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Apprendre à entreprendre dès le collège

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Savoir compter, c’est bien, maîtriser son orthographe, ce n’est pas mal non plus. Mais ce qui manque en France, c’est l’envie d’entreprendre, de porter un projet. Tel est le constat qu’ont dressé les différents intervenants des journées de l’entrepreneur à Bercy avant de proposer des solutions.

« Après une sélection nationale, nous nous retrouvions aux Etats-Unis, pour le sommet de l’entreprenariat, se remémore Philippe Hayat, président de 100 000 entrepreneurs. Nous, c’était notre association et des élèves d’une grande école française qui défendaient notre projet. Le dossier était bon et le discours nous laissait plein d’espoir. A l’arrivée, nous sommes tombés de haut. Nous avons décroché l’avant avant-dernière place, juste devant l’Azerbaïdjan. Les membres du jury nous ont dit ne pas comprendre notre projet. Transmettre l’envie d’entreprendre aux jeunes de 14 à 25 ans, ils n’en voyaient pas l’utilité tant cette culture était présente chez eux, sans qu’il y ait besoin d’un outil particulier. » Avec son anecdote, Philippe Hayat pose le décor : en France, contrairement à d’autres pays, l’esprit d’entreprise est en berne. « Nous avons le savoir scientifique, des prix Nobel, mais nous ne savons pas innover, je veux dire par là valoriser notre savoir, nos recherches pour en tirer profit », renchérit Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche.

En 2005, d’après le Global Entreprenaurship monitor, 5 % des Français étaient concernés pas le processus de création d’entreprise. Alors que 12 % d’Américains étaient dans ce cas. Mais pour créer des entreprises, il faut l’esprit et c’est ce dont nous manquerions en France, d’après une étude du centre ressources prospectives du grand Lyon.

 

Donner envie aux élèves de porter un projet

Une semaine après que Xavier Bertrand, nouveau ministre du Travail, ait proposé des prépa professionnelles dès la 4 e,, quelques jours après que Bruno Julliard, adjoint au maire de Paris en charge de la Jeunesse, ait défendu l’augmentation de cours individualisés, sur projet, les acteurs économiques ont, lors des journées, de l’entrepreneur, à Bercy, fait entendre leur voix. Et pour eux, il faut dès le collège apprendre aux élèves à entreprendre. Non pas dans le but « de faire de tous les petits Français des entrepreneurs, avertit Pierre Fonlupt, président du directoire du groupe Plus, cabinet de recrutement, mais pour donner aux élèves l’envie de porter un projet. ». « La culture de l’entreprenariat, selon Jérôme Saltet, président de Play-back, créateur et éditeur de produits ludo-créatif, signifie apprendre à être autonome, à faire de ses erreurs, de ses échecs, un atout, une expérience. C’est savoir, mais aussi savoir-faire et apprendre à savoir. »

 

Détruire le mur entre éducation et entreprise

Et à cet effet, chacun veut mettre en place, à son échelle et des outils. Chacun veut aussi détruire le mur dressé entre l’éducation et l’entreprise. Philippe Hayat fait ainsi rentrer les patrons dans les collèges. Un chef d’entreprise vient quelques heures dans une classe, après avoir obtenu l’accord du chef d’établissement et du professeur, pour faire partager aux élèves son expérience. Claude Michelet, président de l’Académie de Paris, bataille aussi pour faire tomber le mur entre les élèves et le monde de l’entreprise. Pour ce faire, il planche sur les programmes. Il a défendu la mise en place pour les lycéens d’enseignements d’exploration au sein duquel l’élève peut découvrir un métier. Cette mesure s’inscrit par ailleurs dans le protocole de 2003, baptisé « développer l’esprit d’entreprise ». Pour Jérôme Saltet, l’initiation devrait même se faire plus tôt. « Pourquoi ne pas parler de droit et d’économie dès la 6 e ? » interroge-t-il. Pierre Fonlupt, quant à lui, veut rapprocher les enseignants et chefs d’entreprise. Son initiative, vieille de 10 ans, « les boss invitent les profs », permet au corps enseignant et aux chefs d’entreprise de débattre ensemble sur leurs attentes et de découvrir leur univers respectifs.

En somme, pour une meilleure éducation, il faut faire tomber les barrières entre éducation et entreprise. Mais la France est-elle prête pour une telle initiative ? Xavier Darcos, alors ministre de l’Education, s’était rendu dans un lycée en Finlande. Dans ce pays, les élèves se consacrent, l’après-midi, à un projet personnel pluridisciplinaire. Il s’était dit impressionné par cette disposition avant de conclure pessimiste. « Ce n’est pas demain que l’on verra cela en France quand on voit les cris d’effroi quand on tente de changer les programmes » rappelle Claude Michelet. Pas pour demain, mais petit à petit, ces initiatives font toutefois leur nid.

Lucile Chevalier

 

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