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4. Des classements d’écoles d’ingénieurs très discutés

 | par Gwenole Guiomard

4. Des classements d’écoles d’ingénieurs très discutés
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Difficile de s’orienter dans la jungle des quelque 400 écoles d’ingénieurs et autres universités françaises. Pourtant, de nombreux classements existent mais aucun n’est véritablement indépendant. Alors, la meilleure stratégie est de s’appuyer sur plusieurs hit-parades pour faire son choix tout en se rappelant que les meilleurs cursus en ingénierie ne résident pas en France.


Comment faire le bon choix entre les différents cursus en ingénierie en France ou à l’étranger ? Cette question, de nombreux parents et enfants se la posent. C’est aussi une interrogation des recruteurs et autres services des ressources humaines des entreprises françaises. Comment, diable, trier le bon grain de l’ivraie ? Pour ce faire, nous vous proposons une méthode. L’idée est de comparer suffisamment de classements pour pouvoir se faire son propre hit-parade et définir quels sont les meilleurs établissements français et mondiaux. Une question à laquelle il est très difficile de répondre. En effet, il n’existe pas encore d’organisme indépendant chargé, comme en Grande-Bretagne, d’évaluer les universités et les grandes écoles. Même si l’Aeres (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) publie désormais des analyses des Masters universitaires. Même si le Cereq appelle de ces vœux un tel organisme.
Reste alors, pour parvenir à faire un choix, à tenir compte des palmarès concoctés par la presse. Cette dernière rivalise d’imagination pour sortir ces marronniers. Ces hit-parades sont réalisés par des journalistes et sont contestables dans la mesure où l’on calcule ici, très souvent, la notoriété de l’école plus que la qualité de son enseignement.
En 2010, l’Edhec, il est vrai juge et partie, a tirée académiquement mais à boulets rouges sur les classements des écoles. L’école lilloise a expliqué que les classements ne voulaient pas dire grand-chose. Faute de mieux, elle conseille de s’en servir mais d’en consulter plusieurs tant ce thermomètre est défaillant.

Les écoles sont parties prenantes
Pour Stéphane Grégoir, directeur de la recherche à l’Edhec et Noël Amenc, son directeur du développement, « les classements sont avant tout peu scientifiques. Tout vient de la méthode de ces hit-parades ». Après une sélection des mesures, il faut agréger des informations qui sont difficilement comparables. Quoi de plus différents qu’un salaire à la française avec ces charges salariales, une sécurité sociale et une retraite avec certains systèmes qui n’en possèdent pas. Comment, de plus, faire confiance dans des déclarations provenant soit des écoles (elles sont parties prenantes), des anciens (ils ont tout intérêt à enjoliver leur situation) ou même des directions en ressources humaines qui se réfèrent au classement précédent pour donner le classement futur… Le directeur de la recherche de l’Edhec s’est aussi attaqué à la robustesse des statistiques des écoles. « Pourquoi ne pas interroger les non-diplômés d’une école ? Ils auraient beaucoup de chose à dire. Seuls les diplômés sont questionnés ». Or, ces derniers ont intérêt à survaloriser leurs salaires, par exemple. Cela peut alors leur permettre une meilleure carrière en étant diplômé d’une école très bien placée dans les classements
Les chercheurs ont aussi attaqués les critères de pondération. Suivant que l’on met en avant la qualité académique des enseignants, le salaire des diplômés ou le nombre de femmes dans les enseignants, les classements sont très différents. Or, on part d’une même réalité. Ainsi, le hit-parade du très respecté Times of Higher Education est, à 50 %, basé sur l’opinion des pairs universitaires. Celui de Shanghai considère à 90 % des critères liés à la qualité des enseignants, leurs publications et leurs prix. Pour le nouveau classement de l’Ecole des Mines, la vérité réside dans le devenir de leurs anciens élèves.
Bref, pour les deux chercheurs, les classements sont, certes, structurants mais ils sont surtout autoréalisants. Ils sont aussi uniformisateurs et s’attaquent aux politiques de niche. Ils sont, enfin, conservateurs car ils reposent sur l’information du passé, des réseaux. Ils sont une contrainte à l’innovation.
Faut-il alors jeter les classements avec l’eau du bain ? « Non, conclut Noël Amenc, directeur du développement de l’Edhec. Les classements sont incontournables. Ils servent à mesurer une notoriété. Mais ce n’est déjà pas si mal. Reste qu’il faut savoir s’en servir, connaître leurs biais. Le mieux est alors d’en consulter plusieurs et savoir utiliser le bon selon l’établissement que l’on analyse ». A cet égard, l’approche du consortium européen U Multirank est particulièrement intéressante. En multipliant la lecture de tous ces classements, il peut permettre d’approcher une certaine vérité.

Le seul juge de paix
Bref, les classements offrent une prime aux écoles les plus anciennes et permet difficilement aux jeunes structures de se faire une place au soleil. Cette situation protège donc l’establishment de l’enseignement supérieur. Tout au moins en France. Car elle les fragilise dans la compétition internationale. En effet, comme les établissements d’enseignement supérieur français ont toujours refusé de se faire auditer par un organisme étatique de contrôle, ils n’ont pas développé une culture du résultat. Tant et si bien que les classements étrangers en matière d’universités ou de grandes écoles relèguent les universités françaises en queue de peloton… Nous utiliserons donc les classements franco-français, des classements britanniques, le classement mondial de QS  et celui de l’université chinoise de Shanghaï pour essayer d’y voir plus clair.
Quoi qu’il en soit, les classements, même s’ils sont très imparfaits et s’ils sont soumis à la pression des annonceurs, demeurent le seul juge de paix du système.

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