

Focus 75 % des entreprises envisagent de maintenir dans l’emploi les plus de 55 ans. En revanche, elles ne sont que 19 % à s’être engagés à recruter des collaborateurs de plus de 50 ans, d’après une étude de l’ANDRH et de l’Inergie
Les mentalités évoluent mais lentement. Les séniors se maintiennent à leurs postes, mais ils sont encore peu nombreux dans les entreprises et surtout très peu à être objet de recrutement. Voilà les conclusions d’étude menée par l’Association nationale des Directeurs des Ressources Humaines (ANDRH) et Inergie, une société de conseils en management, auprès de 353 professionnels des ressources humaines entre le 22 avril et le 7 mai. Ainsi, dans 59 % des entreprises, la part des collaborateurs de plus de 50 ans ne dépasse pas 20 %. Le chiffre diminue avec l’âge et n’atteint que 10 % pour les plus de 55 ans.
Et ce chiffre semble plus tenir du maintien des séniors déjà présents dans les entreprises que de nouvelles embauches. En mai 2010, 86 % des entreprises interrogées ont déclarés avoir signé un accord séniors, avoir mis en œuvre un plan d’action ou avoir bénéficié d’un accord de branche. La problématique sénior est donc majoritairement prise en considération. Toutefois, les réponses s’orientent plus vers le maintien de la main-d’œuvre âgée que dans la mise en place d’une stratégie d’embauches. Seulement 19 % des employeurs se sont engagés à recruter des salariés de plus de 50 ans. Et parmi ces derniers, pour 89 % d’entre eux le recrutement des séniors représente moins de 10 % du total des embauches. Un point positif demeure : la crise ne joue aucunement sur le recrutement des plus de 50 ans. Même si les entreprises sont moins nombreuses à avoir recruté en 2009 par rapport à 2008 (86 % contre 95 %), la part des plus de 50 ans dans les embauches reste stable par rapport à 2008.
Peu portées sur l’embauche des séniors, elles sont en revanche 75 % à déclarer avoir un objectif de maintien dans l’emploi des plus de 55 ans. Et c’est dans ce domaine que les progrès sont les plus flagrants. Premier outil : le développement des compétences et des qualifications ainsi que l’accès à la formation, utilisé par 76 % des entreprises interrogés. Sur ces entreprises, elles sont près de la moitié (46 %) à avoir eu recours à la généralisation du bilan de compétences pour les plus de 45 ans en 2009, alors qu’elles n’étaient que 16 % en 2008. Deuxième moyen : anticiper l’évolution des carrières professionnels, action réalisée par 72 % des entreprises. Et là aussi, les mentalités évoluent dans le sens d’une meilleure prise en compte des séniors. Ainsi, elles sont 68 % à avoir généralisé l’entretien de deuxième partie de carrière en 2009, alors qu’elles n’étaient que 19 % à l’avoir mis en place en 2008. Troisième outil : 68 % des entreprises déclarent aussi s’attacher au développement du tutorat dans le cadre de la transmission des savoirs et des compétences. Enfin, 66 % d’entre elles ont adopté des mesures sur l’aménagement des fins de carrière, sur la transition entre activités et retraites. Les entreprises apparaissent de plus en plus consciente de l’expérience et du savoir que les séniors peuvent leur apporter, mais pas suffisamment, semble-t-il, pour franchir le pas du recrutement.
Lucile Chevalier
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