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7/ Un faible temps de travail et des salaires importants

7/ Un faible temps de travail et des salaires importants
Myriam Saunier, DRH Aviva
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Formation, temps de travail, salaires, mutuelles… Pour le salarié, l’assurance est l’un des secteurs les plus attractifs de l’Hexagone. Pourtant, c’est aussi un autre bon point, ces employeurs restent discrets sur les avantages qu’ils concèdent. Tour d’horizon.

  « L’assureur est proche de ses clients à tous les moments de la vie, notamment lors de sinistres ou pour compléter sa retraite. C’est un métier noble et le secteur offre des carrières variées qui ont du sens », résume Myriam Saunier, DRH chez Aviva France (3 700 salariés). Absentes des palmarès Great Place to Work ou Top Employeurs, les entreprises de l’assurance ont pourtant de beaux atouts à faire valoir. Un chiffre est révélateur : la moyenne d’ancienneté  en leurs murs est de 14 ans, contre 7 à 8 ans partout ailleurs. Nonobstant la dureté des temps et le fort contingent de salariés proches de la retraite, les salariés font preuve d’une fidélité exemplaire qui trouve ses racines dans un sentiment d’utilité et dans des pratiques RH fort avantageuses.

La formation, tout d’abord. « Le secteur y a consacré, en 2011, 4,4 % de sa masse salariale, explique Norbert Girard, secrétaire général de l’Observatoire des métiers de l’assurance. Cela constitue un taux trois fois plus important que l’obligation légale de 1,6 %. De plus, ce sont près des trois quarts des salariés (73,8 % contre 40 % ailleurs) qui se forment chaque année. » Un taux d’accès exceptionnel, en partie dû à la nécessité de dispenser des stages sur les techniques de l’assurance aux nouveaux venus et en particulier aux commerciaux. En outre, ces taux ne comptabilisent pas les heures d’accompagnements, conçus, animés ou diffusés auprès de tuteurs ou de mentors par des escouades de formateurs maison : Aviva en emploie 20 à temps plein et la Maif 15.

 

La promotion sociale

Les assureurs encouragent aussi la mobilité transversale et individualisent de plus en plus les trajectoires. « Chez nous, il n’y a pas de parcours fléchés, insiste Myriam Saunier, DRH chez Aviva France. On peut changer d’option, de métier en passant d’un poste opérationnel à un poste fonctionnel, par exemple. L’an passé, 200 collaborateurs ont ainsi bougé en interne. » Autre particularité méconnue du secteur : la promotion sociale. « Le taux d’encadrement est de 45 %, souligne Norbert Girard à l’Observatoire des métiers. Or la part des cadres dans le recrutement est de 27 %. La différence est comblée par des passages cadres en interne ! »

L’assurance est aussi réputée pour payer bien ses troupes. « C’est un secteur dynamique, qui offre 8 à 12 % de mieux que dans la plupart des autres branches », observe Philippe Burger, associé conseil rémunération et avantages sociaux au cabinet Deloitte. Par exemple, un chef de projet informatique, un responsable marketing ou un commercial seront en moyenne respectivement mieux payés de 6 %, 8 % à 10 % et 15 % chez un assureur que chez un industriel. « En général, les mutualistes offrent de bons salaires au bas de l’échelle jusqu’au niveau agent de maîtrise et un peu moins ensuite. C’est l’inverse chez les assureurs qui sont plus généreux dans le top de leurs grilles salariales », rajoute ce spécialiste.

 

6 à 7 semaines de vacances

« À la Maif, personne ne commence à moins de 1 500 euros net mensuels sur douze mois, confirme Olivier Ruthardt, le DRH du mutualiste niortais (6 650 salariés). En plus, nous offrons un éventail d’avantages sociaux très compétitifs. » Des avantages qui, globalement au niveau de la branche, vont bien au-delà des obligations légales pour les assureurs les plus généreux : 6 à 7 semaines de vacances, un salaire maintenu lors de congés prolongés, une excellente complémentaire santé « souvent prise en charge à 100 % grâce à la sur-complémentaire maison », précise Louis Guastavino, directeur senior des pôles banques et assurances chez Page Personnel. Il faut ajouter à cela une épargne retraite (cotisation patronale de 2,5 %), des CET (compte épargne-temps) et un 13 e voire 14 e mois. Sans compter une épargne salariale très large, avec des PEE (plans d’épargne entreprise) ou des Perco maison assortis de coquets abondements. Un véritable jackpot, parfois au total !

 

« Les conditions de travail se dégradent »

Enfin, dans l’assurance, il n’y a ni travail de nuit ni travail de week-end ou par exception et avec de jolies compensations. Surtout, on y passe moins d’heures derrière son PC ou sur les routes que dans la plupart des entreprises du privé. Les cadres au forfait y travaillent en moyenne 203 à 210 jours, contre une moyenne française approchant les 218 jours. Pour les autres salariés, le temps de travail hebdomadaire est celui de la règle des 35 heures actée par le secteur. Mais les accords en entreprise sont souvent meilleurs : c’est 33h75  chez Allianz, 34 heures chez Axa France, 31h30 à la Macif… Par ailleurs, les groupes favorisent le temps partiel choisi qui peine à percer dans bien d’autres activités. Chez Aviva, ceux qui travaillent à 70 % sont même rémunérés à 72 %. « Chez nous, nous proposons des horaires variables en journée et… 17 formules à la carte selon les statuts de 20 à 32 heures par semaine, conclut Olivier Ruthardt, DRH de la Maif. La raison : un bon équilibre vie professionnelle-vie privée est facteur d’épanouissement au travail. »

Cependant, certains regrettent le bon temps d’avant. D’avant les mutations en cours, le passage d’une culture technique à une culture du service, l’individualisation croissante des salaires. Aujourd’hui, la pression monte sur les équipes. « Lancés dans une course aux bonus, les salariés vivent mal la compétition entre eux et le stress s’exacerbe, fustige Jean-Simon Bitter secrétaire général du syndicat FO. Avec cela, les conditions de travail se dégradent. » Mais elles restent cependant parmi les meilleures du secteur privé.

Marie-Madeleine Sève

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