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« C'est un grand soulagement de ne plus se sentir à l'écart »

 | par Fabienne Proux

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Marie-Hélène Kania a été embauchée en février sur la plate-forme d'Ima technologies à Nantes. Une nouvelle vie pour cette femme de 47 ans, victime d'un accident de voiture en 1992.

Le sourire de Marie-Hélène Kania en dit long sur sa sérénité retrouvée. Depuis qu'Ima technologies lui a ouvert ses portes en février, cette mère de famille de 47 ans mène enfin une existence comme tout le monde. Paralysée des deux jambes à 33 ans à la suite d'un accident de voiture, Marie-Hélène Kania a dû se reconstruire une vie sur deux roues. Contrainte d'abandonner sa carrière d'éleveur de chiens de race, elle se réoriente vers le secrétariat et travaille quatre ans dans un atelier protégé dans sa région d'origine, l'Alsace. Un stage la conduit à Nantes, où elle décide de s'installer, car l'air marin convient mieux à ses problèmes respiratoires. Mais en quatre ans de démarches, elle essuie une douzaine de refus d'embauche et ne compte plus les candidatures restées sans réponse.

« J'étais abattue, car je devais porter les problèmes d'emploi en plus de ma situation de handicapée », témoigne Marie-Hélène Kania. L'espoir renaît en février 2006 lorsque l'association Cap Emploi, spécialisée dans l'insertion des handicapés, la met en relation avec Ima technologies, qui recrute des téléopérateurs. Non seulement cette entreprise accepte de rendre accessible sa plate-forme téléphonique à une personne en fauteuil en installant des plans inclinés sur les marches, mais, en plus, elle autorise Marie-Hélène à venir travailler avec son chien. « Peyo m'est indispensable, explique-t-elle, il assure ma sécurité si jamais j'ai un malaise, ramasse les objets tombés, ouvre et ferme les portes... »

La filiale d'Ima, le groupe d'assistance niortais commun à la Maaf, la Macif, la Maif et la Matmut, a pris l'habitude d'ouvrir ses offres d'emploi aux handicapés. Un engagement qui vient de lui valoir le Trophée de l'insertion décerné par le Medef de Loire-Atlantique. « La seule condition requise est que la personne puisse satisfaire les exigences du poste, c'est-à-dire savoir écouter et traiter la demande dans un temps raisonnable », explique Valentine Tuloup, DRH. Pour le reste, l'entreprise s'adapte. « Tout est fait pour que je sois à l'aise partout, témoigne Marie-Hélène Kania. C'est un grand soulagement d'être intégrée à une équipe. »

La réadaptation au travail s'est effectuée progressivement : 10 heures par semaine lors de la période d'essai de deux mois, puis 15 heures et, enfin, un CDI de 35 heures depuis la rentrée. Marie-Hélène bénéficie toutefois de quelques petits traitements de faveur. Ainsi, le matin, elle débute son activité à 8 h et elle n'est pas contrainte aux horaires variables comme ses collègues, parce qu'elle dépend du service de transport urbain dédié aux handicapés. Ses temps de pause sont également un peu plus longs afin qu'elle puisse prendre l'air avec son chien, « mais je récupère ce temps dans la journée », prévient-elle. Ces aménagements ne créent pas d'animosité sur le plateau, car « les autres salariés font la part des choses entre leur situation et celle de Marie-Hélène et ils relativisent leurs exigences », souligne Valentine Tuloup, qui conclut : « Au contraire, le fait de mélanger des personnes différentes dans une équipe crée une saine émulation. »



Ce qu'elle apprécie. « D'avoir retrouvé une vie quasi normale en ayant intégré une équipe de collègues avec lesquels discuter. »

Ce qu'elle souhaite. « Que d'autres entreprises aient l'ouverture d'esprit d'Ima, afin que les handicapés ne se sentent pas mis à l'écart. » Tendance Les 119 organismes de placement spécialisés de Cap Emploi ont contribué en 2005 au recrutement de plus de 46 000 travailleurs handicapés, un chiffre stable depuis 2003. Le taux d'emploi des handicapés est estimé à 4 %.

 

Avis d'expert

Josiane Agard, conseil en recrutement et ressources humaines, coach, fondatrice du cabinet AAZ conseil, spécialisé dans les assurances « Le handicap fait peur, car il est méconnu »
- La reconnaissance à part entière des handicapés se fait en premier lieu par l'accès au travail, en tenant compte de la spécificité du handicap et du poste à pourvoir (en adaptant les conditions de travail).
- Les personnes handicapées peuvent apporter beaucoup, tant sur la qualité de leur travail que sur le plan de l'émotion (esprit sportif, combativité, effort soutenu, motivation à réussir...).
- Le handicap n'est pas forcément un frein à la vie sociale. La preuve en est que de nombreux handicapés travaillent et pratiquent une activité physique. Le frein n'est-il pas d'abord la peur de la différence, de deux mondes qui se méconnaissent ? - Plus les salariés côtoieront les handicapés au travail, plus ils les accepteront dans la vie de tous les jours, en comprenant qu'ils ont les mêmes besoins qu'eux, les mêmes envies et les mêmes droits.

 

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