

Focus Luttant contre les idées reçues, le Cereq explique qu’il n’existe pas, en France, de génération sacrifiée. Par contre, un quart des jeunes, « les sans diplôme », constitue une population à l’insertion difficile et durable.
Tordre le coût aux idées reçues et se promouvoir. Voilà les deux buts du Cereq (centre d’études et de recherche sur les qualifications) et de son analyse « Peut-on parler de génération sacrifiée à cause de la crise ? » que l’organisme public vient de publier.
La réponse du Céreq s’articule en deux points. Non, il est inexact d’évoquer une génération sacrifiée à cause de la crise. Pour l’organisme de recherche, le diplôme reste « la meilleure garantie pour trouver un emploi ». Selon leurs enquêtes réalisées auprès de 30 000 jeunes sur les 700 000 sortis du système éducatif, 60 % des jeunes connaissent « un parcours d’accès rapide et durable à l’emploi et 16 % se stabiliseront dans un emploi mais plus tardivement ». Les trois-quarts des jeunes ont donc bien résisté aux effets de la crise.
Le facteur le plus déterminant des difficultés d’accès à l’emploi
Mais, et c’est le 2 e point que le Cereq souhaite mettre en avant, un quart de cette population connaît « un parcours d’insertion plus difficile marqué par une inactivité prolongée ». Oui, pour le Cereq, cette population représentent les vrais sacrifiés de la crise. Elle est constituée de jeunes « sans diplôme ». Et l’organisme de marteler : « sortir sans qualification (échec au CAP ou au bac par exemple) demeure, encore et toujours, le facteur le plus déterminant des difficultés d’accès à l’emploi. Ces jeunes vont connaître des difficultés durables. Elles sont souvent aggravées par d’autres facteurs : être une femme, être issu d’une formation tertiaire, ou issu de l’immigration ou encore d’un quartier classé en ZUS (Zone Urbaine Sensible). Pour les jeunes diplômés du supérieur, ces difficultés existent. Mais elles restent temporaires dans la grande majorité des cas ». Ainsi, le taux d’emploi à trois ans des diplômés de l’enseignement supérieur avoisine les 90 %.
Pour améliorer ce système d’insertion, le Cereq prêche enfin pour sa paroisse. Le centre signale, avec juste raison, que les études d’insertion sont réalisées, en France, par les établissements d’enseignement supérieur. Etudes souvent « discutables », ajoute-t-il. Bref, le Cereq souhaite voir se développer un dispositif national, accepté et indépendant pour analyser l'insertion des jeunes diplômés ? Cela « permettrait de donner à tous les acteurs de la relation formation – emploi un outil de discussion incontestable sur la place des jeunes dans la société française », conclut l’organisme.
Gwenole Guiomard
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