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2 milliards d’euros de bonus pour les traders

2 milliards d’euros de bonus pour les traders
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Les banques françaises ont versé près de 2 milliards d’euros de bonus à leurs traders en 2010. Des bonus équivalents à ceux versés en 2009, malgré l’application d’une directive européenne encadrant ces rémunérations.

Crise financière, faillite de grandes banques anglo-saxonnes, et des queues à n’en plus finir de clients anglais venus retirer leur pécule de leurs banques pour les placer en lieu sûr. La fin de l’année 2007 et l’année 2008 avaient des allures d’apocalypse. Visages crispés, chacun se demandait si le système économique mondial n’allait pas s’écrouler. Peur et colère. « L’ambiance était pesante, je me suis même demandé s’il n’y allait pas avoir du passage à tabac de banquiers », se rappelle une jeune étudiante en échange à Londres lors de l’année 2008, habitant près du quartier des affaires. Les traders avaient joué avec le feu, spéculant sur des actifs pourris, les fameux subprimes, et provoquant un incendie mondial.

 

« I win, you loose »

Le plus choquant étaient la révélation du montant de leur rémunération variable, les bonus. En jouant risqué, l’on apprenait alors dans les médias, qu’un trader pouvait gagner des centaines de milliers d’euros. Surtout que maintenant qu’ils avaient joué, à charge aux contribuables de payer la facture. Le principe de « I win, you loose ». En France, le cas Kerviel avait aussi provoqué un certain émoi et de réactions politiques. Non, on ne pouvait continuer ainsi, il fallait légiférer pour instaurer un peu de décences dans la rémunération de ces preneurs de risques.

En juillet dernier, les parlementaires européens ont ainsi voté la directive dite « CRD 3 » visant à encadrer les rémunérations dans le secteur bancaire. Un : 40 % de la rémunération variable des traders ne pourra être touché immédiatement, mais 3 ans après. Deux : si une banque n’a pas remboursé les aides d’Etat dont elle a bénéficié, son dirigeant ne pourra recevoir aucun bonus sauf « si une part variable est justifiée ». La France a appliqué la directive en janvier dernier.

 

Des bonus équivalents

A-t-elle vraiment changé les choses ? Hier, l’on pouvait apprendre, après la publication par les banques françaises des montants de rémunérations versés à leurs collaborateurs, que les banques françaises ont versé plus de 2 milliards d’euros à plus de 8 600 salariés. Et les 4 principales institutions dans le domaine, BNP Paribas, la Société générale, le Crédit agricole et Natixis ont versé à leurs traders des bonus équivalents à ceux de l’année 2009. Dans le détail, BNP Paribas s’avère la plus généreuse, avec un bonus moyen de plus de 291 000 euros, suivent ensuite, la Société générale (198 000 euros, soit 34 000 euros de moins qu’en 2009), Natixis (187 000 euros contre 142 000 en 2009) et le Crédit agricole (150 000 euros). Pas de changement donc, sauf à regarder du côté de la partie fixe de la rémunération des traders. Elle passe de 729 millions d’euros en 2009 à plus d’un milliard en 2010, soit une hausse de 40 %.

 

Le paiement différé

Dans l’application française de la directive européenne, il est spécifié que les banques doivent différer de 40 % à 60 % du paiement du bonus, sur 3 à 5 ans, et 50 % du bonus doit être payé en actions, y compris dans sa partie non différée. Ici, encore il y a quelques arrangements. Au Crédit Agricole, seulement 36 % du bonus est différé. Pourquoi ? Près de 600 bénéficiaires touchent 50 000 euros de bonus moyen et n’atteignent pas le seuil variable qui déclenche un versement différé.

 

Quels salariés visés ?

L’autre interprétation se niche dans le public concerné. Chez BNP Paribas, la population de salariés concernés par cet encadrement a diminué de 12 % en 2010 par rapport à 2009. A l’inverse à la Société générale, elle a augmenté de 40 %. La première argue avoir appliqué d’emblée à une population large les critères de différés et de paiement en titre. Quant à la seconde, elle se dit fidèle au texte européen en étendant le champ de la directive à d’autres métiers que la banque d’investissement.

Lucile Chevalier

 

 

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