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Comment intégrer les meilleurs MBA mondiaux

 | par Lucile Chevalier

Comment intégrer les meilleurs MBA mondiaux
Philippe-Oster
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MBA : ces 3 lettres ne font plus autant d’effet sur un CV. Sauf si on y accole les références bien installées des meilleurs MBA des classements mondiaux que sont Harvard, Stanford, Oxford, London Business School ou l’Insead. Mais pour s’y faire accepter, la sélection est rude. Car les candidats cherchent une formation développant leur carrière. Alors que les établissements sont en quête d’ambassadeurs promouvant leur nom. Voici notre stratégie en 4 étapes pour concilier cela.

Au début des années 2000, la demande de diplômés de MBA augmentait de 15 % par an. Mais 15 ans après, QS Intelligent table sur une hausse de 3 % en Europe occidentale, de 5 % dans le reste de l’Europe, de 9 % en Amérique du Nord, de 8 % en Asie. Horreur ! Sous l’effet d’une offre devenue pléthorique, les 3 lettres du MBA (Master of Business Administration) ne font plus autant d’effet sur un CV. À moins d’y accoler le nom de quelques campus qui résistent encore et toujours à la banalisation : Harvard, Stanford, Wharton, London Business School, IESE ou l’Insead. 3 mois après avoir décroché un de ces MBA, la grande majorité (au minimum 8 diplômés sur 10) ont été recrutés et ont vu leur salaire doubler, selon la dernière étude du Financial Times.

Seul vrai souci : il faut franchir les barrières de la sélection. Seulement 1 candidat sur 10 est admis à Harvard ou 1 sur 6 à la London Business School. Car si le candidat cherche une formation qui boostera sa carrière, les écoles sont en quête d’ambassadeurs pour leur marque. Ils veulent de « futurs leaders qui pèseront à la tête d’une start-up ou au sein d’une multinationale », souligne le comité de sélection du MBA de Harvard. Des individus qui « changeront les vies, les organisations, le monde », s’emporte Stanford dans son slogan. Ou plus sobrement des « dirigeants ou entrepreneurs réfléchis, brillants », précise l’Insead.

 

Étape n° 1 : un projet professionnel ambitieux

Pour réussir à pénétrer ce saint du saint, la première étape consiste à rassurer les jurys sur l’avenir, en proposant un projet professionnel ambitieux et solide. Dans tous les dossiers de présélection, les candidats écrivent une petite note, ou « essay » comme on dit dans le monde des MBA, expliquant pourquoi un MBA, pourquoi maintenant, pour quoi faire et pourquoi précisément ce MBA. Cette épreuve est souvent décisive. L’argumentaire se structure ainsi : je suis à un point A. Je veux arriver à un point C (décrocher un poste stratégique au sein de mon entreprise ou lancer ma société). Pour cela, il faut que je passe par le point B (un ou deux MBA repérés). Pour nourrir le fond, une enquête est conseillée. « Il faut déjà regarder comment ont évolué les anciens diplômés, guide Daniel Porot, spécialiste de la gestion de carrière. L’Insead offre de belles carrières dans le conseil. Pour la finance, c’est plutôt Harvard ou la London Business School. Pour l’industrie, il faudra préférer  l’IMD. Il faut ensuite interviewer des anciens et aller sur place. En d’autres termes, éprouver son projet avec des informations concrètes. » C’est la meilleure manière de se distinguer par la suite. On peut être un ingénieur argumentant, dans son essay, que l’on ambitionne de s’améliorer en management. Puis préciser que le MBA de HEC, très sérieux, très complet est une bonne carte de visite pour y arriver. On peut aussi, toujours ingénieur, visiter le plateau de Saclay, jauger le potentiel de partenariats possibles avec les start-up, les laboratoires de recherche et considérer que le MBA de HEC sera un atout de poids pour son projet d’entrepreneuriat dans les nouvelles technologies. Il y a fort à parier que le second, futur leader, sera préféré au premier.

