

Focus La faute inexcusable de Renault a été reconnue pour le suicide d’un des ingénieurs qui travaillait dans son Technocentre. C’est ce qu’a décidé le tribunal de sécurité sociale de Nanterre.
Le 20 octobre 2006, Antonio B se jetait du 5 e étage du technocentre de Renault. Pour la famille du mort, pas de doute : le suicide était dû aux conditions de travail et au stress subi depuis quelques mois par le jeune cadre. Elle avait donc porté plainte devant le tribunal de sécurité sociale de Nanterre. L’enjeu de la poursuite : que la faute inexcusable de l’employeur soit reconnue. En effet, la famille estimait que le constructeur automobile n’avait pas respecté les obligations de sécurité qui lui incombait. Elle demandait une majoration de la rente versée à la famille et un euro symbolique d’indemnisation. C’est désormais chose faite. La présidente du tribunal Marie-Hélène Kartti a indiqué que l’augmentation de la rente sera maximale et qu’un euro sera versé à la veuve et au fils de l’ingénieur qui s’est donné la mort.
Ce jugement intervient alors que la question du stress au travail a mobilisé l’attention ces derniers mois, notamment chez Orange cet automne, ou à Pôle emploi depuis quelques semaines. Pour l’instant, on ignore si Renault interjettera ou non l’appel de la décision de justice.
Christophe Bys
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