

Focus Quand Claude Guéant veut réduire l’immigration légale, Valérie Pécresse appelle les établissements du supérieur à accueillir plus d’étudiants étrangers. Mais pas à n’importe quel prix : niveau master exigé et un accueil encadré par des partenariats entre universités.
La France est le 3 e pays d’accueil des étudiants étrangers. Chaque année, 278 000 étudiants venus de partout dans le monde pénètrent dans les amphis français. « Ils représentent 12 % de l’ensemble de la population étudiante », a rappelé, hier, la ministre de l’Enseignement supérieur, lors d’une conférence sur les étudiants étrangers organisée dans le cadre du G8-G20, au Quai d’Orsay. C’est bien, mais Valérie Pécresse voit plus grand. Elle veut plus, elle veut mieux. Pour renforcer l’attractivité de la France et rendre les établissements français plus compétitifs, la ministre remonte la barre. Le niveau master devra être exigé. La France doit donner « la priorité, clairement, aux étudiants de niveau master et doctorat. Nous souhaitons d’ici 2015 atteindre un nouvel équilibre avec 2/3 au moins des étudiants internationaux à ces niveaux contre un peu plus de la moitié aujourd’hui », a-t-elle poursuivi.
Renforcer les partenariats entre universités
Sélectionner au niveau mais aussi à la motivation. Valérie Pécresse veut les meilleurs. Aujourd’hui, « beaucoup trop d’étudiants internationaux n’inscrivent pas leur mobilité dans un véritable projet d’études et d’insertion professionnelle » et inversement de « très bons étudiants ne choisissent pas encore suffisamment notre pays ». Et pour débusquer les touristes déguisés et promouvoir les hauts potentiels, la ministre veut renforcer les partenariats entre universités françaises et universités étrangères. Un bon moyen également de s’assurer du véritable niveau des étudiants. Le fiasco des étudiants chinois monnayant leur diplôme auprès de personnels d’université peu scrupuleux reste dans les mémoires. En 2015, les partenariats doivent représenter « la moitié des mobilités », a fixé Valérie Pécresse, contre 20 % aujourd’hui. La France devra « accompagner et orienter les étudiants internationaux depuis leur départ du pays d’origine jusqu’à la fin de leur cursus » a-t-elle ajouté.
La compétitivité passe par l’international. Un point sur lequel la ministre devra s’accorder avec le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant. Ce dernier avait annoncé au cours des dernières semaines vouloir réduire l’immigration légale. En 2010, cette immigration, d’après l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), a augmenté de 10,6 % sous l’effet notamment d’une forte hausse du nombre d’étudiants étrangers.
Lucile Chevalier
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