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Comment j'ai remotivé mon équipe

 | par NATHALIE TRAN

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Management - Observer la façon dont l'équipe travaille et rencontrer chaque collaborateur est indispensable pour comprendre les leviers de leur motivation et redonner de l'enthousiasme.

Lorsque Valérie Vendeville prend les rênes d'Auchan Saint-Sébastien (44) en 2005, elle se retrouve face à une équipe démotivée. Échaudés par dix ans difficiles avec des résultats toujours en baisse, les 400 salariés s'étaient installés dans une sorte de fatalisme. « On leur avait promis pendant tant d'années une embellie qui n'était jamais arrivée qu'ils n'y croyaient plus. Le management avait perdu sa crédibilité », se souvient-elle. « Des insuccès répétés peuvent faire douter un collectif, concède Denis Cristol, responsable de la formation continue Advancia-Negocia. Tout comme une organisation inefficace ou des objectifs inaccessibles. »

Aujourd'hui, Valérie Vendeville a redonné confiance aux salariés, le magasin a retrouvé la croissance, et il affiche la meilleure progression de tous les Auchan : « Désormais, on m'envie mon équipe. On est passé du fatalisme au participatif. Mon indicateur, c'est le sourire des collaborateurs, on voit qu'il y a de l'énergie dans le magasin. Mais rien n'est jamais acquis. »

En effet, avoir une équipe motivée est un travail quotidien. « Si mon équipe n'est pas motivée, il peut y avoir des facteurs qui ne dépendent pas de moi, comme les conditions de travail, mais je me dis aussi que c'est parce que je n'ai pas managé les collaborateurs », reconnaît Jean-Louis Muller, directeur à la Cegos.

Alain Vivier a vécu, lui aussi, sa première reprise d'équipe. Quand on lui confie, il y a environ un an, la direction du Kiabi de Besançon, il hérite d'un magasin en perte de vitesse et de collaborateurs usés : « Le dirigeant précédant était démissionnaire depuis un an, les managers livrés à eux-mêmes, et le magasin avait perdu 1 demi-million d'euros de chiffre d'affaires. » Il a fallu presque un an pour remettre la machine en marche. « L'équipe était réticente, mais nous avons rattrapé notre chiffre d'affaires, les résultats économiques sont même meilleurs que prévu. »

Une phase d'observation

Il a fallu remonter le moral des troupes. Avant de prendre toute décision, Valérie Vendeville et Alain Vivier ont pris le pouls. « Plutôt que de lancer immédiatement des projets qui auraient déçu, j'ai rencontré tout le monde, en individuel ou en minigroupes », raconte Valérie Vendeville. La phase d'observation, qui a duré trois mois, a permis d'identifier les moteurs de la motivation de chacun. « Ce sont ces rendez-vous avec les salariés qui m'ont donné les pistes d'action », confie-t-elle. Sa méthode : un management énergique et stimulant qui responsabilise les collaborateurs. « J'ai appliqué les trois S : du sens, du souffle et de la structure », schématise Valérie Vendeville. Ce travail, qui a demandé beaucoup d'énergie, a occasionné de nombreux échanges et réunions pour expliquer, réaffirmer son action, installer de nouvelles règles : « Quand on libère de l'énergie, on arrive à des choses formidables. Les collaborateurs ont besoin de sentir que le patron a la main. »

Alain Vivier a aussi beaucoup basé sa reprise en main sur la proximité. Pour donner des points de repère et un nouvel enthousiasme, il institue des réunions. De quotidiennes au début, elles se sont espacées petit à petit jusqu'à devenir mensuelles : « Aujourd'hui, le rendez-vous est attendu et non plus appréhendé. Je suis là pour les aider à formuler eux-mêmes des propositions, mais surtout pas pour leur dire comment faire. » Sa méthode consiste à définir des objectifs à l'année, qu'il découpe en saisons, en mois, en semaines et en jours pour toujours donner envie. Le collaborateur suit ses résultats et peut rattraper son retard, plutôt que de se rendre compte en fin d'année qu'il n'a pas atteint ses objectifs.

Valoriser l'équipe

« Il faut redonner du plaisir, réinstaurer le jeu dans le collectif et l'individuel », souligne Christophe Besche, directeur de région Nord-Est de Kiabi. Selon Denis Christol, la remotivation passe aussi par une redéfinition des liens entre les membres. Projet suivi en binôme, mise en place de groupes de travail... Tous les moyens sont bons lorsqu'ils soudent l'équipe. Dans cet esprit, Valérie Vendeville a impliqué ses équipes dans une démarche de développement durable avec, pour priorité, une politique en faveur des handicapés et des actions pour l'environnement, dont le succès a rendu sa fierté à l'équipe.

« Remotiver passe aussi par un changement de regard de l'environnement. En valorisant l'équipe auprès du reste de l'organisation, le sentiment de compétence va se renforcer et la motivation va croître. L'équipe sera perçue par les membres comme un moyen d'atteindre ses propres objectifs », constate Denis Cristol. « Il faut être un chef impresario et parler de son équipe dans l'entreprise », confirme Jean-Louis Muller. Selon lui, il n'existe pas de recettes miracle. « Il faut s'adapter à ses collaborateurs, surprendre le bon travail et donner des signes de reconnaissance positive. »

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