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Le torchon brûle entre les jeunes et l'entreprise

Le torchon brûle entre les jeunes et l'entreprise
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Ils sont cyniques, individualistes et peu concentrés selon les uns. Les autres répliquent qu’ils ne se sentent pas bien intégrés dans le monde de l’entreprise et déchantent. L’observatoire des cadres de la CFDT s’est penché, mercredi dernier, sur le fossé qui sépare les employeurs et les jeunes cadres fraîchement diplômés.

« Entrant dans la vie active, je pensais trouver en mes supérieurs hiérarchiques, non pas des mentors mais des exemples, des modèles de professionnalisme et de mangement. J’ai parfois été très déçue… Certains d’entre eux travaillaient moins que moi. Ils étaient moins impliqués, faisaient moins d’horaires », déclare amère Claire Martin, 32 ans, ex-consultante junior. Elle n’est pas la seule à avoir expérimenté cette douche froide, comme le confirment les études et témoignages qui ont ponctué le séminaire organisé, mercredi dernier, par l’observatoire des cadres de la CFDT. Selon l’enquête de l’Apec, sur un échantillon de 680 jeunes cadres, en poste depuis moins de 3 ans, interrogés, près de la moitié pense l’équité comme valeur centrale de l’entreprise. A l’arrivée, seulement 20 % estiment qu’elle est bien présente dans l’entreprise. Une moitié exige un climat de confiance, mais seulement 30 % le ressentent effectivement. 45 % pensent qu’ils vont travailler avec des dirigeants exemplaires et des collègues emplis de professionnalisme. 50 % n’ont pas rencontré ces conditions de travail..

 

Pas d'entretien

« Le désenchantement ne se fait pas uniquement dans le domaine des valeurs, intervient Franca Salis-Madinier, secrétaire nationale CFDT en charge des questions des diplômés. Beaucoup d’attentes en matière d’accueil et d’encadrement sont déçues. » Toujours d’après la même étude, 33 % des jeunes effectuant leur rentrée dans la vie active ont eu la surprise de constater qu’aucun poste de travail n’avait été prévu le premier jour à leur intention. 70 % n’ont pas eu d’entretien avec le DRH au cours des premiers mois, ni d’entretien, pour 40 % d’entre eux, avec leur manager pour définir leurs missions de travail.

 

Des jeunes cyniques et individualistes

« Certes, répliquent les employeurs, dans une étude menée par Catherine Glée, enseignante-chercheur à l’université de Lyon III et responsable du master RH, mais nous aussi nous sommes déçus. » Ces jeunes de la génération Y, c’est-à-dire nés entre 1980 et 1995, sont impatients soulignent-t-il à 64 % et individualiste (50 %). Toutefois, les 59 DRH interrogés ne nient pas le grand sens que ces jeunes donnent au travail (58 %) et les valeurs d’esprit d’équipe, de confiance, et de professionnalisme qu’ils réclament. Mais, dans l’application, il y a quelques cafouillages. Même si ce besoin de sens et de qualité est pris au sérieux, ils admettent négliger de prendre des mesures sur l’organisation matérielle du travail. Pas de temps partiel, ni de travail à distance. Mais, plus de la moitié (57 %) a mis en place un distributeur de boissons payantes, 52 % un tutorat et 41 % du coaching. « Un véritable paradoxe, souligne Catherine Glée. Les DRH sont conscients des attentes et de l’approche plus horizontale qu’ont ces jeunes en matière de travail. Et pourtant, ils mettent en place des mesures très individualistes, et une approche verticale classique. Il faut mettre en place un management spécifique. Car contrairement aux générations précédentes qui, après une jeunesse empreinte de contestation, rentraient facilement dans le moule, les attentes de la génération Y s’inscrivent dans un mouvement de fond. Ils ne rentreront pas dans le moule, il faut adapter celui-ci. »

 

La France ne prépare pas bien ses jeunes au monde du travail

Stéphane Roussel, DRH de Vivendi, sur son siège, fulmine, à écouter les complaintes des autres intervenants. « Être jeune en France aujourd’hui est un véritable atout. Ils sont imprégnés de la culture internet, de son langage, qui prennent une place considérable dans l’économie. Avant, le jeune devait se conformer à la culture de l’entreprise. Aujourd’hui ce sont les codes des jeunes qui sont récupérés par celle-ci. Je le vois dans ma société, nous avons refait l’intranet sur un mode facebook. Le problème, c’est qu’en France, si l’on est champion du monde pour donner un niveau culturel à nos jeunes, on récolte le bonnet d’âne pour les préparer au monde du travail. Dans leur parcours scolaire, on leur parle du CDI, de professions classiques, on ne les pousse pas à innover. » La faute aux jeunes, enfants terribles, aux employeurs se trompant de management, ou à l’université et aux écoles qui diffusent de faux fantasmes sur le monde du travail ?

Chacun pointe du doigt le voisin. En attendant, contrairement à ce qu’avance Stéphane Roussel, les chiffres prouvent qu’il y a un problème des jeunes actifs en France. Aujourd’hui. 3 millions des 18-29 ans sont éloignés de l’emploi de qualité. Le nombre de demandeurs d’emploi des moins de 25 ans a grimpé de 32 % en 2009. Et la moitié des moins de 25 ans est en dessous du seul de pauvreté.

Lucile Chevalier

 

 

 

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