

Focus Et si papa s’occupait plus de bébé pour que maman ne mette pas sa carrière entre parenthèses. L’Igas, dans son rapport remis hier à Roselyne Bachelot, ministre de la Cohésion sociale, propose d’allonger le congé paternité.
Le congé de maternité : pourquoi pas faire moitié-moitié ? L’Igas, dans son rapport sur « L’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités familiales et professionnelles », remis hier à la ministre de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, propose en effet la création d’un « congé d’accueil de l’enfant » à partager entre les deux parents. Un mois pour la mère qui profite en outre de ces 12 autres semaines de congés de maternité. Un mois pour le père, s’il le souhaite. S’il refuse, le mois est perdu. S’il accepte et utilise la totalité de son temps accordé à s’occuper de bébé, alors il gagne une rallonge d’une semaine. Une petite carotte incitative pour que les pères assument plus amplement leur rôle au sein de la cellule familiale. Tel est en effet l’objectif énoncé dans le rapport : passer d’une paternité discrète à une paternité assumée et décharger un peu les mères.
80 % des tâches domestiques assumées par les femmes
Jusque-là, l’égalité des sexes, né dans les années 1970, a surtout progressé « en sens unique » note Brigitte Grésy, co-auteur du rapport. Les femmes sont entrées en masse sur le marché du travail, mais les hommes ne se sont investis que moyennement dans la vie familiale. 80 % des tâches parentales et domestiques sont encore assumées par les femmes. « Les pères en couple consacrent 1h20 par jour aux activités parentales quand ils ont un enfant de moins de 3 ans contre 3 heures pour les mères » pointe le rapport. Et du coup, bien souvent, les carrières des mères en pâtissent. 2/ 3 des temps partiels sont trustés par les femmes. Les écarts de salaires et les opportunités de progression de carrière entre hommes et femmes se creusent au moment de la construction d’une vie familiale, autour de 30-35 ans. « A l’arrivée d’un enfant, 6 % des hommes vivent un changement dans leur situation professionnelle pour près de 40 % des femmes », souligne le rapport. Il existe également d’importantes différences de taux d’emploi entre les hommes et les femmes avec de jeunes enfants : 92,5 % contre 73 % pour un enfant et jusqu’à 50 points d’écart pour 3 enfants.
2/3 des hommes profitent du congé de paternité
« L’inégal partage du temps parental et des tâches domestiques constitue le noyau dure de l’inégalité professionnelle », en conclut Brigitte Grésy. Du coup, par effet de vases communicants, si le père s’implique plus avec bébé, alors la mère pourra mieux s’investir dans sa carrière. Aujourd’hui, les deux tiers des pères prennent leurs onze jours de congé paternité, mesure créé en 2002 par la ministre de la famille du gouvernement Jospin, Segolène Royal. Mais ils sont beaucoup plus discrets pour le congé parental qui peut durer jusqu’ à 3 ans. Seulement 4 % des bénéficiaires dont des hommes.
Un congé parental d’un an maximum
Et c’est donc le second levier sur lequel l’Igas propose d’agir : modifier le congé parental. D’une part le raccourcir de 3 ans à un an maximum afin de ne pas éloigner trop longtemps les femmes du travail. En augmenter la rémunération « pour inciter les pères à le prendre », en portant l’indemnisation à 60 % du salaire brut plafonné, soit 1 768 euros maximum contre un forfait pouvant aller aujourd’hui jusqu’à 550 euros mensuel. Enfin, sur les 12 mois, deux seraient réservés au 2e membre du couple.
Ces mesures seront discutées le 28 juin prochain, lors de la conférence tripartite Etat-syndicat-patronat sur le partage des responsabilités familiales et professionnelles.
Lucile Chevalier
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