

Chiffre clé Les entreprises de moins de 20 salariés confirment la timide amélioration conjoncturelle. Au deuxième trimestre, ils ont été plus nombreux à embaucher qu’au premier. Toutefois, les créations ne compensent pas les destructions de postes.
Le frisson se confirme, y compris pour dans les TPE, ces entreprises de moins de 20 salariés, que l’Ifop sonde chaque trimestre pour le compte de Fiducial. L’amélioration est aussi sensible que modeste, y compris sur le front de l’emploi. En effet, 11 % des TPE interrogées ont déclaré avoir procédé à des embauches au deuxième trimestre de 2009, soit 2 % de plus qu’au trimestre précédent. En moyenne, les TPE ont embauché 1,6 personne !
Autre signe positif : interrogées sur leurs perspectives de recrutement, 12 % des dirigeants de TPE répondent positivement, soit 3 points de plus qu’un trimestre plus tôt. Pour les embauches observées au second semestre, 7 % étaient dues à des créations de postes et 4 % pour remplacer des personnes qui avaient quitté l’entreprise. Pour le prochain trimestre, les chiffres sont respectivement de 8,5 et 3,5.
Il ne faut cependant pas se réjouir trop vite. Car si certains embauchent, d’autres prévoient de supprimer des postes. Les créations nettes de postes ressortent à 0 pour le second semestre (autant de création que de destructions d’emplois) et au troisième trimestre, les prévisions sont telles que la création nette prévue est de - 0,5 point (on détruira plus d’emploi qu’on n’en créera).
Moins de CDI, plus de CDD
En outre, seulement 29 % des emplois créés par les TPE sont des CDI, quand 67 % des postes détruits correspondaient à ce statut au second trimestre. Mécaniquement, les nouveaux postes sont donc davantage des CDD ou des contrats d’intérim. Outre la dégradation de la conjoncture qui peut rendre les dirigeants plus prudents à l’embauche, la raison vient aussi de l’impact de l’emploi saisonnier. En effet, au second semestre, l’hôtellerie affiche un 11 % de créations nettes de postes. Autrement dit, pendant que l’industrie et les services suppriment des CDI, l’hôtellerie crée des emplois saisonniers.
Les données détaillées sur les raisons des suppressions de postes montrent que les licenciements reculent en juillet 2009 par rapport au trimestre précédent tandis que la rupture à l’amiable croît nettement (de 28 à 33 % des réponses) avec une pointe à 44 % pour les entreprises comptant 1 à 2 salariés !
Inquiets pour leur avenir, les salariés semblent en tout cas faire profil bas. En effet, seulement 25 % des dirigeants de TPE indiquent ressentir des tensions sociales dans son entreprise (ils étaient 30 % fin avril). Seulement, un dirigeant sur 10 (11 %) indique ressentir souvent de telles tensions.
Parmi les autres enseignements de l’étude (qui fait par ailleurs le tour complet du moral des dirigeants de TPE), on notera que les dirigeants de TPE ne sont pas convaincus par le grand emprunt, anticipant son coût futur sous forme de hausse d’impôt. Ils sont 90 % à approuver la proposition des syndicats de salariés et de la CGPME de conditionner l’attribution d’allègement de charges sociales.
L’intégralité de l’étude de l’Ifop peut être téléchargée ici.
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