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Bien choisir son école d'ingénieurs : Cinq questions clés sur les cursus

 | par Thierry Del Jesus

Bien choisir son école d'ingénieurs : Cinq questions clés sur les cursus
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Les écoles vont devoir se réformer pour répondre aux attentes des entreprises et de la société civile. Développement de la recherche, ouverture sociale ou encore création de prépas intégrées figurent parmi les priorités.

1 Faut-il allonger la durée des études ?

aire passer le cursus de cinq à six ans. Cette hypothèse d'un allongement de la durée de formation trotte dans la tête de certains directeurs. Pour eux, cette année supplémentaire permettrait de mieux former les élèves. Une réponse au nombre croissant des savoirs scientifiques à ingurgiter et aux fortes attentes des entreprises sur la dimension comportementale. Mais pour l'instant, la Commission des titres d'ingénieur (CTI) y est clairement opposée. « Si l'on ouvre la boîte de Pandore, tout le monde s'y engouffrera et on risque une surenchère », indique-t-on chez les sages. Dans les faits, certaines écoles ont déjà franchi le Rubi-con. « Le développement des années de césure [une sorte de stage longue durée en milieu de cursus, NDLR] en témoigne, constate Eric Parlebas, le directeur de l'Estaca. Elles permettent aux étudiants de se frotter à la réalité et d'appréhender, concrètement, la complexité des relations humaines dans une entreprise. » Pour mettre tout le monde d'accord, le développement des cursus doctoraux ou de troisième cycle plus courts, à vocation de double compétence, pourrait offrir une issue.
 

 Les cours de chinois font un tabac

Le développement rapide de l'industrie en Chine a une conséquence inattendue : l'explosion de la demande pour des cours de mandarin. 38% des élèves la choisissent, devant l'italien (26 %) et le japonais (17 %), selon une enquête du Bureau national des élèves ingénieurs. « Les étudiants pensent qu'ils pourront ainsi se distinguer, explique Olivier Paccaud, le directeur des études de l'Ecole d'ingénieurs en génie des systèmes industriels de La Rochelle (Charente-Maritime). Cette année, nous avons eu 25 demandes, et cela va croissant. » Même constat à l'Ecole des mines de Paris, où 15 % de la promotion s'est mis aux idéogrammes. En tout, selon le ministère de l'Education nationale, 110 établissements d'enseignement supérieur proposent des cours de chinois (hors enseignement spécialisé). Et la demande devrait encore augmenter : près de 9 500 élèves l'apprenaient dans le secondaire en 2006, contre 4 300 en 2000 (+ 120 %). .
Arnaud Dumas
 


2 Le modèle des prépas est-il dépassé ?

Les futurs ingénieurs peuvent-ils encore se permettre de passer deux ans à bachoter pour un concours au vu des nombreuses compétences qu'ils devront acquérir ensuite à marche forcée ? Bon nombre d'écoles se posent désormais ouvertement cette question restée longtemps taboue. « On demande à l'ingénieur d'être excellent en technique, en savoir-être, de connaître la finance mais aussi le marketing... A-t-on assez de trois ou cinq ans pour le former ? », s'interroge Paul Jacquet, le président de l'INPG et de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (Cdefi). « Dans le cadre des prépas, l'étudiant n'est pas poussé à rechercher le liant entre les différentes matières, contrairement à ce que nous essayons de faire en école », regrette, de son côté, Ronan Stéphan, le président de l'Université de technologie de Compiègne (UTC). C'est en partie vrai. Depuis 1995, les classes préparatoires scientifiques se sont mises à la page en introduisant des sciences de l'ingénieur dans toutes les filières, à l'exception notable de la filière physique-chimie (PC). « Cette matière représente jusqu'à 50 % du volume d'heures de cours. Elle permet d'introduire une culture du doute chez les élèves », plaide Jean-Michel Schmitt, le président de l'union des professeurs en sciences et techniques industrielles.
Mais l'effort reste insuffisant. Un certain nombre d'écoles envisagent donc de créer leur propre prépa. Supméca a lancé en septembre 2006 un cycle de préparation aux études supérieures pour attirer les élèves effrayés par le système classique. Le groupe des écoles des mines expérimente à Douai (Nord) sa première prépa intégrée depuis la rentrée dernière. Quant à l'UTC, qui intègre la moitié de ses étudiants en deuxième ou troisième années, elle ne cache pas sa préférence pour les élèves qui suivent le cursus en cinq ans. « A la sortie, la différence est notable », assure son président.

3 Le doctorat est-il l'avenir de l'ingénieur ?

Le doctorat demeure le parent pauvre des écoles. Même si une étude récente de la CDEFI affirme que 27 % des doctorants ont un titre d'ingénieur, la plupart des établissements dissuadent clairement leurs étudiants de se lancer dans les études doctorales.
En cause ? La très mauvaise valorisation du diplôme par les entreprises françaises. Un ingénieur des Mines, titulaire d'un doctorat, touche ainsi le même salaire que s'il venait seulement de sortir de l'école (bac+5). « Les industriels auront de plus en plus besoin de salariés aptes à comprendre les enjeux de la recherche et de l'innovation, avertit cependant Philippe de Carné, consultant et président des ingénieurs de l'Agro, l'association des anciens diplômés de l'Ina-PG. Les écoles vont devoir se renforcer sur ce créneau. » Dans leur nouveau plan stratégique, les Mines de Douai ont pris ce virage. L'école nordiste entend augmenter le nombre de ses thé-sards de 20 % d'ici à 2010. D'autres devraient suivre, sous l'effet des récentes mesures annoncées par Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche : revalorisation de l'allo-cation de recherche versée par l'Etat, création de 500 postes de « doctorants conseil » au service des entreprises...

