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Nos conseils pour quitter son entreprise

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Jean-Claude Merlane, dirigeant du cabinet Merlane.

Jean-Claude Merlane, dirigeant du cabinet Merlane.

Lorsque sa carrière est bloquée, il faut savoir quitter son entreprise. En profitant de cette dernière pour prendre son envol et en choisissant la rupture conventionnelle pour border juridiquement son départ.

Quitter son entreprise est histoire de divorce. Comme dans un couple, la relation employé-employeur peut se conclure par un désamour. Et comme toute séparation réussie, il faut traiter cela sans affect. Pour Guillaume Bèque, DRH Europe de HR Access, un fabricant de logiciels de paye et des solutions services pour DRH, le départ s’organise. Il fait généralement suite à un blocage dans son entreprise. Les promotions ne viennent pas. « Il faut alors essayer de comprendre pourquoi et en parler avec des collègues de confiance. Ils vous expliqueront les raisons de l’incompréhension. Le candidat au départ devra ensuite s’améliorer avant de partir ».

Lorsque la décision de quitter son employeur est prise, les projets pour se faire promouvoir doivent être réutilisés pour tester son employabilité ailleurs. Ce peut être auprès d’un consultant en recrutement ou lors d’un bilan de compétences. De plus, il faut rechercher un autre employeur avec régularité : au moins une heure par jour et pas plus de deux entretiens quotidiens. Il est aussi fort utile de dresser une liste de personnes de confiance à qui vous allez demander des conseils, faire valider votre projet. L’objectif de chaque entretien est de recueillir trois noms qui peuvent, à leur tour, vous aider dans votre projet.

 

Un processus de « déscotchage »

Parallèlement, vous vous renforcerez sur des compétences qui vous manquent. Ce sont, en général, celles qui ont fait que vous n’avez pas été promu en interne. Vous pourrez utiliser vos droits à la formation (DIF, plan de formation, Cif). C’est aussi l’occasion de réorganiser son travail pour s’ouvrir à l’extérieur, faire parti d’une association et écrire des articles. C’est un processus de « déscotchage » qui doit être mis en place. Il faut changer sa vision, agir et réagir en fonction de ce que vous souhaitez réaliser dans votre prochain poste. Cela signifie se voir et se raconter autrement. On endosse un nouveau costume, celui de demain en tendant des perches qui devraient intéresser vos futurs recruteurs.

 

Un scénario de départ

Reste enfin à laisser un bon souvenir. Car il est possible d’avoir bien travaillé pendant dix ans alors que tout le monde se souviendra de votre dernier mois. Cela signifie laisser à son successeur des dossiers bien ficelés. Tout doit être transparent. Il faut rassurer tout le monde, demander qui prend en charge ses fonctions et proposer un scénario de départ en expliquant pourquoi l’on part en s’inscrivant dans une continuité. Il faudra préciser, au passage, ce que l’on a apporté à son entreprise et ce que l’on va apporter à son futur employeur. « Il faut partir proprement en expliquant que son projet professionnel passe par un autre employeur, conclut Jean-Claude Merlane, fondateur-président du groupe Merlane spécialisé en management et gestion des ressources humaines. Car c ’est essentiel de partir en bon terme avec les personnes-clés de son ancien employeur en les inscrivant dans son réseau ou en demandant des recommandations.

 

 

La rupture conventionnelle

Pour quitter son entreprise, il existe quatre solutions juridiques. « Soit la démission, soit la rupture conventionnelle, soit le licenciement, soit la prise d’acte de rupture, expose Sabine Rouxel-Jacob, manager et consultante en externalisation de la paye pour le cabinet de conseil en ressources humaines RSM France. Si le départ est du fait du salarié, je lui conseille d’opter pour la rupture conventionnelle. Cela lui permet de percevoir les indemnités de chômage via Pôle emploi, d’une indemnité de licenciement calculée de la même façon que si l’employeur le licenciait et la possibilité de négocier d’autres avantages : une indemnité plus importante, une formation, un outplacement, le portage de la mutuelle… »

« C’est effectivement la meilleure solution pour l’employé, poursuit Michel Miné, professeur de droit du travail au CNAM et coauteur avec Daniel Marchand du Droit du travail en pratique, dont la 24 e édition sort en février 2012. Cela lui rapporte de l’argent et la paix sociale à l’employeur. Enfin, si le salarié n’a pas librement signé sa rupture conventionnelle, il pourra saisir les juridictions pour dire qu’il n’est pas parti librement mais sous pression en demandant la requalification de cette rupture en licenciement abusif. »

GG

 

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