 

2e étape : montrer « de l’excellence » 

Ce potentiel, les comités de sélection en cherchent aussi les germes dans le passé des candidats. « On vérifie qu’il est en capacité de mener son projet, explique Philippe Oster, directeur du développement et des admissions des MBA de HEC. On regarde pour cela le parcours académique (au minimum un Bac +3), le parcours professionnel (au minimum 3 ans d’expérience), la progression professionnelle et l’ouverture internationale ». Telle est la deuxième étape : prouver au jury que « vous avez montré de l’excellence », comme on le formule à la London Business School. Après avoir été major de sa promo dans une grande école, le candidat admis « a managé des équipes, géré un centre de profit ou dirigé une start-up », explique Viriginie Fougea, directrice associée des admissions au MBA de l’Insead. Si vous n’êtes pas parfait, que vous êtes diplômé d’une école de catégorie B, il faudra mettre en avant votre progression professionnelle. Si l’expérience pèche, il faut démontrer votre énergie. « Nous avons intégré des médecins qui terminaient leur internat. Ils avaient montré leur potentiel de leader dans des activités extra-estudiantines en organisant des concerts, ou en planifiant une expédition au Kilimandjaro », poursuit Virginie Fougea.

 

3e étape : peaufiner sa présentation

Une fois ces compétences démontrées, il faut peaufiner la présentation. Un bon leader est un bon communicant. Ce qui ne semble pas vraiment acquis pour les Français, à en croire Pierre Le Fillatre, ex-étudiant français. Il a commencé sa carrière à la City de Londres avant d’être admis au MBA de la London Business School. « Nos compatriotes peuvent s’embourber dans un discours technique et froid. Les pays anglo-saxons aiment la concision et la couleur. Il ne faut pas hésiter à romancer dans ses essays. Pour raconter son plus grand succès, il faut schématiquement consacré 1/3 pour la situation initiale et l’élément perturbateur, 1/3 sur votre réaction et 1/3 sur le résultat », explique-t-il. Et pour l’oral ? « On jauge ce que le candidat apportera à sa promotion. Il faut qu’on sente qu’il ait envie de transmettre. La manière dont il s’exprime, dont il structure sa pensée sont de précieux indices », conclut Ingrid Marchal-Genz, menant quelques-uns des entretiens de sélection du MBA de Londres. 

 

4e étape : bachoter pendant un semestre

Enfin, il faudra bien à un moment bachoter. Les jurys de sélection s’assurent que les futurs admis pourront suivre ce cursus intensif, pluridisciplinaire et en anglais. Pour jauger de la maîtrise de l’anglais, ils s’appuient sur le TOEFL, un score minimal de plus de 100 est exigé. Pour mesurer les capacités analytiques des candidats, ils s’appuient sur un test qui s’appelle le GMAT. Tous disent qu’il n’y a pas de score minimal pour être reçus. Dans les faits : les admis au MBA de Stanford ont obtenu entre 550 et 790 points sur 800, les reçus au MBA de Londres entre 600 et 790 points. À l’Insead, la moyenne est de 702 points. Lisa Kharoubi, élève au MBA de HEC recommande vivement de « s’entraîner de manière intensive pendant un mois ou deux aux exercices, pour s’habituer au format, au cadre de raisonnement et pour tenir le délai ». À voir les énoncés, on comprend mieux. Par exemple, « Si 10 gallons de jus de raisin sont ajoutés à 40 gallons d’un mix comprenant 10 % de jus de raisin, alors combien de pourcents de jus de raisin comprend la mixture finale ? A. 14 %, B. 25 %, C. 28 %, D. 30 % ou E. 50 % ». En résumé, tous les interviewés le conseillent, pour bûcher sur le projet professionnel, sa présentation et bachoter le GMAT, il faut compter entre 6 et 7 mois de préparation. Dernier point : la bonne réponse est 28 %.

 

Lucile Chevalier

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