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Confinement, télétravail et burn out, l’avis d’un psychiatre

 | par Christine CATHIARD

Confinement, télétravail et burn out, l’avis d’un psychiatre
Le terme n’est pas nouveau il date de 1974. Il y a plus de médecins touchés car une pénurie de soignants à l’hôpital
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Confinement, télétravail sur un bout de table de cuisine avec les enfants qui courent autour, perte de revenu ou chômage partiel, perte de repères et plus de collègues autour de la machine à café pour papoter. Nous avons posé la question à  un psychiatre, Christophe Cutarella (1).

 

Quels sont les symptômes du burn out en télétravail ?
 

Les symptômes du burn out en télétravail ne seront pas spécifiques : par contre la fatigue, celle liée au télétravail, les yeux fixés sur un écran pendant des heures peut aussi engendrer des TMS (Troubles musculo-squelettiques), des tensions dans le dos, le rachis, les poignets. Au niveau des yeux on peut observer des larmoiements, des céphalées de tension liées à l’excès de concentration (on pense à plusieurs choses en même temps et on se concentre plus pour travailler) ou des céphalées occipitales (derrière la tête) là où tous les neurones arrivent, qui peuvent être liées à la lumière de l’écran, des sortes de migraine.

 
 
Pourquoi le burn out ?
 
Souvent on observe une désillusion par rapport au travail, cela peut-être vis-à-vis des clients, des patients pour les soignants et/ou les collègues de travail. D’ultra motivé on va passer à un état où l’on va s’effondrer.
 
Cela touche tout le monde ?
 
Des études montrent que c’est croissant dans les âges jusque 45/50 ans, le pic où cela diminue, on a plus de « bouteille ». On a aussi des attentes différentes, et on accepte plus de choses jeune. Je forme des médecins généralistes : il y a 5 à 6 fois plus de burn out chez les médecins généralistes, les urgentistes et les internes pourtant jeunes (25-30 ans), la sphère émotionnelle est touchée. Contrairement à la dépression, il y a un caractère brutal dans le burn out. Dans la dépression, il y a un ralentissement, une fatigue, du mal à se lever le matin. Dans le burn out on observe une dépersonnalisation, du cynisme, un manque d’empathie, un peu comme si l’on changeait de personnalité. Cela peut arriver d’un coup : un matin, on ne peut pas se lever, et cela peut durer de 12 à 18 mois. Ce n’est pas une simple fatigue où l’on prend quelques jours de vacances et ça va mieux. Il y a une véritable réhabilitation à effectuer et un risque potentiel de passage à l’acte suicidaire.
 
Comment se soigner ?
 
Il faut une psychothérapie, une remise en question et comprendre pourquoi c’est arrivé. Il ne faut pas que des médicaments, il faut un psychothérapeute expérimenté, il peut en plus y avoir des symptômes physiques tels que des douleurs abdominales, de l’hypertension, une augmentation de la fréquence cardiaque. Au Japon, il existe le Kiroshi qui peut engendrer des AVC et des décès.
 
Quid du retour à l’emploi et du rôle du manager ?
 
A son retour, il faut une thérapie réussie, travailler avec le médecin du travail, recommencer avec un mi-temps thérapeutique, mettre dans la boucle le psychologue du travail, les RH, ne pas dire « ça y est, il a pris ses 12 mois de vacances et il revient ». Il y a un véritable travail organisationnel à mettre en place au niveau de l’entreprise . La personne peut avoir mis trop d’engouement et attendait beaucoup trop de ce travail, d’où l’effondrement. Le retour doit être encadré et progressif.
 
Observe-t-on de plus en plus de burn out ?
 
Le terme n’est pas nouveau il date de 1974. Il y a plus de médecins touchés car une pénurie de soignants à l’hôpital par exemple, un manque de moyens dans les hôpitaux. Dans les entreprises, on demande plus de rentabilité et moins d’ « humain ». Les femmes peuvent être plus touchées car elles cumulent aussi la charge à domicile tout en étant entrées dans le monde du travail, on tire sur la corde et à un moment la charge psychique peut être lourde à gérer…
Son site christophecutarella.com. Il est membre du comité scientifique de la fondation Ramsay Santé, psychiatre, addictologue et formateur.

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