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10/ Fait-il bon travailler dans l’Assurance ?

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Le secteur de l’Assurance ne se distingue dans aucun palmarès. Pourtant, il a certains atouts dans son jeu : un investissement important dans la formation de ses salariés et une convention collective généreuse en RTT. Il a aussi ses nouveaux maux : surcharge de travail, stress et perte de sens.

Le secteur des Assurances ne fait pas rêver. Ni les jeunes : un sondage réalisé par Opinionway en mai 2011 place le secteur comme le moins attractif auprès des 18-30 ans. Ni leurs aînés d’ailleurs : les entreprises en Assurance ne se distinguent dans le palmarès « Great Place to work ». Il ne faudrait pas, toutefois, préjuger à tort que le secteur rebute. Il a plutôt souffert pendant longtemps d’une image poussiéreuse et gagnerait sûrement à être connu, à en croire une étude du cabinet Mozart consulting sur le bien-être au travail. Avec un taux de mal-être ne dépassant pas les 15 %, le secteur finance-assurance s’octroie une 3 e place honorable des branches où il fait mieux travailler.

 

Un investissement important dans la formation

Jeanne*, actuaire dans une grande compagnie d’assurance, apprécie notamment les investissements réalisés par son entreprise en matière de formation. « Je suis régulièrement envoyée en formation sur des logiciels complexes », déclare-t-elle. Elle n’est pas seule dans ce cas, le secteur est réputé pour ces actions en matière de formation continue. D’après les données de l’Observatoire de l’évolution des métiers de l’Assurance, le secteur affiche un taux d’accès des salariés à la formation de 61,1 % contre un taux moyen de 40 % pour les autres secteurs. En 2010, la durée moyenne de formation était de 44,2 heures contre une moyenne de 30 heures ailleurs. Enfin, le porte-monnaie est aussi fortement mis à contribution, car le secteur des Assurances investit en moyenne à hauteur de 4,5 % de la masse salariale pour la formation, alors même que l’obligation légale se situe à 1,6 %.

 

Une convention collective généreuse en RTT

Emilie *, juriste dans une autre compagnie d’assurances, ne boude pas non plus son plaisir. Pour elle, le point fort du secteur est la convention collective assez généreuse en matière de RTT. Les cadres sont certes au forfait-jour et, selon la charge de travail, ces jours peuvent se multiplier. Reste que le nombre de jours de travail fixé dans le secteur des assurances est souvent inférieur à celui d’autres secteurs. Les cadres y travaillent en moyenne de 205 à 210 jours, contre un maximum légal de 216 jours. Pour les non-cadres, « la durée hebdomadaire est fixée à 34 heures dans mon entreprise » indique Emilie.

Après, tout est loin d’être rose. « J’ai parfois l’impression que mon entreprise pousse à outrance les mesures économiques. Je travaille dans un open-space à côté de secrétaires. Leur travail passe beaucoup par des conversations téléphoniques, quand de mon côté, j’ai besoin de calme pour me concentrer sur des articles de loi. Il y a aussi un problème de communication. Nous ne sommes pas assez informés de mesures nous concernant au premier chef » ajoute-t-elle.

 

Industrialisation des services

« Le secteur des Assurances, comme l’ensemble des services, est touché par un phénomène d’industrialisation amenant perte de sens, manque de reconnaissance et mal-être », analyse Philippe Goret, porte-parole CGT du collectif Groupama Gan. Depuis une quinzaine d’années, de nouveaux acteurs se sont insérés dans le marché des assurances. « Il y a moins de richesses à assurer. Alors les entreprises, pour gagner ou préserver certains marchés, baissent les prix. Pour y parvenir, elles jouent sur la masse salariale et standardisent ses produits » explique le syndicat. Le bouleversement n’est pas sans conséquences. D’après une étude menée par la CGT auprès des salariés de Groupama en mars 2010, 64 % des sondés estimaient que leurs conditions de travail s’étaient dégradées en 3 ans. 42 % jugeaient que les informations données par leurs supérieurs étaient insuffisantes. Près de 56 % parlaient de manque de reconnaissance. Un peu plus de 53 % pensaient que leur travail était source de pénibilité (89 % parlaient de pénibilité mentale).

Quant à l’observatoire des métiers de l’assurance, il alerte dans un rapport sur « le mal-être diffus des managers de proximité » en raison de cette mutation du secteur en cours depuis une quinzaine d’années. « Il ne s’agit pas seulement d’une question de changement d’organisation ou de manière de faire, mais d’une remise en cause plus substantielle de leurs univers de travail et de ce qui fonde leur fonction » note le rapport.

Tous ne tiennent pas le coup. Le turn-over est important dans le secteur. Pire, la mutuelle Groupama Gan a connu en l’espace de quelques jours, fin mars-début avril, deux suicides. Tous deux étaient responsables commerciales, et l’un d’entre eux a confié dans un message n’avoir pu faire face à la pression. « Professionnellement, ces deux personnes n’étaient pas en difficulté, elles étaient même bien notées. Les signes pathologiques avant-coureurs d’un suicide n’ont pas su être détectés », a déclaré la direction. Hasard du calendrier, le jour même du premier suicide, la CGT alertait la direction lors d’un comité d’entreprise de l’établissement Paris Val de Loire sur la dégradation des conditions de travail.

Lucile Chevalier

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