

Focus Selon une étude du Cereq, plus un jeune étudie, meilleure sera la qualité de son emploi. Le Bac +5 est donc l’objectif à atteindre pour décrocher un bon job. Si possible avec une professionnalisation en fin de cycle.
C’est une étude passionnante qui vient de mener le Cereq par l’intermédiaire de Nathalie Moncel, économiste du travail et chargée d’étude au sein du centre d’études et de recherches sur les qualifications. Ce travail intitulé « Quels emplois pour les débutants diplômés du supérieur ? » est à mettre entre toutes les mains et particulièrement celles des parents et de leurs enfants lycéens.
L’étude est des plus complètes. Elle se fonde sur l’analyse de 59 000 parcours professionnels de Bac + 2 à Bac +8 diplômés en 2004 et auscultés trois ans plus tard. 59 000 interviews sur les 380 000 personnes diplômés cette année là. L’économiste a aussi choisi de ne s’intéresser qu’aux diplômés et n’a pas retenu les parcours des 20 % de jeunes sortant, chaque année, du système de l’enseignement supérieur sans diplôme.
Les conclusions de l’enquête sont édifiantes. « La principale, précise Nathalie Moncel, est que le niveau de diplôme, le nombre d’année de formation après le Bac, est l’élément le plus déterminant dans la qualité du travail obtenu trois ans après le diplôme. C’est quasi mécanique. Ainsi, le taux de chômage des titulaire d’un CAP est de 17 %. Celui d’un bachelier de 13 %, celui d’un Bac +2 de 7 %, celui d’un Master professionnel de 7 %, d’une école de commerce de 6 % et d’une école d’ingénieurs de 4 %. Et celui d’un non-diplômé de 32 % ».
Voilà de quoi faire taire les tenants d’une école de pensée estimant que les diplômes ne payent pas. Pour sa démonstration, l’économiste a classé les emplois en trois groupes selon leur qualité. Celui des emplois de qualité supérieure, de qualité moyenne et de qualité médiocre. L’emploi de qualité supérieure se définit par un salaire plus élevé que la médiane, un taux de CDI plus important, plus de travail à temps plein, un meilleur accès à la formation…
L’emploi de qualité supérieure
L’étude de Nathalie Moncel démontre alors que les diplômés de niveau Bac +5 sont surreprésentés dans les emplois de qualité supérieure. Non seulement leur salaire est plus élevé mais le taux d’emploi à durée indéterminée (EDI) atteint les 68 % ; leur taux de temps partiel 6 %. On y retrouve là 47 % des Bac +5 alors qu’il n’y a que 20 % de Bac +5 dans le groupe étudié. Ce sont des jeunes gens qui ont décrochés des cursus professionnalisés et sélectifs comme ceux des grandes écoles et des Masters professionnalisés. Ils travaillent dans le secteur de la recherche et développement, l’informatique-télécom, la finance… Les Bac +2 se trouvant dans ce groupe des emplois de qualité supérieure sont des BTS-DUT-licence professionnelle des secteurs de la santé ou de l’industrie. 25 % des emplois sont dits de qualité supérieure.
Viennent ensuite les emplois de qualité moyenne. Ils représentent 45 % du total des emplois. Ces emplois sont de moins bonne qualité avec un taux d’EDI de 50 %, plus de CDD, plus d’intérim et moins de formation professionnelle. On y trouve à 43 % des Bac +2. Enfin, le dernier groupe est celui des emplois de qualité médiocre avec 28 % d’EDI, des salaires inférieure à 20 % par rapport au salaire médian du groupe étudié. On trouve ici 64 % de Bac +2 mais 8 % de Bac +5. Ils travaillent dans les services à la personne, aux entreprises. Ce sont aussi les employés ou les ouvriers de l’industrie.
Pour lire l’étude complète, cliquez ici.
Gwenole Guiomard
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