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Pourquoi le chômage recule en Allemagne (et pas en France)

Dernière modification le 10/06/2010, publié par Emploi-Pro.

© Will Palmer

Focus  Avec 7, 6 % de chômage en avril 2010 (chiffre en recul sur un an), l’Allemagne fait figure de modèle en matière de lutte contre le chômage. Quelles sont les recettes germaniques ? C’est à cette question qu’a souhaité répondre COE-Rexecode, un institut de conjoncture.

 

C’est une passionnante étude menée par l’économiste Gilles Koléda, directeur des études pour le cabinet COE-Rexecode. Intitulée « Le taux d’emploi a fortement augmenté en Allemagne, pas en France », cette réflexion pointe les mesures réalisées en Allemagne qui ont permis à ce pays de conjurer une hausse du chômage qui a gagné la France. Ainsi, selon Eurostat, l’Allemagne est le seul pays de l’Union à 27 à avoir vu son chômage baissé de 7, 6 % en avril 2009 à 7, 1 % en avril 2010. Dans le même temps, le taux français est passé de 9, 3 à 10, 1 %.

« Il existe deux raisons à cela, commente Gilles Koléda. Un aspect conjoncturel et des causes structurelles ».

Pour le conjoncturel, l’étude de COE-Rexecode pointe un recours massif du chômage partiel en Allemagne. Un million de personnes a été concernée par ces mesures outre-Rhin. Alors que la France n’a pas eu ce recours massif même si l’utilisation d’emplois aidés a permis d’atténuer la violence de la crise.

Pour le structurel, l’institut de conjoncture explique le décalage français par les réformes dites Hartz du nom du DRH de Volkswagen. « En 2000, le taux de chômage allemand était plus élevé que le pourcentage français, explique Gilles Koléda. Le basculement s‘est fait suite aux mesures prises en Allemagne à partir de 2003. L’idée prônée par Berlin a été de rendre le retour à l’activité plus contraignant et le chômage moins agréable ». Avec, par exemple, l’obligation pour un chômeur d’accepter un emploi même s’il est situé loin de chez lui et moins de générosité dans les indemnisations de chômage. Cela a eu pour incidence de baisser le taux de chômage et d’augmenter le taux d’emploi en général et le taux d’emploi des séniors en particulier. Le taux d’emploi se caractérise par la proportion des effectifs employés dans la population en âge de travailler (population de 15 à 64 ans). Ainsi, de 2003 à 2008, le taux d’emploi allemand a augmenté de 1 % par an pour passer de 65, 1 % à 70, 7 %. Dans le même temps, le taux français a peu augmenté, allant de 64 % à 64, 9 %.

De plus, l’Allemagne a fait le choix collectif de créer des emplois dits atypiques. Des minijobs et des mid-jobs payés moins de 800 euros par mois. Ce sont des emplois peu qualifiés que l’on peut retrouver dans la grande distribution pour mettre les emplettes dans des sacs en sortie de caisse ou de l’entretien d’espaces verts. « Fin 2008, le nombre de « mini-jobs » exclusifs atteignait 4,9 millions de postes (en Allemagne). Il reste que cette politique a permis de faire revenir vers l’emploi des personnes qui en étaient exclues auparavant et d’abaisser sensiblement le taux de chômage. Entre 2005 et 2009, le taux de chômage allemand a reculé de 3 points », concluent les économistes.

COE-Rexecode est un cabinet de conjoncture qui se qualifie d’indépendant et que le quotidien Les Echos considèrent comme proche du patronat.

 

 

Gwenole Guiomard


		


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