

Focus Alexandre Rigal est directeur de cabinet du président de la conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs. Pour lui, en 2020, le bon ingénieur saura expliquer sa démarche scientifique à la population. Il sera aussi multiculturel et se formera tout au long de sa vie.
« En2025, l’ingénieur devra disposer de plusieurs qualités. En tout premier lieu,je pense qu’il se devra d’être « international ». Cela signifie bien évidemment être capable de parler, outre le français, l’anglais maisaussi une troisième langue voire une quatrième comme le chinois. Cela veut aussidire être capable de comprendre etde vivre avec des gens dont la culture n’est pas la sienne. Il sera doncprimordial d’avoir passé du temps à l’étranger. Dans un environnement mouvant, lesimple diplôme d’ingénieur ne pourra plus constituer un viatique pour le restede sa vie. Il faudra donc réactualiser ses connaissances en permanence pouracquérir de nouvelles compétences. Cela passera par des cours d’une vingtained’heures sur un domaine précis ou un cursus diplômant de type MBA. Il faudra, detoute façon, effectuer de nombreux allers-retours entre l’entreprise et lesbancs de l’école. La 3 e grande compétence que les années 2020-2030rendront indispensables est celle de l’ingénieur-chercheur. Concurrencés par les économies émergentes, poussés par la réindustrialisation de la France,les ingénieurs constitueront un maillon essentiel de ces politiques. Celapassera par leurs capacités à innover. Nous préconisons, donc, au sein de laconférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs, de seformer via le doctorat. Nous souhaitons développer la double compétence ingénierie et doctorat. Enfin, l’ingénieur du futurdevra pouvoir vulgariser leurs connaissances. Aujourd’hui, il existe unecertaine incompréhension entre la population et de nombreuses avancéestechnologiques comme le nucléaire ou les nanotechnologies. Les discussions virentrapidement aux blocages passionnels. Les ingénieurs auront de plus en plus vocationà être les passeurs de connaissances, ceux qui vulgarisent auprès du grandpublic. D’où l’importance, pour eux, de suivre des cours en sciences humaines, sociales, en éthique, en philosophie. Ils devront expliquer nos choix de société ».
Propos recueillis par GwenoleGuiomard
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