer un deuxième au cours de votre vie professionnelle. D’où l’importance, pour maximiser ses chances, de bétonner votre argumentaire. Des conseillers Fongecif vous accueillent en entretien individuel pour bien préparer votre dossier. La pertinence de votre projet sera jugée plus favorablement en commission si vous avez effectué au préalable un bilan de compétences, si vous joignez à votre dossier des enquêtes métier, si vous avez constitué un début de business plan dans la cadre d’une création d’entreprise. À noter : si l’analyse est faite et que votre dossier relève davantage de la responsabilité du salarié, le Fongecif évoquera la possibilité d’un cofinancement avec l’entreprise.

La Validation des acquis de l’expérience (VAE)

Peu de diplômes et une envie de valoriser votre expérience ? La VAE, qui permet l’obtention de tout ou partie d’une certification, est une solution peu onéreuse pour qui veut évoluer ou changer d’entreprise. Au CNAM, son coût varie entre 1 600 et 2 000 euros. Des financements sont possibles si elle s’intègre dans le cadre du plan de formation, du DIF. Il est également possible de faire une demande de congé VAE auprès de votre OPCA ou du Fongecif pour 24 heures d’absence, avec maintien de votre rémunération. « Il y a deux pistes pour éviter les démarches VAE sans issue, affirme Louis-Joseph Brossollet, directeur de la formation continue et apprentissage à l’université de technologie de Troyes. La première se situe au niveau de votre DRH. Des grandes entreprises ont établi des programmes de VAE prédéfinis pour certains diplômes permettant d’alléger votre démarche personnelle. La seconde piste se situe au niveau de la gestion de l’importante charge de travail dans le cadre de votre VAE. Je conseille pour cela de vous orienter sur une VAE accompagnée. Soyez également réaliste sur la distance qui sépare votre expérience du diplôme en identifiant avec soin un diplôme souhaité et réaliste. »  

Une formation via le Pôle emploi

Tout demandeur d’emploi peut bénéficier d’une formation agréée par la région ou l’État, d’une formation conventionnée et financée par le Pôle emploi ou d’une formation préalable à un recrutement. Renseignez-vous auprès du Pôle emploi. Voyez également à quoi vous avez droit en matière de DIF (avec la portabilité du DIF, la somme acquise au titre du DIF et non utilisée permet de financer tout ou partie d’une action de bilan de compétences, de VAE ou de formation). Le Pôle emploi vous dispense de recherche d’emploi pendant votre formation. Vous sortirez plus vite des statistiques chômage. Y a-t-il meilleur argument à développer auprès de votre conseiller pour décrocher votre sésame formation ?

Pascale Kroll

 




		


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