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MBA et MS, des diplômes pour booster sa carrière

Dernière modification le 31/10/2011, publié par Emploi-Pro.
diplômés

Focus  Les MBA et Mastères spécialisés sont comme des talismans auxquels on prête un pouvoir magique : celui d’accélérer les carrières. Changement de métier, meilleurs postes, meilleurs salaires et même ouverture sur l’international. Les MBA et MS ne font pourtant pas tout. Encore faut-il bien les choisir.

« Dans l’entreprise où je travaillais, le parcours d’évolution proposé ne m’intéressait pas, confie Olivier Petit, à quelques mois de la fin de son Master of Business Administration à l’EM Lyon. Ce cursus était l’occasion d’acquérir, d’une part, une double compétence, le management et de la gestion en plus de ma formation initiale d’ingénieur, d’avoir une touche internationale sur mon CV, et d’autre part, d’accéder à des postes à plus hautes responsabilités. » Même ferveur pour les Mastères spécialisés. Isabelle Steinbach, ingénieur de formation, a suivi à la suite de son cursus initial un Mastère spécialisé en assurance à l’ESSEC. « Sans ce diplôme, juge-t-elle, je n’aurais, tout simplement pas pu rentrer dans ce milieu. »

Le MBA, le MS, deux diplômes, quelques lettres et beaucoup d’effet. Accélérateur de carrière, boosteur de salaires, et ouverture sur un réseau prestigieux, les arguments avancés par les écoles sont persuasifs. Et le problème du prix prohibitif – il faut compter entre 6 000 (pour les MS) et 60 000 euros (pour les MBA les plus onéreux) de frais d’inscription – est rapidement balayé de la main par les écoles ou les candidats à ces formations. « La question du coût n’a pas beaucoup de sens, estime Éric Parlebas, président de la commission accréditation à la Conférence des grandes écoles, qui attribue entre autres le label de Mastère spécialisé. Il vaut mieux se demander combien cela peut vous rapporter. Un ingénieur diplômé d’une école de moindre prestige, s’il suit un Mastère spécialisé en sécurité des systèmes informatiques, peut voir son salaire faire un bond de 10 % à 25 %. »

 

Pas une dépense, un investissement

L’on ne parle alors pas de dépense mais d’investissement. Et comme tout investissement, il faut bien le choisir pour ne pas perdre ses fonds. De nombreuses écoles ont ajouté à leur portefeuille de diplômes le fameux MBA. Et quant aux Mastères spécialisés, bien que l’offre soit réglementée, ils n’en sont pas moins légion. En 2010, la Conférence des grandes écoles, après une étude scrupuleuse des candidatures sur 17 critères, a reconnu le label à 40 nouvelles formations. Pour l’année 2011, 32 labels ont déjà été attribués. C’est beaucoup. Pour se retrouver dans ce méandre de formations, il faut se poser les bonnes questions.

 

Un MS ou un MBA ?

Dois-je faire un Mastère spécialisé ou un MBA ? Petit exercice de définition pour se mettre en jambe. Les Mastères spécialisés se font, en général, en poursuite d’études, c’est une sorte de bac + 6. À l’inverse, les MBA sont ouverts à des candidats ayant déjà cinq ou six ans d’expérience. Ces derniers, à la différence des premiers, sont aussi beaucoup plus tournés vers l’international.

L’apport n’est donc pas le même. Et ils ne peuvent être utilisés de la même manière pour booster sa carrière ou atteindre son projet professionnel.

« Les Mastères spécialisés doivent répondre à deux stratégies de carrière : soit se mettre dans un secteur de niche, soit acquérir une double compétence, décrypte Françoise Dissaux-Doutriaux, présidente de la commission formation à Syntec Conseil en recrutement, le syndicat des cabinets de recrutement. Ainsi un diplômé d’école de commerce peut choisir de poursuivre ses études avec un Mastère spécialisé dans le luxe, par exemple, ce qui apporte un plus. Ou un diplômé d’école d’ingénieurs choisit une formation en management, en gestion   ou en finance. À l’inverse, faire un Mastère spécialisé en management et gestion alors qu’on est déjà diplômé d’une grande école de commerce, cela n’a pas beaucoup de sens. Pour un MBA, il faut déjà avoir une certaine expérience qui pourra être valorisée par ce diplôme. Si vous êtes jeune et que vous n’avez pas d’expérience en management, le MBA ne vous ouvrira pas un poste de direction. » En ce qui concerne les MBA de reconversion, utilisés pour changer de carrière, Nicolas Leroy, l’un des directeurs du cabinet de recrutement Michael Page, n’y croit pas beaucoup. « Le MBA doit se faire dans la continuité d’un parcours, pour passer la marche de dessus. Les CV que je reçois avec un MBA suivi pour changer complètement de métier, pour être honnête, je ne sais pas trop quoi en faire », confesse-t-il avant de poursuivre avec un second conseil pour guider l’apprenti dans sa démarche. « Seuls les gros MBA comptent. Je pense aux MBA anglo-saxons, à l’INSEAD le MBA français le plus internationalisé ou encore à ceux de HEC. Au-delà cela ne vaut pas le coup. »

