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Ces femmes qui font le tourisme

 | par Linda Lainé

Ces femmes qui font le tourisme
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"Femmes je vous aime", chante à l'envi Julien Clerc. L'industrie du voyage aussi, et pas seulement au comptoir ! De plus en plus de femmes prennent les commandes de leur agence. Sans bruit, mais avec une volonté à tout crin...

La direction bicéphale de Selectour, avec Martine Granier et Gérard Letailleur, relève de l'exception. A cinq jours de la Journée internationale de la Femme, le 8 mars, la parité à la tête des grandes entreprises de tourisme reste une utopie. Pour l'association Femmes du tourisme (17 membres), l'accès aux états-majors demeure trop souvent réservé aux hommes. Le déjeuner-débat qu'elle organise la semaine prochaine avec des grands patrons de l'industrie, sous l'égide du ministère délégué au Tourisme, doit trouver des pistes d'amélioration.
Pourtant, la distribution compte dans ses rangs une écrasante majorité de femmes. Mais plus le grade est élevé, plus les hommes reprennent la main ! Preuve en est, au conseil national du Snav, seulement 12 des 64 membres appartiennent à la gente féminine. Autre statistique éloquente : au comité de direction de Carlson Wagonlit Travel, les femmes représentent 33 % des effectifs, quand la part grimpe à 84 % à la tête des 552 points de vente du distributeur. Selon les réseaux ( voir infographie ci-dessous ), ce pourcentage oscille entre 30 % et 85 %. Preuve qu'elles sont loin d'être mises à l'écart , du moins dans les très petites entreprises. Autant de dirigeantes fonceuses, et forcenées de travail, qui contribuent à construire le tourisme d'aujourd'hui. Et qui doivent, plus que les hommes, prouver sur le terrain leurs compétences...

L'idée d'un temps partiel doit être abandonnée

Modèle du genre, Micheline Teupootahiti, dirige Marne-la-Vallée Voyages (Manor) et est administratrice de l'APS. A 24 ans, en 1986, cette autodidacte fondait son agence. Sans BTS, mais avec l'aide de son premier employeur. Dominique Beljanski, administratrice chez Afat Voyages, a elle aussi un parcours atypique. Après des études supérieures dans le commerce et la publicité, la voilà cadre pendant dix ans dans... l'agroalimentaire. Son expérience dans le tourisme se résume à ses multiples voyages. "Ma secrétaire réservait mes déplacements d'affaires, mon mari nos voyages personnels", s'amuse-t-elle. Il en faudra plus pour la dissuader d'ouvrir son agence, avec l'aide d'une jeune diplômée en BTS Tourisme. "Mon point fort fut mon expérience de cadre, et donc de gestionnaire", estime la gérante de Plein Ciel Voyages.
Car pour devenir patronne, il est nécessaire de bien maîtriser son affaire et son temps. "Une nouvelle organisation doit se mettre en place", concède Betty Sender, gérante de l'agence franchisée Thomas Cook, à Paris xixe. Elle fait tout pour optimiser sa journée... Fini les emplettes au supermarché, elle commande ses courses sur Internet ! Oubliée aussi l'idée d'un temps partiel ! "Monter son entreprise impose de travailler sept jours sur sept, au moins au début", explique-t-elle. Autant avoir la foi, et un fort appui familial. "J'ai deux enfants, de 19 et 14 ans. Ma fille, la cadette, m'a toujours connue chef d'entreprise. C'est difficile à reconnaître, mais je ne l'ai pas réellement élevée. Heureusement, ma maman s'est montrée exceptionnelle, elle m'a beaucoup secondée."
Car entre les journées de travail à rallonge, les soirées VIP, les rendez-vous avec le comptable et les voyages d'étude, le temps est compté. "Si, comme nombre de mères de famille, j'avais dû me contenter des crèches ou des garderies, je n'aurais pas pu concilier ma carrière avec ma vie personnelle."


La place des femmes évolue doucement

Quelle est la place des femmes dans le tourisme, notamment aux plus hauts postes ?
* 90 % des étudiants en BTS Tourisme sont des jeunes filles. Depuis 25 ans, la situation n'a guère évolué, tant les métiers du secteur sont estampillés "féminins". Sur le terrain, les postes à grosses responsabilités sont occupés par des hommes. Mais, il y a eu quelques avancées depuis dix ans. En témoignent les arrivées de Laurence Berman-Clément à la tête de Jet tours et de Martine Granier chez Selectour.
Comment se positionnent-elles ? 
*  Les femmes ont des compétences évidentes, encore faut-il qu'on les reconnaisse enfin à leur juste valeur. Tous secteurs confondus, l'écart de salaires avec les hommes reste de 20 %. La Journée de la femme ressort plus de l'affichage de bonnes volontés. Les pouvoirs publics veulent-ils ainsi se dédouaner ? Je préférerais qu'une telle journée n'existe pas. S'il y avait une véritable parité, ce serait le cas.

