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Ingénieur de production

2/ « Dans l’aéronautique, l’ingénieur doit avoir une forte expertise scientifique »

2/ « Dans l’aéronautique, l’ingénieur doit avoir une forte expertise scientifique »
Laurent Pérault
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Qu’est-ce qu’un ingénieur en aéronautique bien formé ? Quels sont les défis de la formation de demain ? Autant de questions auxquelles répond Laurent Pérault, directeur des études à l’Ecole d’ingénieurs en aéronautique, transport, mécanique (Ensma), école réputée pour sa recherche.

Emploi-Pro : Vos élèves, une fois diplômés, s’insèrent-ils facilement sur le marché du travail ?

Laurent Pérault : Ils s’insèrent très bien sur le marché du travail. Pour les diplômés de 2010, en février dernier, 90 % d’entre eux avaient un CDI. Et pour cette même classe, le salaire moyen, hors primes, oscille entre 34 000 et 35 000 euros brut annuel. Ce sont de très bonnes conditions. Notre expertise est reconnue par les grands groupes qui viennent chercher nos étudiants. Ainsi, pour la promotion 2010, 60 % des diplômés ont été embauchés dans des entreprises de plus de 2 000 personnes, 10 % dans des structures comptant de 500 à 1000 salariés. Ils travaillent chez EADS, Safran, Dassault, Thalès et peuvent ainsi pleinement évoluer au sein de ces grands groupes. C’est une force. L’on peut aussi constater, statistiques en main, que nos étudiants en majorité s’orientent vers ce secteur. 60 % des diplômés de la promotion 2010 travaillent dans l’aéronautique, 15 % dans l’informatique, 13 % dans l’énergie et 5 % dans le transport. Et enfin, comme nous mettons l’accent sur la recherche, et l’innovation, il n’est pas étonnant de noter que 70 % de ces anciens élèves ont trouvé un poste dans le calcul ou la Recherche et le développement. Une très bonne insertion et spécialisée.

 

Emploi-Pro : Quelles sont à vos yeux, les compétences que doit avoir un ingénieur travaillant dans le secteur de l’aéronautique ?

Laurent Perault : Il doit avant tout avoir une forte expertise scientifique. L’aéronautique est un secteur industriel de compétition. Il faut sans cesse innover, avoir une longueur d’avance sur le concurrent. La France, l’Europe et l’Amérique du Nord dominent dans le domaine. Mais il faut garder cette avancée. Et il y a tous les jours des défis à relever pour construire l’avion de demain, voir comment on peut améliorer le confort des passagers tout en diminuant la consommation d’énergie, réduire les pollutions sonores pour les riverains. Et c’est pour cela que notre formation est très proche d’une formation recherche. Dans l’aéronautique, on ne peut pas faire sans l’innovation. Après, il faut aussi avoir esprit d’équipe et maîtriser l’anglais, deux éléments qui ne sont pas nécessairement propres au secteur de l’aéronautique.

 

Emploi-Pro : « La France dépose 2 fois moins de brevets que les Etats-Unis auprès de l’Organisation mondiale de la protection intellectuelle », a souligné un rapport de l’Institut Montaigne, intitulé « Adapter la formation de nos ingénieurs à la mondialisation ». Comment l’Ensma essaie de réduire l’écart ?

Laurent Pérault : Déjà, il y a une tradition très française qui consiste à ne pas déposer systématiquement un brevet. Les Américains ont beaucoup plus cette culture. Toutefois, nous sensibilisons nos doctorants à cette démarche en leur dispensant notamment des cours sur la propriété industrielle ou en les conviant à des conférences sur le sujet. Après, je ne suis pas sûr qu’en matière d’innovation, nous soyons à la peine face aux Américains. Et notre école, dans l’offre de formation qu’elle propose, attache une grande importance à la recherche et à l’innovation. Nous proposons ainsi en fin de cursus, une 3 e année orientée vers la recherche. Un tiers de nos étudiants chaque année font ce choix. Ils bénéficient des conseils de nos enseignants-chercheurs et de nos laboratoires, nous organisons même des visites de laboratoires. Nous formons également chaque année, une centaine de docteurs, qui effectuent en général leurs thèses au sein d’entreprises, pour ensuite y être embauchés.

 

Emploi-Pro : Comment sensibiliser vos étudiants au défi du développement durable ?

Laurent Pérault : L’Ensam dispense à la fois des cours spécifiques sur l’énergie et l’environnement, mais nous sensibilisons aussi nos étudiants sur le sujet à travers tous nos cours. Les grands enjeux du développement durable pour l’aéronautique passent par l’innovation. Par exemple, pour réduire la consommation, l’une des solutions est de construire des avions plus légers, les rendre plus aérodynamiques. Et pour cela, il faut, entre autre, avoir une réflexion sur les matériaux utilisés. Penser à remplacer les matériaux   métalliques par des matériaux avec fibre de résine pour rendre l’avion plus résistant ou plus léger. Il y a aussi une réflexion à avoir sur les moteurs. Comment peuvent-ils être plus performants tout en étant moins gourmands ? Tous ces éléments sont abordés dans chaque matière. Nous sensibilisons nos élèves aux dernières innovations, recherches menées dans le domaine, pour qu’ils puissent inventer les avions de demain.

Propos recueillis par Lucile Chevalier

 

 

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