 

Le label de l’école

Ah, le prestige de l’établissement !   Ce facteur rentre considérablement en jeu dans l’aura du diplôme, et donc de ses retombées. Il faut donc absolument en tenir compte. Une affaire de visibilité. Chez Syntec Conseil, pour démêler les bons MBA des mauvais, les classements internationaux, tel celui du Financial Times, et les retours des anciens, sont les outils les plus usités. Stanford, Harvard, l’INSEAD, HEC ou Ponts ParisTech, trustent, année après année les premières places des palmarès. Ils y gagnent une bonne réputation qui rejaillit sur les étudiants. CQFD. Pour les Mastères spécialisés, faute de véritable palmarès, la tâche est plus ardue. « L’ESSEC sort toutefois du lot », juge Françoise Dissaux-Doutriaux. Un axiome dont a été témoin Isabelle Steinbach. « Lors des entretiens d’embauche, j’ai pu constater que les entreprises étaient très intéressées par le label de l’école », se remémore-t-elle.

 

Choisir un réseau

Si l’établissement émoustille les esprits et fait frétiller les recruteurs, c’est aussi pour le réseau qu’il implique, les intervenants qu’il attire, la caste dans laquelle il vous fait entrer. Quand Coraline Bardinat, chargée de la communication externe de l’INSEAD, décrit la vie sur le campus, l’interlocuteur a l’impression de découvrir un vrai paradis pour réseautophile. Lors des travaux collectifs, la mixité est le maître mot. Un ingénieur chinois bûche sur des cas pratiques avec une Italienne issue du marketing et un Sud-Africain œuvrant dans la production. Une bonne manière d’essayer de faire son trou sur la scène internationale. Autre sérieux avantage : les grands du monde des affaires viennent aussi sur le campus, dans le cadre du programme « Entrepreneurs en résidence » pour échanger, conseiller les étudiants.

Et pour les MS, c’est la même chanson : il faut savoir choisir le bon réseau. Magalie Zaziemy a trouvé un poste de responsable web marketing chez Alain Ducasse, avant même la fin de son MBA spécialisé dans le marketing et le commerce sur Internet. Et dans sa recherche, le réseau de l’école l’a beaucoup aidée. Rien que « sur le site de l’école, tous les jours je trouvais des offres d’emplois dans le secteur que je visais. »

 

Gare au piège du « CV dressing »

Attention toutefois à ne pas tomber dans le piège du « CV dressing ». Un CV dans lequel les diplômes et les écoles prestigieuses sont certes mis en avant mais derrière il n’y a pas grand-chose, aucune piste sur la personnalité, les envies du candidat. « Sur un CV, la mention MBA révèle l’ambition, insiste François de Wazières, directeur du recrutement international chez l’Oréal. Nous nous demandons alors comment nous pourrons faire évoluer cette personne, dans les deux-trois années à venir, vers un poste de direction. La formation est perçue comme intéressante. Mais certains stages ou activités extraprofessionnelles, comme directeur d’un journal d’école ou la réalisation d’un projet humanitaire au Guatemala, sont tout autant intéressants. Ils révèlent la personnalité du candidat, ses envies, ses talents et un potentiel. Chaque année, nous recrutons 50 MBA dans le monde, soit dix fois moins que de jeunes diplômés. Et quand vous regardez notre comité de direction, certains ont un MBA, d’autres non. En clair, nous ne sommes pas exclusifs tant dans le recrutement que dans l’évolution de carrière. »

Même son de cloche auprès de Deloitte. Les MBA ou MS ne sont pas les sésames absolus. « Nous recrutons des Mastères spécialisés pour des postes dans le conseil, les systèmes d’information ou pour le management de projet, affirme Jean-Marc Mickeler, associé responsable de la marque employeur chez Deloitte. Pour des diplômés d’une école moins prestigieuse, le Mastère spécialisé passé dans un établissement réputé peut, à la rigueur, aider à passer certains filtres. Mais, il n’est en aucun cas décisif au terme du processus de recrutement. »

Lucile Chevalier




		


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