

Focus L’Ined, dans une étude parue aujourd’hui, établit un lien entre fécondité et taux d’emplois des femmes.
Plus les femmes travaillent, plus elles ont d’enfants. Telle est la tendance observée par deux chercheurs, Angela Luci et Olivier Thévenon, qu’ils décryptent dans une étude de l’Ined, publiée aujourd’hui.
Les deux chercheurs ont pris pour point de départ cette question : pourquoi, jusqu’au milieu des années 1990, la croissance économique des pays développés était associée à une baisse de la fécondité et que depuis la fécondité remonte, sans que le progrès économique cesse ?
PIB et fécondité
Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, en effet, la fécondité est passée de 1,69 enfant par femme en moyenne à 1,71 en 2008. Le rebond a été particulièrement vif en Espagne, France, Belgique, Royaume-Uni et Irlande. Pour comprendre cette courbe en J, les chercheurs ont d’abord avancé l’hypothèse du PIB. A partir d’un certain niveau de richesse, 30 000 dollars de PIB par tête, le progrès économique boosterait les naissances. Ainsi il y aurait trois groupes : les pays à faible PIB qui ont une fécondité élevée, ceux à un PIB intermédiaire dont la fécondité est basse, et ceux dont le PIB est élevé qui aurait une fécondité plus élevée que le groupe précédent. Mais cette explication ne marche pas à tous les coups. Il suffit de comparer la France et l’Allemagne. « Le progrès économique de ces dernières années semble avoir été accompagné d’une remontée plus marquée de la fécondité en France qu’en Allemagne », notent les auteurs.
Emploi et fécondité
Le PIB n’explique donc pas seul cette inversement de tendance. Le taux d’activité des femmes joue aussi. « Dans la plupart des pays les plus riches, la remontée de la fécondité est associée à un taux d’emploi élevé chez les femmes. Le lien entre emploi féminin et fécondité a changé », constatent les chercheurs. Dans les années 1980, plus les femmes travaillaient, moins elles avaient d’enfants. Aujourd’hui, plus elles travaillent, plus elles enfantent. Il n’y a qu’à regarder ce qui se passe dans les pays scandinaves. Le taux d’emploi féminin dépasse les 80 % et la fécondité y est élevée. Dans les pays du Sud et de l’Est de l’Europe, c’est l’inverse : un faible taux d’emploi des femmes et une baisse de la fécondité. Pourquoi ? Une des raisons avancée est celle du revenu. « La hausse du revenu que les femmes peuvent espérer en travaillant accroît les ‘coûts d’opportunités’ liés au fait d’avoir des enfants », conclut l’étude.
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