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Comment racheter ses trimestres de retraite

 | par Emmanuelle Souffi

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Le désir de partir avant 65 ans et la crainte de devoir cotiser plus longtemps incitent les salariés à racheter des trimestres de cotisation pour gommer une entrée tardive sur le marché du travail ou des trous de carrière. Cinq questions pour ne pas se tromper.

Partir à la retraite avant 60 ans quand on a commencé à travailler à 24 ressemble de plus en plus à une utopie. A moins de racheter des trimestres de cotisation. C'est toute la philosophie des versements pour la retraite (VPLR) créés par la loi Fillon d'août 2003. Initialement limité aux assurés d'au moins 54 ans, le rachat de trimestres au titre des années d'études ou des années incomplètes est ouvert depuis le 1er janvier dernier à tout assuré de 20 à 60 ans. Objectif : partir avant 65 ans. Soit en améliorant son taux de liquidation pour se rapprocher du taux plein (50% du salaire moyen des 25 meilleures années en 2008). Soit en jouant également sur la durée de cotisation. Coûteux, ce dispositif - géré par la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) - s'adresse surtout aux cadres ayant démarré tard dans la vie active.

Pourquoi se lancer dans l'opération ?

Cadre dans une grande entreprise, Francis*, 57 ans, sent le vent tourner et les perspectives d'évolution s'éloigner. Difficile dans ces conditions de « tenir » jusqu'à 63 ans, âge de son départ en retraite. Il a donc racheté en 2005 douze trimestres correspondant à ses études de droit, ce qui lui permettra de s'arrêter à 60 ans. Horizon bouché ou projets personnels, les salariés qui veulent améliorer leurs droits à pension cherchent avant tout à partir plus tôt. Surtout ceux qui ont eu des débuts de carrière chaotiques (enchaînement de CDD, études longues...). « Les versements pour la retraite permettent de gommer les entrées tardives dans la vie active, commente Annie Rosès, directrice de la retraite et du contentieux à la Cnav. On gagne du temps et un montant de retraite supplémentaire. »

Mais la décision ne doit pas être prise à la légère. « Il y a des arbitrages personnels à faire », poursuit-elle. Vu le coût du dispositif, mieux vaut afficher une situation familiale stable, ne plus avoir d'enfants à charge, ni de crédits sur le dos... Et surtout être en bonne santé. « C'est un pari sur l'avenir », résume Alain *, qui a racheté trois trimestres. Ce chef de service dans la sidérurgie de 56 ans se souvient encore d'un collègue décédé cinq mois après avoir pris sa retraite et qui avait déboursé 40 000 euros pour cesser son activité... plus tôt.

Quelle a été ma carrière ?

Etablir une photographie précise de son passé professionnel est un passage obligé pour être sûr de faire le bon choix. « Le pire est de racheter des années d'études alors qu'on aurait pu acquérir des trimestres cotisés à l'étranger ou en tant qu'apprenti qui coûtent nettement moins cher ! », souligne Marc Darnault, associé au cabinet Optimaretraite, spécialisé dans l'optimisation des droits à la retraite. Un coup d'oeil dans le rétroviseur permet d'évaluer sa situation et de combler les manques. A chaque demande de VPLR, la Cnav élabore un relevé de carrière. Un bon moyen pour contrôler les périodes validées et relever les oublis ! En scrutant son relevé, Alain s'est ainsi aperçu que son service militaire n'avait pas été pris en compte. Parti en coopération, il a pu récupérer six trimestres. Autre bonne surprise : les jobs d'été effectués à l'étranger durant sa jeunesse. Il a racheté les cotisations versées en dehors de France pour moins de 600 euros les trois trimestres. Contre 11 000 euros pour trois mois acquis au titre de ses années d'études...

Enfin, compte tenu de la décote - une minoration s'applique pour chaque trimestre manquant - pas la peine de se lancer si on est loin des 40 ans de cotisation requis pour une retraite à taux plein. S'il manque plus de vingt trimestres rachat compris, le retour sur investissement est quasi nul.

A quel âge racheter ?

