

Portraits Un an d’études pour faire le tour des métiers de la conception et de la production automobile, tel est le pari d’Espera Sbarro. La deuxième promotion fait sa rentrée.
C’est une école pas comme les autres qu’accueille depuis un peu plus d’un an la communauté d’agglomération du pays de Montbéliard. D’abord parce qu’elle a été imaginée par un homme qui a lui-même inventé beaucoup d’automobiles : le designer Franco Sbarro. Souvent sollicité pour transmettre son savoir-faire, ce dernier a eu l’envie de créer un établissement qui lui ressemble, où il pourrait transmettre ce qu’il a appris au cours de sa vie professionnelle. S’il n’est plus impliqué directement dans l’école, il s’y rend souvent pour prodiguer conseils en tous genres.
Créée en Suisse, l’école a franchi la frontière et rejoint le pôle de compétitivité de Pontarlier, tout en gardant « sa méthode, son esprit et sa philosophie », explique Denis Suau, le directeur de Futura, la société d’économie mixte qui gère notamment l’établissement. Une approche qu’il résume d’une formule - « l’immersion dans la matière » - qu’on pourrait croire sortie d’un grimoire d’alchimiste, le genre à transformer une tôle en objet de toutes les convoitises.
Derrière la formule, que trouve-t-on ? Une formation de 1500 heures réparties en dix mois, durant lesquels l’étudiant est initié à tous les métiers de la conception et de la fabrication d’une automobile. Au cours de leur scolarité, ils réalisent ainsi un prototype.
Une année de plaisir
Pour Oscar Llinares qui faisait partie de la première promotion, « ce fut une année de plaisir. On y enseigne directement et concrètement les différents métiers de l’automobile ». Cet impatient jeune homme de 22 ans a été frustré par l’enseignement traditionnel de l’université – « trop abstraite. J’y ai suivi 40 heures de cours sur la soudure sans jamais voir de fer à souder », selon lui. Il vante à l’inverse la pédagogie de Sbarro : « tout ce qu’on apprend, on le teste ensuite en atelier. Ça me donnait envie d’en savoir plus et d’aller ensuite plus loin encore dans la théorie ».
Parmi les facteurs expliquant cette passion se trouve l’origine des enseignants : des professionnels qui « parlent de leur métier avec passion » pour O. Llinares, qui se verrait bien passer de l’autre côté. En attendant, il poursuit son rêve d’automobile. Avec des élèves rencontrés sur place, il a créé une société qui conçoit des véhicules électriques. Les autres élèves de la promotion ont suivi des voies variés : « ce que font nos élèves après est aussi varié et dépend de ce qu’ils ont fait avant. Certains poursuivent en suivant des études d’ingénieur, d’autres viennent après après une école d’ingénieurs », explique D. Suau qui résume la vocation de l’école : « former des personnes polyvalentes pour des structures légères ».
Pour suivre son rêve, il faut avoir quelques moyens : l’année d’études coûte en effet 9000 euros, dont une partie peut être prise en charge.
Christophe Bys
Christophe Bys
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