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1/ L’emploi des salariés handicapés s’améliore… lentement

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Patricia de Kermoysan.
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Le durcissement des sanctions financières porte ses fruits… Mais en apparence seulement. Dans les faits, le faible niveau de qualification des salariés handicapés et l’augmentation des exigences des recruteurs contribuent à éloigner les personnes handicapées de l’emploi.

 Le bâton a parfois du bon. Surtout quand la sanction touche là où cela fait mal. C’est-à-dire au portefeuille. Les entreprises de 20 salariés et plus, et cela depuis la loi du 10 juillet 1987, sont ainsi tenues de remplir leur obligation d’emploi de salariés handicapés à hauteur de 6 % de leurs effectifs. Jusqu’à récemment, cela ne marchait pas très bien. Puis il y a eu le durcissement des sanctions financières à partir de juillet 2010. Une entreprise ne respectant pas son obligation d’emploi de travailleurs handicapés, et n’ayant fait aucun effort en la matière pendant 3 ans, doit s’acquitter auprès de l’Agefiph, d’une contribution équivalente à 1 500 fois le Smic horaire par unité manquante. Pour une entreprise comptant 250 collaborateurs, la facture peut atteindre les 199 350 euros. Un retour du bâton plutôt incitatif.

 

Les mentalités évoluent dans le bon sens

Les chiffres d’ailleurs, curieusement, laissent transparaître une progression. Signe que les entreprises remplissent mieux leurs obligations, les contributions versées à l’Agefiph par les entreprises ont nettement baissé, passant de 539 millions d’euros en 2010 à 484 millions l’année suivante. En 2010, 97 200 établissements assujettis à l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés employaient 336 900 salariés handicapés, soit une hausse de 9,5 % par rapport à 2009, indique une étude de la Dares.

« Les mentalités ont considérablement évolué, et dans le bon sens, constate Patricia de Kermoysan cofondatrice du cabinet de recrutement Défi RH spécialisé dans l’embauche de travailleurs handicapés diplômés. Les entreprises, d’abord incitées par la loi, ont connu par la suite de vraies réussites qui leur ont donné envie d’aller plus loin en termes de recrutement et d’insertion des personnes handicapées. Les collègues, plus sensibilisés, réagissent mieux. Et enfin, nos candidats cachent moins leur handicap et s’en servent comme atout pour bénéficier de mesures spécifiques. »  Bref, le jour et la nuit ! Vraiment ? Le taux de chômage des salariés handicapés reste pourtant plus de 2 fois plus élevé que le taux de chômage moyen.

 

Le faible niveau de qualification

« Il existe encore des freins, mais ils ne tiennent pas forcément au handicap. Les personnes en situation de handicap sont en général moins qualifiées que la moyenne et plus âgées, deux facteurs particulièrement discriminants », explique Pierre Blanc, directeur général de l’Agefiph. « Sept travailleurs handicapés sur dix ont 40 ans ou plus, contre seulement la moitié pour l’ensemble de la population occupant un emploi. Seulement 12 % des personnes handicapées ont un diplôme de niveau Bac +2 ou supérieur, contre 32 % pour l’ensemble des personnes en emploi », ajoute Nadia Amrous, auteure de la dernière enquête de la Dares sur le sujet. Les ouvriers sont surreprésentés parmi la population de travailleurs handicapés (53 % contre 30 % parmi l’ensemble des salariés) et les chefs d’entreprise, cadres et professions intellectuelles supérieures sont sous-représentés (5 % contre 21 %).

 

Les critères de recrutement

« L’employabilité des salariés handicapés devient de plus en plus limitée, car les employeurs sont de plus en plus exigeants tant au niveau du diplôme que des compétences, déclare Alain Blanc, professeur de sociologie à l’université Pierre-Mendès-France de Grenoble et auteur de L’Insertion professionnelle des travailleurs handicapés, chez PUG. Un salarié aujourd’hui a une densité de travail très importante. Il se doit d’être polyvalent, mobile et travaille en équipe. »

La mobilité interne des salariés handicapés demande autant d’investissement que lors d’un recrutement, se plaignent d’ailleurs les entreprises auprès de l’Agefiph. Et à Défi RH, la fondatrice l’avoue,  « l’une des grandes difficultés du job est de parvenir à faire bouger les entreprises sur leurs critères de recrutement ».

En jetant un second regard sur les chiffres d’insertion des salariés handicapés, il est moins certain que les choses aient réellement progressé. La loi de 2005 a élargi le champ des salariés reconnus handicapés. Et « la loi du 1er décembre 2008 a modifié le mode de décompte des bénéficiaires de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (suppression de la règle des 6 mois de présence au minimum pour prise en compte des bénéficiaires en CDI ou CDD notamment) et élargi la liste des stagiaires pouvant en bénéficier », pointe la Dares.

Lucile Chevalier

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