Noires prévisions. L'Unedic, qui gère l'assurance-chômage, a
révisé à la hausse ses chiffres en fonction des nouvelles estimations de croissance du gouvernement. Ainsi, dans l'hypothèse d'un recul de 3% du produit intérieur brut en 2009, la France perdrait 591 000 postes après 67 000 en 2008. Cette dégradation de l'emploi salarié devrait entraîner mécaniquement une aggravation du chômage. Le nombre de demandeurs d'emplois en catégorie A devrait augmenter de 595 000 pour atteindre 2,8 millions à la fin 2009. Toutes catégories confondues, incluant les demandeurs ayant une activité réduite et les seniors dispensés de recherche d'emploi, le nombre de chômeurs augmenterait de 693 000 pour un total de 4,2 millions.
Et il n'y aura guère d'amélioration à attendre en 2010. Avec une croissance prévue de 0,5%, l'économie devrait encore détruire près 133 000 postes et faire 137 000 chômeurs supplémentaires (A, B, C). Au total, entre 2008 et 2010, l'Unedic table sur 921 000 demandeurs d'emploi de plus (cat A).
Pour autant ces prévisions, déjà bien sombres, pourraient s'avérer en-deçà de la réalité. L'ex-directeur de l'Unedic, Jean-Pierre Revoil a annoncé récemment que le recul de l'activité devrait engendrer 900 000 chômeurs supplémentaires pour la seule année 2009 !
2 377 suppressions de postes en un jour
Ces chiffres désastreux ont été publiés hier soir, en point d'orgue d'une journée marquée par une cascade de plans sociaux. Le fabricant américain de pneus
Goodyear-Dunlop a annoncé la suppression de 820 postes sur le site d'Amiens (Somme) en Picardie, région déjà frappée la fermeture programmée de l'usine Continental à Clairoix (Oise).
Mardi encore, la direction du site de composants électroniques
Altis Semi-Conductor à Corbeil-Essonnes a annoncé de son côté la suppression de 400 emplois sur 1 500. Le même jour encore, le tribunal de
commerce de Paris prononce
la liquidation judiciaire du grossiste alimentaire EDA : 617 suppressions de postes sont validées sur le territoire national, 97 emplois sont sauvés grâce à l'offre de reprise d'un concurrent. Enfin, le groupe d'ingéniérie helvético-suédois ABB pourrait réduire ses effectifs de 20% en France soit 540 postes sur un total de 2 500, selon des sources syndicales.