

Les « grandes écoles de commerce et de management » permettent une insertion professionnelle exceptionnelle en France. Mais elles sont peu nombreuses. Plongée dans un monde qui permet de trouver du travail vite et bien rémunéré.
Même si certains le déplorent, le constat est sans appel. L’intégration en école de commerce de qualité offre des débouchés quasi assurés en France. C’est bien sûr le discours des écoles de… commerce. Mais c’est aussi la conclusion des études de l’Apec en général et de celle de 2008 sur les diplômés 2007 en particulier. Quel que soit le mode de calcul, les diplômés des bonnes écoles de commerce sont mieux payés que les autres (30 300 € brut de salaire médian contre 24 000 € pour les universitaires). Ils sont relativement plus nombreux à trouver un CDI (76 % contre 48 % pour les universitaires). Ils obtiennent un statut cadre à 70 % contre 53 % pour les universitaires.
En France, la propension à considérer les diplômés des écoles de commerce comme les futurs cadres du pays est donc très forte. Cela permet aux titulaires de diplômes de ces écoles d’intégrer n’importe quelle fonction et quasiment tous les secteurs. Prenons les branches professionnelles qui recruteront le plus en 2009. La banque recherche activement des diplômés des écoles de commerce pour peupler ses agences. Même constat dans les métiers de l’audit, de l’assurance, de la grande distribution. Même le BTP les plébiscite. Le choix d’une école de commerce est donc, à coup sûr, un bon choix. Les bacheliers et préparationnaires ne s’y trompent pas. Ils affluent en masse dans ces écoles. Ainsi, les 36 meilleures écoles de management françaises ont enregistré, en 2007, une progression moyenne de leur effectif de 7 %.
Un réseau d’anciens
Mais attention, il y a école de commerce et école de commerce. Sur la centaine qui se prévaut de cette dénomination en France, une quarantaine émerge du lot. Elles ont des caractéristiques à connaître pour intégrer le gotha. Elles sont de niveau Bac +5. Elles délivrent un grade de Master délivré par la commission Helfer. Mais elles peuvent vous intégrer au niveau Bac ou après une prépa. Les points forts des écoles de commerce de niveau Bac +5 sont nombreux. Elles dispensent toutes une formation concrète, proche des besoins du marché, animée en partie par des intervenants issus du monde professionnel et appuyée par une pédagogie axée sur la pratique. Cela inclut de nombreux stages, voire des périodes d’apprentissage en entreprise. Par ailleurs, toutes les écoles ont aujourd’hui tissé des partenariats internationaux permettant aux étudiants de suivre une partie de leur scolarité à l’étranger, et même d’acquérir un double diplôme. Elles disposent toutes d’un réseau d’anciens souvent efficace, qui permet aux diplômés d’aider les étudiants dans l’élaboration de leur plan de carrière, dans leur recherche de stage et, plus tard, d’un premier emploi. Autant d’atouts qui font que les écoles de commerce restent aujourd’hui, malgré les aléas de la conjoncture, des formations très prisées sur le marché du travail.
Les « très grandes écoles » et les autres
Qu’est-ce qui caractérise une très grande école de commerce ? En premier lieu la réputation. Tout le monde a entendu parler de l’Essec ou d’HEC. Dans l’absolu, seule une poignée d’écoles de commerce et de management peuvent prétendre entrer dans la catégorie « très grandes écoles ».
On les trouve parmi une trentaine d’écoles qui dispose du label « Conférence des grandes écoles ». Parmi elles, une dizaine d’établissements tiennent le haut du pavé. Ce sont les trois Parisiennes (HEC, Essec, ESCP-EAP), EM Lyon, Audencia Nantes, l’Edhec de Lille, les Écoles de management de Reims, Grenoble et Bordeaux ainsi que les ESC Toulouse et Rouen. Deuxième caractéristique de la grande école : le mode de recrutement, qui fait la part belle aux préparationnaires. Car, même si ces écoles tendent aujourd’hui à diversifier leur recrutement en ouvrant la porte à des étudiants issus d’autres filières (via les admissions parallèles), le nombre de places réservées aux élèves de prépas reste largement supérieur. Ainsi, on ne compte qu’une petite cinquantaine d’admis chaque année via les admissions parallèles à HEC et à l’ESCP-EAP. Les grandes écoles sont, de plus, situées dans les grandes agglomérations, non loin des lycées abritant les meilleures classes préparatoires… La boucle est bouclée ! Les classes préparatoires et les grandes écoles restent donc deux univers indissociables, le premier alimentant le second.
Que penser des écoles postbac ?
Les écoles dites « postbac » accueillent des bacheliers directement après le Bac. Elles proposent des formations en trois, quatre ou cinq ans. Le diplôme qu’elles délivrent est donc un diplôme à Bac +3, Bac +4 ou Bac +5. Le mode de recrutement de ces écoles est en général plus souple, puisqu’il s’effectue sur des concours communs dont le niveau de difficulté est, la plupart du temps, plus faible que ceux des écoles postprépa. Certains établissements recrutent de manière individuelle, sur dossier et entretien. Mais ce ne sont pas forcément les plus réputées. Les écoles les plus cotées sont aussi les plus sélectives. Parmi les spécificités de ces écoles figure le coût total de la formation : rejoindre une école de commerce directement après le Bac plutôt qu’à l’issue d’une prépa revient à payer deux années d’études supplémentaires. Même si les étudiants des écoles reconnues ont accès aux bourses d’État…
Autre point à prendre en considération : le fait que ces écoles obligent à choisir relativement tôt une orientation professionnelle. Certaines sont généralistes, d’autres plus orientées vers la vente et les métiers commerciaux de terrain. Difficile ensuite de postuler à un emploi de responsable marketing ou de chargé de ressources humaines… Enfin, le choix d’une école doit se faire avec minutie : dans ce milieu des écoles postbac, le meilleur côtoie le pire. Parmi les points à vérifier figure la qualité du corps professoral. Une école de qualité accueille un nombre important de professeurs permanents et de docteurs : l’Essca d’Angers et l’Ieseg de Lille, deux écoles qui tiennent le haut des classements depuis plusieurs années, affichent un taux d’enseignants-chercheurs supérieur à 70 %. Autre élément à prendre en considération : le réseau ou le groupe auxquels appartient l’école. Ainsi, l’Epsci fait partie du groupe Essec, le Cesem de celui de Reims Management School. Mais il ne faut pas négliger l’ouverture internationale de l’établissement (au Bachelor international de La Rochelle par exemple, la moitié de la durée des études, soit environ 18 mois, se déroule à l'étranger) ni, bien sûr, la perception du diplôme par le monde professionnel.
Ces articles devraient également vous intéresser :