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Comment travailler en Allemagne

Comment travailler en Allemagne
Barbara Pasquier.
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Barbara Pasquier, journaliste vivant entre la France et l’Allemagne, est auteur de « Travailler et vivre en Allemagne ». Elle explique pourquoi et comment trouver un emploi en Allemagne. Un pays frontalier mais parfois à des années lumières de la France.

 

« Il existe de nombreux intérêts de venir travailler en Allemagne. Tout d’abord, son économie est florissante et ses entreprises font partie, dans certains secteurs, des leaders du marché mondial. Tant et si bien que les besoins en main d’œuvre ne sont pas tous couverts par la population allemande. C’est le cas, par exemple, des secteurs de l’industrie dont les microtechnologies, les hautes technologies, la mécanique ou l‘automatisme. Les employeurs allemands recherchent alors des ingénieurs et des techniciens. D’autres secteurs plus classiques comme l’automobile, la chimie, la pharmacie ou l’électronique disposent aussi d’opportunités d’emploi pour des Français. Les télécoms, la logistique, l’aéronautique recherchent aussi des profils pointus tout comme le secteur des énergies et des énergies renouvelables. Toutes ces branches de l’activité économique recrutent des hommes et des femmes disposant au moins d’un Bac +2. C’est aussi le cas de la grande consommation ou des industries agroalimentaires. Ensuite, une expérience allemande est très appréciée sur le marché du travail français. Cela permet d’apprendre l’allemand. Il y a très peu de Français capables de parler cette langue et sachant travailler avec des Allemands. Une expérience outre-Rhin permet aussi d’acquérir une culture internationale.   Enfin, vivre en Allemagne est aussi l’occasion de se mouvoir dans un environnement très agréable. Les villes comme Dusseldorf, Francfort ou Munich sont régulièrement classées parmi les 10 premières villes mondiales où il fait bon vivre. Ce sont des agglomérations sympathiques où il y a un bon équilibre entre le travail pour un conjoint, la taille de la ville, les équipements, peu d’embouteillage et des loyers abordables ».

 

Quels sont les prérequis indispensables pour travailler en Allemagne ?

BP : « Pour un employeur allemand, un bon candidat français doit disposer de bonnes compétences dans son secteur. Elles doivent être validées par un diplôme d’un niveau Bac +2 et plus. Le candidat idéal doit bien parler allemand et être capable de se débrouiller en anglais. S’il ne parle pas allemand, un candidat peut être recruté à condition de s’exprimer parfaitement en anglais. C’est-à-dire pouvoir participer à une réunion en anglais. Dans un meeting, s’il y a une personne qui ne parle pas allemand, tout le monde passera en anglais. L’anglais est donc suffisant pour les secteurs en pénurie d’emploi. Mais si l’on souhaite progresser dans une entreprise, il faudra apprendre l’allemand. Les Allemands apprécieront d’ailleurs qu’un Français fasse l’effort d’apprendre leur langue. Le bon candidat devra être flexible et avoir une appétence pour l’international ».

 

Quelles sont les premières démarches à effectuer si l’on veut travailler en Allemagne ?

BP : « Pour trouver du travail, il faut s’appuyer sur des réseaux franco-allemands comme le site connexion-emploi ou sur emploi-Allemagne. Le candidat à l’expatriation peut aussi rencontrer des cabinets de recrutement comme GBO human ressources, IMS ou Eurotriade. Les réseaux sociaux type Linkedin sont aussi une autre source d’emplois. Le réseau le plus connu en Allemagne est Xing. Il est indispensable d’y déposer son profil en allemand et/ou en anglais. Il faudra ensuite rédiger un CV. Il sera en allemand si on pratique cette langue. Dans le cas contraire, je conseille de l’écrire en anglais. Le mieux est de le rédiger dans les deux langues. Mais il ne faudra pas proposer un CV en français. On pourra aussi se rendre dans un salon (une Messe) dans son domaine d’activité. C’est un excellent moyen de sentir le marché notamment dans le développement durable et l’énergie ».

 

Comment postuler ?

BP : « Le candidat doit envoyer un dossier de candidature à l’entreprise visée. Ce dossier est constitué d’un CV bien documenté de deux à trois pages avec une lettre de motivation et des annexes. Ces dernières sont constituées des documents certifiant tout ce que l’on avance. Il s’agira des diplômes, des travaux de recherche, des lettres de références. Il est aussi de bon ton d’envoyer une photo-portrait réalisée par un photographe professionnelle. C’est un tirage de qualité qui peut atteindre les 10 cm de large ».

 

Quels atouts mettre en avant pour travailler en Allemagne ?

« Les recruteurs allemands ne connaissent pas le fonctionnement des grandes écoles à la française. Alors si l’on est diplômé d’une telle école, il faut l’expliciter. Pour les diplômés d’universités, c’est plus facile car ces établissements sont la référence en Allemagne. Il faut aussi faire attention à ne pas se survendre auprès des recruteurs. C’est un travers français selon les Allemands. Il faut mettre en avant les compétences que l’on possède, pas celles que l’on va acquérir. Les employeurs allemands s’attendent à ce que le candidat réalise le lendemain le travail qu’il a précisé savoir faire. S’ils se rendent compte que vous ne savez pas faire telle ou telle chose, on ne vous fera plus confiance et on vous remerciera avant la fin de la période d’essai. Se survendre est la pire chose à faire en Allemagne ».

 

Quelles sont les différences dans la vie en entreprise entre la France et l’Allemagne ?

BP : « Il y a de nombreuses différences entre la France et l’Allemagne. Je peux en énumérer quelques unes. Outre-Rhin, il n’est pas bien vu de rester tard le soir. Cela montre son inefficacité. Le travail collectif est aussi très important. Toute décision est discutée collégialement. Il est inconcevable de vouloir renégocier des points d’un accord décidé collégialement. Il y a aussi des différences sur les circuits d’information. La rétention d’information ne se fait pas en interne. Il faut communiquer avec ces collègues. Cela passe par l’écrit. On mène les phases de manière successive. Enfin, la ponctualité n’est pas une légende. Une réunion prévue à 8h 15 débute à 8 h15. Pas question d’arriver systématiquement en retard ».

 

Quelles sont les différences salariales ?

BP : « Ces différences ne sont pas très importantes. Certes, le brut est, en moyenne, plus élevé que le brut français. De l’ordre de + 30 %. Mais avec les impôts qui sont retirés à la source et la protection sociale, les salaires nets finissent par être équivalents ».

 

Quelles erreurs sont à éviter dans le monde du travail allemand ?

BP : « Il peut y en avoir de nombreuses. En voici quelques unes. Il est déconseillé de faire de l’ironie dans une discussion sérieuse. En Allemagne, il y a un temps pour travailler et un temps pour s’amuser. Il faudra aussi éviter d’enfreindre les règles de la vie collective. Outre-Rhin, si le feu piéton est au rouge et qu’il n’y a pas de voiture, on ne traverse pas. On paye aussi son café quand on en boit un. Même s’il est mis à disposition sans contrainte. Même s’il n’y a personne pour vérifier que le paiement a bien eu lieu ».

  Propos recueillis par Gwenole Guiomard

« Travailler et vivre en Allemagne », de Barbara Pasquier, 450 p, Lextenso éditions, 39,9 euros.

 

 

 

 

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