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Allez les filles ! Les places sont à prendre

 | par Isabelle Germain

Allez les filles ! Les places sont à prendre
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Elles restent peu nombreuses à devenir ingénieurs, selon l'enquête du Conseil national des ingénieurs et des scientifiques de France (CNISF). Et pourtant, celles qui ont choisi ce métier se montrent satisfaites de leur carrière.

En France, 16 % des ingénieurs sont des femmes. Depuis dix ans, pas l'ombre d'un frémissement sur la courbe de progression ! Parmi les moins de 30 ans, les effectifs restent bloqués à 25 %. Et sur les tranches d'âge supérieures, les femmes sont beaucoup moins nombreuses, comme le montre l'enquête 2007 du Conseil national des ingénieurs et des scientifiques de France (CNISF). Bien sûr, derrière ces chiffres se cachent des nuances. L'agro-alimentaire compte presque autant de femmes que d'hommes. Et leur sort s'améliore par rapport aux an-nées 1980. « Elles ne sont plus cantonnées dans des fonctions comme la documentation, l'enseignement ou la recherche en laboratoire », remarque Chantal Darsch, du Comité d'études sur les formations d'ingénieurs (Cefi), qui a analysé l'enquête. Même si quelques clivages subsistent à l'entrée dans la vie active : « Dans les secteurs production et fonctions connexes, les femmes se dirigent davantage vers la partie qualité, hygiène, sécurité et développement durable », poursuit-elle.

"Je suis dans le concret"

Fanny Langevin, 42 ans, responsable du développement
de produits composites chez Arcelor-Mittal, à Montataire (Oise)


Un jour à Turin, un autre à Stuttgart, Fanny Langevin sillonne les entreprises pour mettre au point ses produits. « Quand je croise certaines voitures, je me dis qu'une partie de leurs matériaux ont été fabriqués chez nous. J'aime ce métier parce qu'il est concret », lance-t-elle. Elle n'a jamais été intimidée par la sidérurgie, un milieu réputé très masculin. Cette diplômée de Centrale Lille, spécialisée en chimie, planche sur les produits composites à base d'acier polymère. Pendant dix-sept ans, elle a travaillé dans les usines et ne voit pas ce que cela pourrait avoir d'incongru. Mais elle regrette que le métier ne se féminise pas davantage. « Les jeunes filles sont sensibles aux stéréotypes. Il ne faut rien s'interdire et faire des choix qui ne soient dictés ni par le milieu social ni par le sexe. Le métier d'ingénieur offre de belles carrières. »
 


Les femmes ne manquent pourtant pas d'atouts. A l'école, elles réussissent de mieux en mieux dans les matières scientifiques. Mais selon les chiffres du CNRS, avec un bac S mention TB en poche, 53 % d'entre elles s'orientent vers des écoles d'ingénieurs, contre 75 % des garçons.
Les femmes ingénieurs sont plus nombreuses à obtenir un double diplôme d'ingénieur à l'étranger que leurs homologues masculins (9,8 %, contre 6,7 %). Et lorsqu'elles sont en exercice, elles ne travaillent pas différemment. Elles sont un peu plus mobiles qu'eux sur plusieurs points : mobilité dans le pays, vers un nouvel établissement ou de nouvelles attributions. Et à peine moins vers l'étranger. Hommes et femmes évoquent des obstacles identiques à leur déplacement au-delà des frontières : « Cela pose trop de problèmes pour mes enfants » (72 % des hommes, 70 % des femmes) et « pour mon conjoint » (70 % des hommes, 68 % des femmes). Globalement, elles se montrent plutôt contentes de leur sort. Comme les hommes, elles se disent satisfaites de leur travail, de son contenu, de l'autonomie dont elles jouissent, de la qualité des relations interpersonnelles et de la diversité des tâches à accomplir. Pourtant, au fil de leur carrière, la situation se gâte. Les écarts de salaire se creusent avec l'âge : de 3 % en début de parcours, ils grimpent à 19 % à 45/49 ans, pour atteindre 42 % avant la retraite. Une part de la différence subsistant à poste identique.

Des politiques de mixité
Les femmes connaissent plus de précarité : 73 % d'entre elles ont un CDI ou sont titulaires dans la fonction publique, contre 82 % des hommes. Et surtout, elles n'atteignent que ra-rement les sommets de l'entreprise. La faute, en partie, à leur bagage : dans les formations complémentaires, elles optent pour des diplômes scientifiques ou des thèses, quand les hommes recherchent des diplômes de management et de gestion. Les premières s'enferment dans des spécialisations, là où les seconds acquièrent une double compétence leur ouvrant des perspectives de carrière plus vastes. Résultat : parmi les plus de 45 ans, 5 % des femmes ont des postes à la direction générale, contre 20 % des hommes.
Les femmes ingénieurs bénéficient pourtant depuis quelques années de toutes les attentions. A tous les niveaux. Les écoles d'ingénieurs et l'Association française des femmes ingénieurs organisent des rencontres dans les collèges et les lycées afin de séduire les filles. La Conférence des grandes écoles a ainsi monté, fin mars dernier, une campagne de sensibilisation sur le thème « Ingénieurs, un avenir au féminin ». Les prix qui leur sont réservés éclosent, à l'image du prix Excellencia.

