

Focus Julien Roitman est le président du Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France. Il précise quelle est la meilleure stratégie qu’un ingénieur doit suivre pour progresser dans sa carrière.
« Aujourd’hui, le diplôme d’ingénieur est un bon passeport pour l’emploi. Ceci précisé, les recruteurs valorisent les doubles expériences et les doubles compétences. Disposer de connaissances en électronique et en management/commerce ou en chimie est très valorisé tout comme une expérience à l’international. Pour progresser, un ingénieur devra aussi choisir une filière prometteuse comme celles des énergies traditionnelles (nucléaire ou thermique) ou renouvelables. L’on peut aussi s’orienter vers tout ce qui tourne autour du développement durable et de l’environnement, du transport (train, automobile, gestion des transports), des technologies de l’information et de la télécommunication et des biotechnologies.
Ceci précisé, l’ingénieur va rencontrer deux grands types de carrière : celle du management avec comme aboutissement le poste de PDG et celle l’expertise. Pour l’instant, en France, on favorise la première carrière. Mais j’estime que la carrière d’expert est celle qui va le plus se développer dans les prochaines années. En effet, nous arrivons dans un monde de plus en plus complexe. Pour innover, il faudra donc disposer d’experts ayant, en plus, une vision généraliste globale d’un système donné. Ces spécialistes constitueront des éléments de très haute volée que les entreprises vont s’arracher.
Pour les deux types de carrière, la bonne idée sera de disposer de nombreuses expériences. Il faudra donc changer d’entreprises et de secteurs. Le jeune ingénieur peut donc démarrer par une petite et moyenne entreprise pendant deux à quatre ans. Plus que dans une grande, cela lui permettra d’avoir une vision plus globale de son entreprise. Le futur expert pourra aussi faire de la recherche en décrochant un doctorat/PH D. Il faudra accumuler des expériences avec la possibilité d’échouer. Les recruteurs recherchent des individus ayant accumulé des expériences. Il faudra ensuite accepter de changer, de ne pas s’endormir sur ses lauriers. C’est cela le secret d’une carrière réussie. Il faut passer par toutes les grandes fonctions de l’entreprise. Il est sain de changer d’activité tous les deux à quatre ans ».
Propos recueilli par Gwenole Guiomard
Ces articles devraient également vous intéresser :
Les solutions pour financer sa formation continue à moindre coût, via des subventions mais aussi en choisissant l’Université. Enfin, nous revenons sur la question du retour sur investissement de la formation. Un moyen qui permet de maximaliser ses études.