

Focus Les patrons du secteur public aiment relever des défis stratégiques et rendre service à la société. Par contre, ils s’intéressent beaucoup moins à motiver leurs salariés, d’après une étude du cabinet de conseil Hudson.
Pourquoi travaille-t-on dans la fonction publique ? Quels sont les éléments qui donnent envie de se lever et d’aller travailler ? Le cabinet Hudson, dans sa dernière étude, présentée ce matin devant un parterre de hauts fonctionnaires, s’est penché sur les sources de stimulations au travail chez les hauts fonctionnaires. Une occasion également pour le cabinet de conseil d’inciter ces patrons à prendre davantage en compte les envies de leurs subalternes. « Un salarié motivé est un salarié performant », ne manque d’ailleurs pas de rappeler en prélude à l’exposé, Marc Timmerman, psychologue et spécialiste de la gestion des talents.
Servir les autres mais pas nécessairement ses salariés
Un patron du public ressemble de plus en plus à un dirigeant du privé. Ce qui les prend au corps, les motive sont autant l’ambition de relever des défis stratégiques, de développer une vision que de savoir qu’ils occupent un rôle d’influence. Toutefois des différences persistent et selon Marc Timmerman, « chacun aurait intérêt à s’inspirer des bonnes recettes de l’autre ». Dans le public, ce qui prime c’est justement l’aspect « défis stratégiques ». Les hauts fonctionnaires plus que les patrons du privé ont « cette volonté de contribuer au fonctionnement de la cité », note l’enquête. Ils ont aussi un désir plus fort de reconnaissance. Le salaire leur paraît plus secondaire. « Sûrement car ils ont atteint un niveau dans leur carrière où la rémunération pose moins de problème, souligne Nicole Prudhomme, directrice de l’activité gestion des talents France chez Hudson. Toutefois, il faut noter qu’ils y prêtent une moindre attention que le font leurs homologues du privé. » Ce qu’ils cherchent ce sont des conditions de travail optimales, c’est-à-dire une sécurité de l’emploi et un équilibre vie personnelle-vie professionnelle.
A l’inverse, ce qui pèche, c’est l’envie de motiver leur équipe, ou de jouer un rôle de leader, de mentor pour leurs salariés. Une gageure que Nicole Prudhomme attribue « aux règles, aux procédures et à la culture qui prédominent dans les organisations bureaucratiques ».
Le haut fonctionnaire a un impact sur l’ambiance de travail
Et pourtant, cela peut changer, tel a été le message scandé tout au long de la matinée. « Dans le public, on a les ingrédients pour réussir à motiver les équipes : le sens de la responsabilité, l’autonomie, ou l’envie de donner du sens », tonne Nicole Prudhomme. « Mieux il faut le faire, renchérit Marc Timmerman. La crise et l’impératif de faire plus avec moins font chuter la motivation des salariés. Un bon management à l’inverse la rehausse. » Avant de se séparer, quelques conseils ont ainsi été prodigués par Hudson. Un : se répéter que le haut fonctionnaire a un impact sur l’ambiance de travail. Deux : savoir complimenter un travail bien fait. Trois : développer son empathie, savoir comprendre les autres. Et quatre : avoir son style, ne pas copier toutes faites les recettes de Steve Jobs. Un grand « Yes, we can » en somme, pour motiver les patrons du public à stimuler l’enthousiasme de leur équipe.
Lucile Chevalier
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