

Cas pratique Selon une étude de l’Apec, 68 % des jeunes diplômés 2008 ont trouvé du travail en 2009 contre 77 % un an plus tôt. C’est moins bien qu’en 2008. Les CDI sont plus rares et les salaires d’embauche baissent. D’une filière à l’autre, les situations sont contrastées. Les ingénieurs s’en sortent plutôt moins bien que les autres.
Tout le monde envisageait le pire. C’est peut être pourquoi les chiffres de l’étude de l’Apec sur les jeunes diplômés - Diplômés en 2008 : quelle situation en 2009 ? Les jeunes diplômés subissent la crise… L’Apec se mobilise ! - semblent moins mauvais qu’attendus. Selon l’association pour l’emploi des cadres, 68 % des 4 000 jeunes Bac +4 et plus interrogés au printemps 2009 par l’Apec déclarent occuper un poste 8 mois après leur sortie du système éducatif. C’est 9 points de moins que ce qui avait été observé pour la promotion 2007, dans l’enquête précédente. Du côté des offres ouvertes aux jeunes diplômés, le marché a enregistré une baisse de 38 % entre janvier et août 2009.
Certes, les chiffres sont médiocres mais ils s’inscrivent dans une histoire avec une année 2008 exceptionnelle. En les comparant sur dix ans, le nombre de recrutements de jeunes diplômés en 2009 reste encore élevé avec 30 243 en 8 mois (janvier-août 2009) contre 17 168 en 2003 ou 23 551 en 2002. Alors, il faut s’en convaincre, l’année 2009 a connu un coup de frein important mais la vitesse de croisière reste bonne.
Chute des taux d’emploi dans l’ingénierie et la finance
Dans toutes les disciplines, le taux d’emploi marque un recul par rapport à la précédente promotion. Trois secteurs tirent cependant leur épingle du jeu en affichant des taux d’emploi supérieurs à 80 %. Il s’agit des enseignants diplômés d’un IUFM, de l’ Informatique, télécommunications, technologies multimédia et du m édical, pharmacie, paramédical, social. Deux autres disciplines présentent des taux d’emploi supérieurs à la moyenne : d’une part, la g estion, comptabilité, administration, RH, et d’autre part, la filière a gronomie, alimentaire, environnement, écologie. Elle aurait bénéficié du renforcement des effectifs dans l’industrie agro-alimentaire, et dans une moindre mesure, des premiers effets des mesures du Grenelle de l’environnement.
En revanche, d’autres secteurs souffrent. Le g énie civil, BTP et autres spécialités industrielles est la filière où le taux d’emploi a le plus régressé avec une chute de 28 points. Ce sont notamment les s pécialités industrielles (textile, bois, papier…) qui sont les plus touchées. En outre, les filières i ngénieur généraliste, métallurgie, mécanique, aéronautique et é lectronique, productique ont subi l’impact de la forte baisse d’activité dans l’Industrie : leur taux d’emploi affiche respectivement une baisse de 18 et 16 points. Enfin, les conséquences de la crise financière internationale se traduisent par une chute du taux d’emploi des jeunes diplômés de la discipline finances, banque, assurance : 64 % occupent un emploi contre 83 % des diplômés de la promotion 2007.
Dégradation de leur conditions d’embauche
La crise a aussi rebattu les cartes des meilleures filières de l’enseignement supérieur. Les ingénieurs, qui caracolaient en tête des filières pour leur insertion, sont en net recul. Aujourd’hui, les diplômes qui procurent le plus rapidement du travail sont ceux des grandes écoles de commerce et de gestion avec un taux d’emploi à 6 mois de 73 % suivi des ingénieurs (72 %) et des universités qui ferment toujours la marche avec un taux de 61 %. Mais la crise a particulièrement frappé les ingénieurs qui connaissent la plus forte baisse du taux d’emploi. Ainsi, la proportion de ceux qui sont en poste moins d’un an après l’obtention de leur diplôme a chuté de 16 points par rapport à l’enquête de 2008, et 21% recherchent toujours leur premier emploi (+ 12 points). Une proportion d’autant plus importante que ces populations n’ont pas l’habitude de connaître le chômage.
Parallèlement, les jeunes diplômés connaissent une dégradation de leur conditions d’embauche. Ils sont moins recrutés en Contrat à durée indéterminée (CDI) que l’année dernière (54 % contre 61 % en 2007) et leur salaires baissent. La rémunération médiane annuelle, pour l’ensemble des jeunes diplômés de 2008, s’élève à 26 400 euros bruts. Autrement dit, la moitié des jeunes touche une rémunération supérieure à 26 400 euros, l’autre moitié une rémunération qui est inférieure à ce montant. Pour la promotion 2007, cette médiane s’élevait à 27 300 euros bruts par an. La rémunération moyenne quant à elle reste quasi-identique : 27 000 euros bruts annuels.
Gwenole Guiomard
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