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Les multinationales parient sur les cadres chinois, pas sur les Français

Dernière modification le 03/07/2009, publié par emploi-pro.fr.

Frédéric Gourdin (à gauche) et Tony Wang

Vous avez toujours rêvé d’être expatrié ? A vous gros salaires et voitures de fonction ? Dans ce cas, il va falloir oublier la Chine. Les grands groupes privilégient aujourd’hui la main d’œuvre nationale, d’autant qu’elle est bien formée.

Suez Environnement à Shanghaï, (plus précisément dans le parc industriel chimique situé à soixante kilomètres au sud), c’est une petite centaine de personnes qui ont deux missions : le traitement des eaux usées et industrielles de la zone d’une part, et un super incinérateur industriel de l’autre. Ces deux activités emploient environ 250 personnes aux dires des responsables de l’entreprise.
Dans les deux cas, la main-d’œuvre qui travaille est essentiellement chinoise et pas seulement les opérateurs de base, l’encadrement aussi. A commencer par Tony Wang, le jeune patron de la station d’épuration. Agé d’à peine 26 ans, il a étudié en France à Agro ParisTech. Repéré par Suez environnement, il fait partie des quelques privilégiés qui, chaque année, partent étudier en France avec une bourse de l’entreprise. Difficile de savoir pourtant ce qui dans cette politique relève de la politique de Suez et ce qui ressort des contraintes du gouvernement chinois souhaitant promouvoir l’emploi local de ses étudiants dans les joint ventures. Un peu des deux sûrement.

Les paradoxes chinois
En tout cas, le directeur de Suez Environnement Chine, Frédéric Gourdin, est formel : « il faut sortir de l’image d’une Chine qui serait spécialisée dans les tâches à faible valeur ajoutée », et donc de l’idée d’une main-d’œuvre bon marché. Il précise ainsi qu’il faut ajouter 50 % de charges au salaire payé (pour la santé, le chômage et un fonds de retraite privée) et qu’un droit du travail se constitue peu à peu. Si le parti a sa place dans l’entreprise, c’est avant tout pour soutenir la marche vers l’économie de marché. Toute la Chine est dans ce paradoxe : le parti communiste y occupe à la fois la position du syndicat et celle de soutien indéfectible de la croissance.
Chez Suez Environnement, cela n’empêche pas la bonne marche des affaires. La filiale shanghaïenne occupe trois français seulement. Le reste de l’équipe est chinoise. Pour la recruter, l’entreprise a dû adapter ses méthodes, car il n’est pas facile d’évaluer la capacité à être autonome d’un candidat. Ex DRH en France, Frédéric Gourdin a promu un recrutement multiculturel. Autrement dit, il prend l’avis d’un collègue chinois après lui avoir explicité le profil recherché et le descriptif du poste.

Attirer les talents dans un contexte d’intense concurrence

Ceux qui n’ont pas la chance d’avoir une bourse d’étude comme Tony Wang recevront quand même plusieurs formations de l’entreprise. « La Chine possède de nombreux hauts potentiels », confirme Jean-Pierre Arcangeli, directeur général du site de Suez Environnement sur le parc industriel chimique.
Le problème pour les entreprises est de les attirer. La Chine connaît, en effet, un taux de turn-over très élevé, d’environ 15 %. Les salariés n’hésitent pas à changer d’entreprises et les entreprises publiques ne font plus rêver. La culture occidentale est omniprésente dans certains quartiers. Et quand vient le soir, les shoping centers voient les jeunes chinois les plus fortunés déambuler à la recherche de marques occidentales. Cette soif d’occident concerne aussi les entreprises. Travailler pour une firme européenne ou nord américaine est un must, l’assurance de revenus confortables, mais aussi la certitude d’intégrer un parcours où le salarié peut acquérir de nouvelles compétences. C’est ce qui expliquerait le faible turn-over auquel est confronté Suez environnement, d’après son directeur Chine. Une politique de formation des ressources humaines locales qui, sans nul doute, renchérit le coût du travail.
Christophe Bys
Envoyé spécial à Shanghaï

 




		


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