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Nos conseils pour décrocher un diplôme via la VAE

Dernière modification le 27/02/2013, publié par emploi-pro.fr.

Michel Barabel.
© DR

Focus  Pour un salarié, la VAE (validation des acquis de l’expérience) permet d’élargir et de ratifier de nouvelles compétences. C’est, pour lui, un gain de temps et d’argent. Cela constitue aussi un travail important.

C’est un a priori de DRH méconnaissant l’offre de formation à la française : la validation des acquis de l’expérience permettrait de délivrer des cursus au rabais. « Les responsables des ressources humaines en entreprises ne sont pas toujours favorables au dispositif VAE, confie un universitaire préférant ne pas être cité. Ils font preuve – mais cela s’améliore - d’un obscurantisme basé sur une méconnaissance du dispositif. Car les diplômes délivrés via la VAE ne sont pas « donnés ». Au contraire, le travail demandé est important. Le candidat décrochant son diplôme via la VAE aura le même niveau que le candidat le passant par la voie classique. Le niveau sera même un peu plus élevé. Car il y a une sur exigence demandée dans le parcours VAE ».

 

Un livret de recevabilité

Le parcours de la VAE tient, souvent, du parcours du combattant. Cette validation consiste à monter puis argumenter un dossier prouvant que les compétences du diplôme sont déjà acquises via l’expérience. Ce processus s’adresse alors à tous les actifs (les retraités ne sont pas concernés) pouvant démontrer 3 ans d’expérience professionnelle ou associative dans le champ de compétences du diplôme visé.

Pour avoir des chances de se faire valider un diplôme, « il faut se faire épauler, conseille Sofia Adjas, auteur de « VAE, quand l’expérience vaut le diplôme ». On peut trouver de l’aide auprès des organismes valideurs ou certificateurs que sont les universités, les chambres de commerce, de métiers. Le mieux est alors de se faire accompagner par l’organisme certificateur ». A l’université, il s’agit des bureaux Reva. Dans ces entités universitaires souvent rattachées au service formation continue, le processus démarre par une réunion collective d’information. Un livret de recevabilité y est délivré. Il s’agit d’un dossier à remplir. Suivent, ensuite, des entretiens de positionnement pour évaluer la cohérence de la démarche puis arrive l’étape de l’accompagnement, non obligatoire mais fortement recommandé. In fine, le candidat passe devant un jury qui compare, dossier à l’appui, le référentiel du candidat (ce qu’il a acquis via l’expérience) avec celui du diplôme. A l’issue de ce « grand oral », le jury valide le diplôme, demande des compléments de formation (validation partielle) ou refuse toute validation.

 

De larges réductions

La démarche est donc compliquée, demande beaucoup de travail et exige de coucher sur le papier toutes ses expériences. « Trois écueils menacent le candidat à la VAE, précise Michel Barabel, enseignant à l’université Paris-Est, responsable du Master gestion des ressources humaines dans les multinationales, membre des jurys VAE et auteur de « Réussir sa démarche de VAE : bâtir le dossier de validation des acquis, réussir l'entretien, préparer l'après-jury ». Il faut, tout d’abord, identifier le diplôme visé. C’est une phase essentielle à faire sérieusement. Sinon, on perdra beaucoup de temps plus tard. Il faut savoir pourquoi on vise ce diplôme, analyser sa maquette, son contenu et vérifier quel est le meilleur cursus pour une adéquation entre ses expériences et le référentiel du diplôme. Ensuite, il faudra rédiger son mémoire de VAE en mettant en avant les problèmes rencontrés et leurs résolutions. Enfin, il est important de bien préparer l’oral de VAE en explicitant son parcours dans un temps   limité ».

Dernier point important : le coût de la VAE. Il est de l’ordre de 1 500 euros pour un accompagnement et jusqu’à 2 000 euros pour des frais d’inscription. C’est beaucoup moins cher via l’université. Lorsque le candidat paye avec ses propres deniers, il est possible d’avoir de larges réductions. Tout cela est également finançable via le DIF, le congé VAE, le fongecif, le plan de formation de l’entreprise ou la région.

« La VAE permet de gérer sa carrière »

Nathalie Sarradin est responsable du bureau Reva (reprise d’études/validation des acquis) de l’Université de Bretagne occidentale.Cet établissement a diplômé 145 personnes via la VAE en 2011.

« A l’origine, la VAE (Validation des acquis de l’expérience)s’adressait à des publics souhaitant décrocher un niveau d’étude supérieur. Celaremonte aux années 2002. Notre université permettait alors à des Bac +2/3d’obtenir un Bac +5 via la validation des acquis. L’idée était de décrocher un niveau supérieur. Ce n’est plus exactement la même chose dix ans plus tard. Aujourd’hui, je constate l’émergence d’un nouveau public : celui de diplômés, souvent d’un niveau Bac +5, préoccupés par la gestion de leur carrière. Nos interlocuteurs viennent valider une expérienceprofessionnelle dans un autre champ de la connaissance, pas nécessairement acquérir unniveau universitaire en plus. La VAE permet, alors, de gérer sa carrière. Ilpeut s’agir d’ingénieurs venant valider une expérience en gestion, de Bac +5 intéressés par l’acquisition d’un autre Bac+5. Ils ne sont donc pas en recherche d’une validation immédiate d’une expérience. Ils visent une validation partielle d’un diplôme. Ils utilisent la VAE pour réduireleur temps de formation ». G.G.

 

Gwenole Guiomard


		


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