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Quels profils pour travailler dans le secteur de l’énergie ?

Dernière modification le 07/04/2009, publié par emploi-pro.fr.

Cas pratique  Ce secteur énergétique recherche avant tout des profils techniques. Mais les profils de commerciaux ne sont plus dédaignés. Explications.

Les profils techniques sont les plus représentés dans le secteur. Selon la dernière enquête du CNSIF (Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France, enquête de mars 2008), l’énergie est le 3e débouché pour les ingénieurs (le secteur emploie 7 % des ingénieurs), derrière l’informatique et le BTP. Ainsi, chez Total, sur les 600 cadres embauchés en 2008 en France, 70 % sont des ingénieurs. Le reste se partage pour moitié entre les métiers commerciaux et les métiers supports.

IFP, Supélec et compagnie
Les DRH du secteur affichent toutes peu ou prou leur volonté de diversification des profils, avec un savant mélange entre des universitaires élitistes et des écoles bien placées dans leur domaine. Mais dans la pratique, les écoles d’ingénieurs tiennent le haut du pavé. « Si on se contente des écoles d’ingénieurs de niveau 1, nous ne diversifierons pas assez nos profils, assure Jérôme Eymery, responsable du département recrutement chez Areva. 10 à 15 % de nos recrutements sont des Bac +5 universitaires. Il faut qu’ils aient un parcours professionnel construit, avec des stages significatifs. » François Viaud, le DRH de Total, renchérit : « Nous avons beaucoup élargi nos cibles de recrutement avec une cinquantaine d’écoles cibles. L’école de l’IFP, où nous envoyons nos ingénieurs se former, est notre principal vivier. Mais 20 % de nos cadres sont issus des très grandes écoles, 50 % des écoles intermédiaires. Les 30 % restants sont les autres écoles et les universités. »
Les candidats formés à l’Institut français du pétrole (IFP) ou à Supelec ont le vent en poupe, mais pour le terrain et les chantiers, des ingénieurs issus de l’Ecole supérieure des travaux publics sont aussi les bienvenus. L’école privilégiée d’Areva est l’Insa Lyon. L’entreprise recrute également à Polytechnique, Chimie Paris, Centrale Paris ou encore à l’Ensta. Hors des écoles, « le parcours idéal d’un universitaire est d’avoir un Bac +2, puis un IUP puis un Master 2, annonce Jérôme Eymery. Nos universitaires sont souvent passés par un DUT, ont un Master en mécanique, ou viennent de la physique de l’université d’Orsay que nous considérons comme une très bonne université. »

Spécialité technique appréciée
La double compétence, dans une spécialité technique ou en commerce, est très appréciée. « Nous recherchons de jeunes talents et des profils confirmés, issus d'écoles d'ingénieurs généralistes avec si possible une spécialisation énergétique et/ou thermique ou d'écoles de commerce, qui après une expérience réussie en France pourront prétendre à une carrière internationale », annonce-t-on chez Dalkia, la filiale de Véolia Environnement et d’EDF. Les opportunités sont également importantes pour ceux qui ont su développer des compétences applicables dans les énergies fossiles aussi bien que renouvelables.
Même si, pour travailler dans les énergies renouvelables, les profils recherchés restent classiques. « La filière a avant tout besoin de techniciens et d’ingénieurs généralistes, spécialisés dans les domaines du génie climatique ou du génie électrique, souligne Damien Mathon, du syndicat des énergies renouvelables. Les connaissances de base doivent être les mêmes. Leur spécialisation permet d’acquérir une expertise plus fine. Le fait d’avoir abordé les énergies renouvelables dans leur diplôme est clairement une plus value. »

Mobilité requise, anglais vital
L’essentiel de l’activité du secteur ne se situe pas dans l’enceinte des sièges sociaux, dans les tours des grands groupes à La Défense, mais sur les sites de production, en France comme à l’étranger et les sites d’exploitation (raffineries, etc.). Pour les effectifs cadres, l’Apec (Association pour l’emploi des cadres) indique une forte concentration en Ile-de-France (38 % des offres), suivie de Rhône-Alpes (8 %), Paca (7 %) et l’étranger (3 %).
Si on conjugue les difficultés de recrutement dans certaines niches avec certaines zones géographiques, on comprend toute l’ampleur de la tâche impartie aux RH de l’énergie. Il est parfois difficile pour les entreprises du secteur de faire venir des candidats, et plus encore s’ils sont Bac +2, en certains lieux. Pour pallier cette tendance au sédentarisme, les entreprises multiplient des visites écoles sur leurs sites de production. « Pour la sûreté, les dossiers sont plus intéressants en régions sur les sites », argumente Jérôme Eymery d’Areva. Il n’empêche. Les candidats sont plus difficiles à recruter pour Cherbourg ou encore Jeumont dans le Nord qu’à La Défense. On les comprend aussi, étant donné les avantages annexes en région parisienne, comme la salle de sport ou la crèche.
Dans ce secteur multiculturel et internationaliste, la mobilité est nécessaire et l’anglais vital. Il n’y a pas de place pour ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare. C’est d’ailleurs souvent là que le bât blesse pour les profils universitaires. A l’instar de Total, Areva fait systématiquement passer à ses candidats le Bright Evolution Test, le concurrent du Toeic qui note les compétences en anglais de 1 à 5. Il faut a minima 3 pour espérer être embauché, mais certains postes requièrent moins.

Montée des commerciaux
Il y a tout de même des opportunités pour les profils non techniques. « La fonction commerciale monte en puissance, explique Christian Dapilly, directeur adjoint des ressources humaines de Veolia Environnement, en charge de la formation. Nous recherchons des chargés d’affaires en industrie. Leur profil est classiquement un diplôme Bac +3 complété par une spécialisation en chargé d’affaires. Il y a également des opportunités à Bac +5 dans l’encadrement d’unités opérationnelles sur le terrain. 10 000 personnes en France sont ainsi directeurs d’agence, responsables ou directeurs d’exploitation, de sociétés ou de filiales. »
Pascale Kroll
 



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