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Comment maintenir les seniors dans l’emploi ?

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La population européenne vieillit. Et pourtant, les entreprises boudent les seniors : une main-d’œuvre qui serait trop usée et trop chère. Il y a urgence, il faut généraliser les initiatives de maintien des seniors en emploi, alerte le Fond social européen, dans un colloque tenu aujourd’hui.

« Il y a quelques années, quand je travaillais dans l’organisme britannique équivalent à votre Pôle emploi, je voyais les employeurs arrivant avec une requête en bouche : ‘ je veux embaucher une personne de moins de 40 ans’ », glisse de manière anecdotique, Ken Lambert, aujourd’hui chef de la gestion du Fond social européen (FSE) en Angleterre. Le ton du colloque du FSE, tenu ce matin sur l’emploi des seniors, est donné : les entreprises se méfient des seniors. Ils boudent cette main-d’œuvre trop chère et aussi « considérée, des fois, à raison, comme trop usée par le travail », renchérit Michel Parlier, responsable du département « Compétences, travail et emploi » à l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail. En 2009, la moitié des chômeurs longue durée était des seniors. Pourtant, les entreprises ne pourront se permettre longtemps le luxe de bouder les + de 55 ans. En 2050, 1 Européen sur 3 aura plus de 60 ans, et l’âge moyen du citoyen européen atteindra les 49 ans contre 39 aujourd’hui, anticipe l’Eurostat. Il y a urgence. Pour faire tomber les préjugés, et renouer le lien entre travail et âge avancé, différents acteurs européens ont exposé leurs initiatives engagées. Tour d’horizon de modèles à suivre.

 

En France

En France, chez Spie nucléaire, les seniors encadrent les apprentis. « Ils ont une expérience, une expertise. Il serait bête de ne pas profiter de cette richesse », analyse Antoine Gentile, DRH au sein de cette entreprise spécialisée dans la fabrication, le retraitement du combustible nucléaire et du stockage des déchets. Pour profiter au mieux de ces compétences, la société a mis en place un système de tutorat. Un apprenti est encadré par un senior volontaire. Aujourd’hui, 83 tutorats ont été mis en place. « Nous oeuvrons dans le secteur du BTP, et dans ce secteur il y existe une tradition forte de la transmission du savoir, un héritage du compagnonnage. Nous n’avons donc pas eu du mal à trouver des volontaires. Et je constate même qu’un an après, de fortes relations se sont nouées entre seniors et apprentis, presque un paternalisme. Il faut aussi dire que pour les seniors, cela les motive énormément d’accompagner des jeunes. Beaucoup m’ont dit : ‘ j’étais prêt à partir en retraite, mais en accompagnant un jeune , je peux rester 2 ou 3 ans de plus », poursuit, enthousiaste, Antoine Gentile.

 

En Grande-Bretagne

En Angleterre, TAEN use des médias pour faire tomber les idées reçues. « Nous multiplions les initiatives de communication pour faire rentrer dans la tête des gens que les travailleurs d’un certain âge ne sont pas un poids mais une richesse. Nous sommes sur Twitter, avons un site internet avec des flash info. Et le 6 avril prochain, nous publions même des guides sur le sujet », expose Chris Ball, directeur général du réseau anglais de management des personnes âgés. Il y aura deux guides, l’un destiné aux seniors pour les aider dans leur démarche. « Il n’est pas facile pour une personne qui a travaillé entre 15 et 20 ans dans la même boîte de se remettre dans le marché du travail. C’est tellement loin, qu’elle ne sait plus comment faire pour se vendre, et n’a pas conscience de ses compétences », pointe Chris Ball. L’autre ouvrage est destiné aux entreprises.

 

En Italie

En Italie, un observatoire apporte un recul aux entreprises sur leur politique d’emploi envers les seniors. « Quand l’on jette un œil sur les graphiques démographiques de l’OCDE, l’on est frappé de voir la courbe des âges grimper. On s’en alarme, on en parle. Et pourtant, sur le terrain aucune mesure n’est votée pour maintenir les seniors dans l’emploi », constate, amer, le docteur Francesco Marcaletti, coordinateur du projet « réseau laboratoire sur le vieillissement actif ». Il fallait, selon lui, faire prendre conscience aux entreprises de ce problème, et cela à un niveau local, sur le terrain. Ainsi est né le projet. Dans la province autonome de Trente, il existe aujourd’hui un laboratoire de recherche dédié à l’étude du vieillissement de la population active au niveau local. L’on y suit les processus de vieillissement et les initiatives prises en faveur des seniors. Les bonnes pratiques sont analysées, promues, et recommandées aux acteurs du monde de l’entreprise.

Lucile Chevalier

 

 

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