 


"Le secteur est tout sauf macho"

Micheline Teupootahiti a elle aussi des semaines plus que bien remplies. "Pendant des années, j'ai travaillé six jours sur sept, 11 à 12 heures par jour", raconte-t-elle, toujours enthousiaste. Ce fut le prix à payer pour mener sa propre barque, et son équipe. "J'ai un enfant, je n'ai pas eu le temps d'en faire un second, avoue-t-elle. On devient chef d'entreprise par passion, c'est un choix personnel."
Michèle Faure, gérante de Courtine Voyages à Avignon (et membre du conseil de surveillance d'Afat Voyages), a préféré attendre avant de se lancer : "J'ai volontairement perdu du temps. J'ai été pendant dix ans salariée de Courtine Voyages, avant de racheter les parts de ma directrice, partie à la retraite. J'avais 41 ans, mes enfants 16 et 18 ans. J'aurais été incapable de diriger mon agence plus tôt, puis d'ouvrir un deuxième point de vente, avec des enfants en bas âge. Il faut du temps pour insuffler une bonne dynamique à son équipe", explique-t-elle.
Sur le terrain, en dépit des idées reçues, ces femmes avouent s'imposer sans grande difficulté en tant que patronne. "Il est juste nécessaire d'avoir du caractère, notamment pour argumenter auprès de son banquier !", note Betty Sender. "Comparé à l'agroalimentaire, le secteur est tout sauf macho", affirme même Dominique Beljanski, chez Plein Ciel Voyages. "Les relations professionnelles avec les hommes dans le tourisme sont agréables. Une femme a autant de chances d'ascension professionnelle que son alter ego masculin, pour peu qu'elle s'investisse." A une condition : pas question de quitter le bureau à 17 heures pour aller chercher les enfants ! "Souvent, les femmes ne se donnent pas les moyens de leurs ambitions. Entre les congés scolaires et les disponibilités pour des rendez-vous chez le médecin, elles se créent des contraintes dont les hommes ne s'encombrent pas", estime encore Dominique Beljanski.


Une organisation au cordeau

Reste qu'il est sans doute plus difficile pour une femme de trouver l'équilibre entre famille et boulot. Dominique Beljanski a su s'épanouir dans sa vie de couple. "Je suis mariée depuis 25 ans avec le même homme, dont j'ai eu deux enfants !" Pour elle, diriger son affaire est une question de volonté ! Michèle Faure, de Courtine Voyages, enfonce le clou : les femmes n'ont pas toutes envie de prendre du galon. Il ne faut pas se forcer, mais le vouloir. "Mieux vaut bien jauger ses ambitions, et le moment le plus opportun pour les réaliser."
Quitte à marquer une pause, à l'image d'Antoinette Raymond. Elle dirigeait une agence avec son mari, avec bonheur. "En 1989, à la demande de mon époux, et en plein accord avec lui, j'ai revendu mes parts pour élever mes quatre enfants", explique-t-elle. Quelques années plus tard, l'univers du tourisme commençait à lui manquer. "Au décès de mon mari, j'ai donc créé Verseau Tourisme, à Ormesson-sur- Marne." Et depuis huit ans, elle est administratrice du réseau Tourcom. Autant de responsabilités qui supposent une organisation au cordeau, avec par exemple une femme de ménage à domicile. C'est le prix à payer pour réussir... "J'ai toujours habité à 5 minutes de mon lieu de travail. Si un enfant tombait malade, je pouvais rapidement le rejoindre. A l'inverse, je pouvais être à l'agence au plus vite en cas d'urgence", ajoute-t-elle.
Pour Antoinette Raymond, le couple reste toutefois la meilleure solution pour manager une entreprise, hommes et femmes sont complémentaires. Même chose au comptoir. Plusieurs dirigeantes regrettent d'ailleurs que la mixité soit aussi rare parmi les vendeurs. Micheline Teupootahiti emploie uniquement des femmes - un grand classique dans la distribution, à son grand dam. "C'est une question de salaires. Les hommes aspirent à des métiers plus rémunérateurs. C'est la raison pour laquelle ils travaillent davantage chez les producteurs, notamment", regrette-t-elle. Avis aux étudiants en BTS Tourisme ! 
 

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