"J'aime être sur le terrain"

Sophie Rocca, 30 ans,
directrice des services professionnels chez LTU, à Paris

« La plupart des filles pensent qu'ingénieur n'est pas un métier relationnel et s'en détournent. En ce qui me concerne, c'est tout le contraire ! » Issue d'une famille de scientifiques, Sophie Rocca n'a pas eu cette appréhension. Son métier n'est pas banal : elle dirige les services professionnels chez LTU, un fournisseur de logiciels de recherche et de reconnaissance d'images pour des applications sécuritaires ou d'investigation. Ces logiciels servent aux policiers qui traquent les réseaux pédophiles. « Mon métier suppose des contacts avec les clients et les équipes de R & D en interne. » Des compétences acquises sur le terrain puisque sa formation était technique. Diplômée de l'Ecole nationale supérieure d'électronique et de radio-électricité de Grenoble (Enserg), elle a aussi suivi un master de traitement du signal à l'université de Southampton (Grande-Bretagne). Un parcours qui lui a valu, en 2006, un prix Excellencia des femmes ingénieurs high-tech.
 


Et surtout, les entreprises commencent à développer des politiques de mixité. Les entreprises de haute technologie sont d'ailleurs pionnières. Plusieurs d'entre elles se sont rassemblées au sein du groupe Interelles (IBM, France Télécom, GE Healthcare...) dès 2001 et échangent leurs « bonnes pratiques ». Les unes, comme Air liquide, insistent sur les process RH : la direction s'assure que les candidatures des femmes sont bien prises en compte. Les autres, telle Schlum- berger, intègrent dans les critères d'évaluation de leurs managers leur aptitude à composer des équipes mixtes. D'autres proposent du « mentoring » aux femmes pour les aider à être plus offensives dans le pilotage de leur carrière. Toutes insistent pour que les « hauts potentiels » ne soient pas seulement recrutés dans la tranche des 30/35 ans, car cela écarte d'emblée nombre de femmes, maternité oblige. La direction d'IBM France vient d'organiser un séminaire « Women in Technology ». «Nous voulons lever les freins qui entravent leurs carrières. Nous organisons le retour de congé de maternité et invitons chacune et chacun à nous livrer ses ambitions, même tardives. Si les femmes ont envie de booster leur parcours à 40 ans, après une pause, c'est possible », explique Dominique Mathot, la responsable du programme. Nombre de politiques d'entreprises veulent gommer les effets réels ou supposés de la maternité sur les carrières.

Battre en brèche tous les clichés
Avec tous ces encouragements, pourquoi le métier ne compte-t-il pas plus de femmes ? Question de culture, d'inertie des mentalités, d'imaginaire. Ingénieur semble se décliner au masculin. Dans la mécanique ou la sidérurgie, bien sûr, mais aussi, plus surprenant, dans l'informatique. La part des femmes culminait à 20 % en 1983, contre 12 % aujourd'hui. Pour Isabelle Collet, auteur de « L'informatique a-t-elle un sexe ? » (L'Harmattan), cette discipline autrefois associée à une acti- vité tertiaire, et donc féminine, reflète aujourd'hui l'image du « hacker », du jeune garçon qui passe ses nuits à faire de la programmation. Les filles ne s'y retrouvant pas s'en détourneraient.
Autre frein : les carrières les plus enviées leur semblent fermées. Elles obtiennent des promotions moins facilement que les hommes. « Les femmes, mais aussi ceux qui accordent les promotions, fonctionnent avec des stéréotypes, explique la sociologue Catherine Marry. De nombreuses études montrent que, à compétence et investissement pro- fessionnel équivalents, le fait d'avoir beaucoup d'enfants est un accélérateur de carrière pour les hommes, alors que pour les femmes, c'est un frein. » Pour féminiser le métier, c'est donc aux femmes et aux hommes de s'affranchir de ces clichés. . 

Le saviez-vous ?

Proportion de femmes parmi les ingénieurs par secteurs d'activité 
40 % travaillent dans l'agronomie et l'industrie agroalimentaire 
29 % dans la chimie 
21 % en physique 
17 % en économie et dans la finance 
12 % dans l'électronique et les télécoms 
12 % dans l'informatique 

 

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