

Cas pratique Sale temps pour les yuppies ! Bruxelles veut réduire leur bonus, accusés d’avoir participé à une augmentation des risques pris par les banques.
Décidément les temps changent. L’époque où la commission européenne était un havre d’inspiration libérale est belle et bien révolue. En effet, le président de la Commission, José Manuel Barrosso, prévoirait de s’intéresser aux rémunérations des traders.
Que n’aurait dit Bruxelles si un gouvernement avait voulu réguler les salaires il y a seulement quelques mois ? Avec la crise financière et la mise au pilori des traders, tout devient possible. Toutefois, le moyen choisi pour intervenir est pour le moins original et demande quelques éclaircissements sur l’activité bancaire. Les banques sont, en effet, soumises à des critères prudentiels et doivent respecter un ratio de solvabilité qui rapporte les engagements aux fonds propres. En d’autres mots, pour éviter une crise, l’activité de crédit et donc la prise de risques des banques sont limitées par ce qu’elle possède. Régulièrement, ces critères sont précisés par le comité de Bâle.
Les bonus, facteurs de risque ?
Ce que propose la Commission, c’est d’imposer un ratio supérieur aux banques qui rémunèrent leurs traders à la « performance ». Elle estime, en effet, que ce système de bonus proportionnel aux gains réalisés incite les traders à prendre davantage de risque, d’où leur prise en compte dans le calcul des ratios de solvabilité. Cela signifie alors que les banques pourraient continuer à payer leurs traders comme elles l’entendent. Toutefois, cela aurait un coût non négligeable sur le coût de leurs ressources. Autrement dit, la commission espère inciter les banques à la vertu en les visant au portefeuille.
Cette orientation intervient alors que le mandat de Monsieur Barrosso arrive à échéance et que de nombreuses critiques visent la Commission, jugée pas assez pro active.
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