

Focus Selon une étude du Gifas, les entreprises de l’aéronautique et du spatial peine, faute de candidats, à recruter des ingénieurs, techniciens… La situation devrait perdurer.
Doit-on s’en plaindre ? Selon le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), les entreprises du secteur rencontrent des difficultés pour recruter des cadres et techniciens. Faute de candidats, les recruteurs éprouvent des difficultés à embaucher des ingénieurs, des techniciens, des agents de méthode et des opérateurs de machines à commandes numériques…
Pour Jean-Paul Herteman, président du Gifas qui présentait les résultats 2010 de l’industrie aéronautique, spatiale, d’électronique de défense et de sécurité française, le secteur a repris du poil de la bête. Avec 157 000 salariés en 2010, « nous sommes le premier secteur exportateur français et le premier aussi en terme d’excédent commercial, avec près de 18 milliards d’euros apportés à la balance commerciale française, explique-t-il. En terme d’emploi, malgré la crise, nous recrutons : 8 000 embauches en 2010, 27 000 depuis 2008 ».
Même le mastodonte du secteur, Airbus
En phase de reprise, le secteur devrait encore embaucher 8 000 personnes en 2011 dont 52 % d’ingénieurs et cadres hautement qualifiés. « Les commandes enregistrées en 2010 sont en forte progression (+ 27 %) à 42,9 milliards d’euros grâce à la dynamique du transport aérien, précise le Gifas. Pour la 17e année consécutive, le montant des commandes est supérieur au chiffre d’affaires et le carnet de commandes global est équivalent à quatre années de production ».
Bref, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes aéronautiques si les sociétés n’éprouvaient pas des difficultés à recruter. Les petites et moyennes entreprises concentrent les difficultés mais même le mastodonte du secteur, Airbus, avec 3 000 embauches prévus dans le monde en 2011, connaît aussi des problèmes à attirer les talents.
Des besoins en personnels qualifiés
Cela ne devrait pas s’améliorer dans les années à venir. Selon le Gifas, le secteur devra faire face, dans les 10 ans, à des « besoins en personnels qualifiés de haut niveau, de nouvelles compétences, des bureaux d’étude à développer et par voie de conséquence, des débouchés attractifs pour les jeunes ingénieurs et techniciens ». La profession devra, devant cet enjeu, se mobiliser pour « créer de nouvelles filières de formation qui répondent notamment aux besoins de la Supply chain ». Autant de problèmes pour les employeurs et autant d’opportunités pour les salariés assurés de bon développement de carrière et de salaires confortables.
Gwenole Guiomard
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