

Focus Maintien de l’emploi contre coups de canif dans les avancées sociales, la pratique fait des émules depuis la crise. Les salariés de General Motors Strasbourg, qui ont accepté de réduire leurs RTT et de geler leurs salaires pendant 2 ans, ne sont pas les premiers.
Bosch tacle les 35 heures. En 2004, les salariés avaient proposé de revenir sur les 35 heures pour éviter la fermeture de leur usine à Vénissieux. Perte de 6 jours de RTT sans compensation salariale, fin du paiement des jours de l’Ascension et de la Pentecôte, gel des salaires pendant trois ans : l'effort avait permis le déblocage de 25 millions d'euros d'investissement . Mais aujourd’hui le site apparaît plus que jamais sur la sellette. 150 départs volontaires sont déjà programmés cette année. Une première étape, sûrement, car le numéro 1 mondial de la sous-traitance automobile, qui a essuyé en 2009 sa première perte d’exploitation en 60 ans, est en pleine restructuration. Début 2010, il annonçait déjà la fermeture du site de Cardiff, laissant 900 salariés sur le carreau.
Hertz met ses cadres au régime. Le numéro 1 mondial de location de voiture, avait demandé à ses cadres français d’accepter une baisse de leur salaire de 5 % à 7,5 % pendant trois mois, sur la base du volontariat, sans réduire leur temps de travail. Et c’est légal en France, du moment que la proposition soit faite par lettre recommandée et que le salarié donne son accord.
Le travail gratis de Bristish Airways. Il y a plus d’un an, en juin dernier, la compagnie britannique proposa à ses 40 000 salariés de se priver de salaire pendant une semaine à un mois. Pour traverser la crise et remonter la pente, les salariés devaient faire du bénévolat. La compagnie à l’époque avait essuyé une perte nette de 375 millions de livres (425 millions d’euros) et vu le trafic de ses très lucratives classes supérieures s’effondrer de 17,2 % en un an. Le travail gratis ne s’est pas avéré très payant. Quelques mois plus tard, en octobre, le groupe annonçait la suppression de 1 700 postes.
Continental suit les traces de GM. La direction de Continental en France reprend langue cette semaine avec les syndicats au sujet de la remise à plat des accords salariaux à Toulouse, Foix et Boussens. Les pistes envisagées : l’abandon de jours de RTT, réduction de prime d’intéressement, une limitation des augmentations de salaires à 1,2 % en 2011, le non-remplacement des départs, ou encore la baisse des cotisations sociales. L’équipementier automobile souhaite parvenir à un accord à la fin de l’été.
Lucile Chevalier
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