Toute la difficulté consiste à se lancer au bon moment. Ni trop jeune, car l'assuré n'a pas le recul suffisant pour appréhender sa carrière future. Ni trop vieux car la facture grimpe avec l'âge. « Il y a toujours un risque à acheter trop tôt ou trop tard, prévient Marc Darnault. Il faut se déterminer en tenant compte de critères personnels et de l'évolution de la législation. »

Les menaces qui pèsent sur la pérennité du système incitent parfois à l'anticipation. Francis a poussé ses trois enfants à valider leurs années d'études par crainte de ne pas pouvoir le faire après 2008, suite aux négociations prévues sur les retraites entre les partenaires sociaux. Selon les experts, 45 ans serait l'âge idéal pour commencer à s'interroger. Car un quadra a généralement une vision plus claire de son avenir.

Comment choisir les périodes à valider ?

Règle simple : un trimestre racheté équivaut en moyenne à un de moins à travailler. Partant de là, deux périodes peuvent être validées : les années d'études supérieures (classes préparatoires, BTS, licence...) ou les années incomplètes, dans la limite de douze trimestres. Sachant que dès lors qu'un trimestre a été cotisé, les trois autres peuvent être rachetés. Utile pour compléter un CDD ou un congé sans solde.

En fonction de l'évaluation de la Cnav, le choix se portera sur l'une ou sur l'autre des options. Jean-Pierre Forbé, cadre chez France Télécom, pensait au départ racheter ses années d'études d'ingénieur. « Mais la Cnav fait une application rigide des textes, regrette cet homme de 58 ans. Si vous avez travaillé pendant votre scolarité, vous ne pouvez pas bénéficier du système. » Et tant pis si les sommes sont dérisoires. Les 45 francs gagnés en 1969, puis les 250 entre 1970 et 1974 ont suffi à l'exclure. Heureusement, ce cadre a pu améliorer ses droits en finançant dix-huit mois de cotisation manquants.

Il est ensuite possible de racheter des points dans les régimes complémentaires : au maximum, 210 points à l'Agirc (cadres) et 210 à l'Arrco (non cadres) . Mais attention, cette option n'est ouverte qu'aux assurés ayant acquis des droits au titre des années d'études dans le régime général. Très peu y ont recours : 54 depuis 2004 chez Médéric, l'un des leaders de la protection sociale complémentaire.

Combien ça coûte ?

Un clic sur le site de la Cnav (www.retraite.cnav.fr) suffit à donner quelques sueurs froides quand s'affiche l'évaluation ! Car le coût d'un VPLR peut paraître prohibitif. Il varie selon l'option choisie, l'âge et les revenus d'activité trois ans avant la demande. Dans tous les cas, quand il s'agit juste d'améliorer le taux de liquidation de la pension, le prix est moins élevé. Ceux qui veulent en outre gonfler leur durée de cotisation doivent débourser davantage. Pas toujours intéressante, cette dernière option est moins souvent retenue par les assurés. Alain aurait ainsi dû débourser 4 500 euros de plus pour augmenter sa pension de 20 euros par mois !

Le coût dépend également de l'âge de l'assuré. Plus on est jeune, moins c'est cher. Les prix, réévalués tous les ans, vont de 949 à... 5 766 euros le trimestre ! Une facture allégée grâce à un coup de pouce fiscal : les sommes versées sont intégralement déductibles du revenu global imposable. Jacques Hennebille, cadre chez Snecma Services, a vu sa tranche d'imposition diminuer. Quant à Nicolas*, il bénéficie de nouveaux droits (chèques vacances...) qui lui échappaient jusque-là compte tenu du montant de son impôt sur le revenu. Au final, pour trois trimestres rachetés à 8 130 euros, ce cadre dans l'agriculture déboursera 4 500 euros net. Et il partira à 63 ans au lieu de 66. Plutôt incitatif.

Surtout que le paiement peut être étalé sur un, trois ou cinq ans. Ce qui permet aussi de lisser l'avantage fiscal. Seule condition : solder sa dette avant le départ en retraite. Sachant que les régimes complémentaires valident les rachats sans surcoût. « Dès lors que le régime de base accorde la retraite à taux plein à 60 ans, nous faisons de même », résume Elisabeth Gallice, responsable de la gestion des droits à la retraite chez Médéric.

Pour inciter les salariés âgés à cesser leur activité, quelques rares employeurs (Nestlé, Snecma...) participent aux VPLR, notamment dans le cadre de plans de sauvegarde de l'emploi. Le cofinancement peut être inscrit dans un accord d'entreprise ou bien négocié dans le cadre d'un départ volontaire.

A chacun donc de faire ses comptes... En fonction de sa situation familiale et de son patrimoine, le recours à l'assurance-vie ou à un plan d'épargne retraite populaire peut être plus - ou moins - indiqué. .

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