

Focus En ce jour de manifestation sur les retraites, l’UMP n’a pas de position officielle sur le sujet. Le parti n’a pas non plus de propositions chiffrées. Mais les membres de la majorité présidentielle ont dressé le portrait-robot d’une réforme idéale avec une hausse de l’âge légal de départ et un allongement de la durée de cotisation.
Ce n’est pas encore officiel. Mais cela y ressemble. L’Union pour un mouvement populaire (UMP), dans sa convention sur les retraites, a esquissé les contours d’une bonne façon de faire réforme des retraites en France. En préambule, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire générale adjointe de l'UMP, a ainsi voulu prendre de la hauteur et expliquer que son parti n’avait « qu’un souhait et qu’un objectif : sauver la table commune des retraites par répartition ».
Ceci précisé, il a aussi fallu aussi rentrer dans les détails même si rien n’est chiffré. Pour Xavier Bertrand, son secrétaire général, la convention du parti sur les retraites a été l’occasion de préciser les choses. Ainsi, « le choix est donc fait, a-t-il déclaré. Il faut d’abord et avant tout accepter de travailler plus longtemps si on vit beaucoup plus longtemps de façon à améliorer le rapport entre le nombre d’actifs et le nombre de retraités ».
Pour cela, le Mouvement populaire « se prononce aujourd’hui très clairement pour le report de l’âge légal et pour l’allongement du nombre d’annuités, a-t-il ponctué en ajoutant que « pour l’âge légal, les 60 ans ne sont pas un totem ».
« Si l’on vit plus longtemps, on doit aussi travailler plus longtemps, a rajouté Eric Woerth, ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique et membre de L’UMP. Car l’élément central, c’est l’augmentation de la durée d’activité ».
Une contribution spéciale retraites
Les propositions de l'UMP ont aussi porté sur de nouvelles recettes : contribution supplémentaire pour les bénéficiaires de stock-options et retraites chapeaux, hausse des prélèvements sur les dividendes et plus-values mobilières, taux de cotisation particulier pour les hauts revenus et contribution spéciale sur les revenus financiers des entreprises. Le secrétaire national du parti envisage alors plusieurs pistes : « s’agissant des hauts revenus, précise-t-il, nous devons étudier la possibilité de demander une contribution sociale supplémentaire aux bénéficiaires de stock-options et de retraites-chapeaux et l’instauration d’un taux de cotisation-retraite particulier pour les hauts revenus ». L’UMP propose aussi une augmentation des contributions portant sur les dividendes et les plus-values mobilières.
Ensuite, l’UMP veut asseoir une contribution spéciale retraites sur tout ou partie des « revenus financiers des entreprises » et rendre obligatoire l'ouverture d'un plan d'épargne retraite collectif dans l'ensemble des entreprises. « Pourquoi ne pas placer par défaut l'intéressement et la participation des salariés sur des plans d'épargne retraite collectifs ? », s’est demandé le secrétaire national.
« La réforme sera progressive »
L’UMP propose aussi, comme le parti socialiste, des mesures pour favoriser l'emploi des seniors en exonérant de charges, notamment de cotisations chômage, les embauches des plus de 60 ans. Autres propositions : favoriser le temps partiel à salaire bonifié en fin de carrière et le tutorat. Xavier Bertrand a donc insisté sur le fait que l’UMP souhaite « faciliter et développer encore et encore l’emploi des seniors. Il faut en finir avec cette exception française qui fait de nous quasiment le plus mauvais élève des pays européens en la matière, avec 39 % seulement de seniors en emploi quand la moyenne de l’Union européenne est de 44,7 %. Etudions alors le coût d’exonérations de charges pour l’employeur comme pour le salarié dans le cas, à l’avenir, d’embauches de séniors qui, pouvant faire valoir leurs droits à la retraite, préfèreraient continuer de travailler, s’est-il exclamé. Doivent-ils par exemple continuer à cotiser pour l’assurance-chômage alors qu’en cas de départ de l’entreprise, ils seront directement à la retraite ? ».
Pour Xavier Bertrand, faciliter l'emploi des seniors, c'est aussi tout faire pour que ces derniers se sentent bien dans leur emploi. Il faut alors « que chacun, entreprises, salariés, partenaires sociaux, prenne ses responsabilités pour faire de cet objectif une réalité. Le droit du travail pourrait aussi y contribuer : je l'ai déjà dit, pourquoi ne pas développer le temps partiel en fin de carrière et pourquoi ne pas le bonifier en termes de salaire ? Quant au tutorat, les expériences menées dans de nombreuses entreprises concluent toutes au succès de cette pratique; il faut donc permettre sa généralisation ».
Le parti du président de la République a conclu sa convention sur les retraites par un message rassurant de la part d’Eric Woerth. « La réforme sera progressive, le changement s’étalera sur plusieurs années, les règles changeront au fur et à mesure, a-t-il expliqué. Rien ne sera brutal, rien ne sera soudain. Tous les salariés sauront à l’avance, au moment où nous présenterons notre réforme au mois de juin, les règles qui s’appliqueront à eux ».
Ceci précisé, le projet de réforme devrait être présenté à la mi-juin pour une décision en conseil des Ministres en juillet et la discussion du texte devant le Parlement en septembre.
Pour aller plus loin, voir ici les propositions du Parti socialiste, la feuille de route du gouvernement et la position des cadres.
Gwenole GuiomardCes articles devraient également vous intéresser :