Coups de pouce pour les doctorants

Le gouvernement multiplie les initiatives pour revaloriser le statut des doctorants. Avant la rentrée, Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a annoncé une hausse de 8% de l’allocation pour frais de recherche versée par l’Etat à 1650 euros bruts mensuels. Une bonne nouvelle pour les 12000 thésards concernés ! Elle avait déjà augmenté le salaire des 1??200 doctorants effectuant une thèse Cifre (Convention industrielle de formation par la recherche) de 16%, à 1957 euros par mois. Cette petite bouffée d’air a pour but de revaloriser le statut de jeune chercheur et d’inciter les étudiants à pousser leurs études jusqu’à bac+8. Car les doctorants ne jouissent pas toujours d’une image très positive et leur insertion professionnelle reste difficile. Selon une étude de l’Institut de recherche sur l’éducation (Iredu), 11% des docteurs sont encore au chômage trois ans après l’obtention de leur diplôme. Et parmi ceux qui ont trouvé un emploi, un quart a signé un CDD. Pour remédier à cette situation, le gouvernement compte rapprocher les jeunes chercheurs des milieux économiques. Il a créé 500 postes de « doctorants conseil ». Ce dispositif, doté de 2,8 millions d’euros par l’Etat, aidera les universités à commercialiser auprès des entreprises des missions réalisées par des doctorants. A. d.



4 Comment développer l'e-learning ?

Les technologies de l'information et de la communication appliquées à l'ensei- gnement (Tice) restent peu utilisées par les écoles. L'Université numérique ingénierie et technologie (Unit), qui permet de mettre les cours en ligne, compte seulement 40 institutions partenaires sur 223 écoles recensées. Les nouveaux élèves supportant de moins en moins de suivre un cours magistral classique, les campus devront pourtant s'engager dans cette voie. « Les jeunes préfèrent bachoter la théorie seuls et à l'heure qui leur convient », constate Jean-Claude Duriez, le directeur de l'Ecole des mines de Douai. Aubaine, cette évolution libèrera du temps pour développer les enseignements concrets : projets, études de cas...
L'e-learning ne devrait toutefois pas se développer à un rythme forcené. Si l'investissement demeure modique, le changement culturel est de taille. Car ces technologies imposent aux professeurs de revoir complètement leurs supports de cours et leur manière d'enseigner. Elles leur demandent aussi d'être plus disponibles : l'enseignant doit répondre en ligne aux questions des étudiants en dehors de ses heures de cours habituelles.
 


5 Les écoles doivent-elles sortir de l'élitisme ?

D'après notre enquête, 73,3 % des directeurs envisagent d'augmenter le nombre de leurs diplômés dans les cinq ans. L'idée étant d'atteindre un flux moyen de 260 ingénieurs formés par an contre 150 aujourd'hui. Pour monter en puissance, les établissements vont devoir trouver des relais de croissance. L'élitisme semble dépassé. Ce qui ne veut pas dire que la sélectivité sera moins forte. La problématique se pose plus en termes de profils. Réservés majoritairement aux enfants de cadres supérieurs (3 élèves sur 5 d'après la Conférence des grandes écoles), les bancs des écoles devront faire de la place aux jeunes des milieux défavorisés. Cer-tains campus ont déjà noué des partenariats avec des lycées de banlieue. Mais l'ouverture sociale ne suffira pas. La diversité passera aussi par une part plus importante de filles dans les promotions. Elles ne représentent aujourd'hui que 26,2 % des effectifs, d'après notre enquête. Plus rares, certaines écoles se disent prêtes à recruter leurs élèves dans des disciplines non scientifiques. « Des philosophes de haut niveau seraient tout à fait aptes à suivre nos enseignements », confie Ronan Stéphan, un brin provocateur. A ses yeux, leur approche permettrait d'aborder différemment les sujets. Reste à savoir ce qu'en pensera la Commission des titres d'ingénieur. 



 

Centrale Paris fait sa révolution

Exit les disciplines ! Depuis la rentrée 2007, Centrale Paris (1 300 élèves) articule l'ensemble de son cursus autour des grands enjeux de société. La santé, la biologie, les systèmes de communication, la ville, l'énergie ou encore le développement durable servent de fils conducteurs, en parallèle des traditionnels cours de maths ou de sciences de l'ingénieur. Dès la première année, les élèves se frottent à ces thématiques par le biais de conférences et de projets à mener en équipe. L'école installée à Chatenay-Malabry (Hauts-de-Seine) espère ainsi ouvrir l'esprit de ses étudiants et les impliquer plus fortement. L'idée étant qu'ils arrivent en troisième année, au moment de choisir une spécialisation métier, avec une vision plus claire de leur projet professionnel. .
A. d. 

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