

Focus Les 3/4 des salariés interrogés par la société de conseils Cegos se disent impliqués dans leur travail. Mais seulement 58 % se disent motivés. Et près de la moitié juge que le climat social s’est dégradé depuis un an.
Près de 6 salariés sur dix (59 %) sont satisfaits de leur emploi. Les 3/4 s’y impliquent et 58 % restent motivés. Ces taux sont plus élevés de quelques points pour les salariés du public. Sans compter que plus de six salariés sur dix n’ont rien à redire du climat qui règne au sein de leur équipe ou des horaires de travail. Tout va donc bien madame la marquise… En apparence car l’étude menée par le cabinet de conseils Cegos auprès de 1300 salariés et 466 DRH ou responsable RH, souligne, en réalité, un début de désengagement des salariés dans un contexte de dégradation du climat social.
Des indicateurs en baisse
Ces taux cités, même s’ils restent satisfaisants, sont néanmoins en baisse de 5 à 10 points par rapport à la précédente étude réalisée fin 2009. En outre, près d’un salarié sur deux estime que le climat dans son entreprise s’est dégradé depuis un an. « Les salariés paraissent inquiets et en ‘perte de sens’ », relève l’étude.
Une perte de sens dans le travail en soi. Pour près de sept fonctionnaires sur dix, la réforme de la fonction publique a rimé avec réduction d’effectifs. Et il s’en est suivi un sentiment de dégradation de la qualité du service public, une impression partagée par 74 % des fonctionnaires interrogés.
Une entreprise cloisonnée
Une perte de sens induit également par la dégradation des relations avec les managers et la direction. « L’entreprise apparaît de plus en plus cloisonnée », relève Cegos. Les salariés peinent à comprendre les orientations stratégiques prises par leur entreprise ou administration. Ils sont en effet seulement 39 %, contre 55 % en 2009, à les comprendre et 31 % à y adhérer. Ce dernier chiffre est en baisse de 15 points par rapport à 2009. Moins d’un quart juge que la dimension humaine est prise en compte dans ces décisions stratégiques.
Et le manager apparaît comme peu présent. Seulement 38 % des salariés sondés déclarent que son supérieur le guide et l’oriente dans les actions à mener pour atteindre ses objectifs. 34 % estiment que son supérieur joue son rôle de régulateur des tensions. Moins de la moitié (43 %) juge que son manager est attentif au bien-être de l’équipe. Et enfin, moins d’un tiers (30 %) estime que son supérieur l’a aidé à progresser et a favorisé son évolution professionnelle.
Pour en rajouter au tableau, ils sont une minorité (45 %) à déclarer que la charge de travail est efficacement répartie et le sentiment d’iniquité en matière de rémunération se renforce.
Bref, le climat social se détériore et les DRH, à en croire l’étude, n’en ont pas pris conscience. Ces derniers, constante de l’étude, ont un regard beaucoup plus optimiste sur les choses.
Lucile Chevalier
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