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Les services à la personne : un gisement mal exploité

Dernière modification le 04/12/2009, publié par Emploi-Pro.

© DR

Focus  Delphine David a réalisé pour le cabinet d’études Précepta une étude « Services à la personne : la grande illusion ». Elle a répondu à nos questions. Pour elle, le secteur pâtit d’une grande atomisation et des ambivalences de l’Etat. En termes d’emplois, l’enjeu est pourtant d’envergure. Davantage d’entreprises pourraient être créés.

Quel volume d’emploi représentent aujourd’hui les services à la personne ?

Les dernières données dont nous disposons datent de 2008. Elles indiquent que le secteur des services à la personne employait, en 2008, 1,321 millions de salariés employés par les particuliers et 275 000 salariés des prestataires, soit un total de 1,596 millions de personnes. Toutefois, cela ne veut pas dire que toutes ces personnes ont un emploi à plein temps. Dans le secteur, le nombre d’heures moyennes travaillées par semaine hors « assistantes maternelles » était, en 2008, de 11,58 heures pour les personnes employées directement par les particuliers et de 17 heures pour les salariés des prestataires.

 

Les tendances pour 2009 ?

Nous avons estimé le nombre de salariés hors assistantes maternelles à 1,355 million, ce qui représente une hausse de 3 % par rapport à 2008 où on comptait 1,313 million de salariés toujours hors assistantes maternelles.

 

En période de chômage, 3 % de croissance constitue-t-il un bon résultat ?

En nombre d’heures travaillées, la croissance est beaucoup moins forte. Nous l’estimons à 2 % seulement. En outre, il faut comparer ce résultat à la croissance de 8 % observée en 2007. Ce ralentissement s’explique par la baisse du pouvoir d’achat. Les ménages opèrent des arbitrages entre leurs différentes consommations. Cela pénalise certains services à la personne comme le jardinage, le bricolage, la collecte et le repassage du linge, ou encore la formation à l’informatique. A l’inverse, d’autres services sont moins dépendants de la conjoncture : c’est l’univers des services liés au cycle de vie garde-maternelles, aides aux personnes âgées…

 

275 000 salariés de prestataires est le signe de la faiblesse du secteur privé. Comment l’expliquez-vous ?

Parmi les prestataires figurent de nombreuses associations qui représentent 21 % du volume horaire total, l’emploi direct par les particuliers de gré à gré représente 77 %. Cela signifie que seulement 2 % du total est le fait d’entreprises privées. La faiblesse du secteur privé est due à un gros problème de visibilité et de communication. L’Etat devrait jouer davantage son rôle. Il a crée l’agence nationale des servies à la personne. Il faut la renforcer, si on veut que le secteur soit mieux connu. C’est non seulement un vivier d’emplois qui ne peuvent pas être délocalisées. Ce serait aussi un moyen de soutenir la consommation des ménages, consommation qui reste essentiel pour la croissance du PIB.

 

Les services à la personne sont un continent allant du jardinage aux gardes-malades. Tous les marchés sont-ils dans la même situation ?

C’est très difficile d’avoir une vision des différents segments, le secteur étant composé de petites entreprises. Le secteur du soutien scolaire est celui qui se porte le mieux. C’est aussi le plus ancien, les entreprises étant apparues dès les années 80. Les autres segments sont plus récents.

 

Le secrétaire d’Etat à l’emploi évoque souvent les emplois gris – les services aux personnes âgées – comme secteur d’avenir. Où en est-il ?

Sur ce marché, deux entreprises émergent aujourd’hui. Nous avons classé les entreprises des services à la personne en fonction du volume d’affaires. Si, en 2008, la première est Acadomia (cours particulier), elle est suivie par deux entreprises du secteur « gris », Age d’or services et Adhap Services. Elles se développent par la franchise. En outre, elles ont mis en place des instituts de formation qui participent à la professionnalisation et à un meilleur recrutement.

Propos recueillis par Christophe Bys

 

Lire aussi L’emploi dans les services à la personne est incertain

 

Christophe Bys


		


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