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Des emplois verts au compte-goutte

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Lors d’un colloque à Montpellier, deux spécialistes des emplois environnementaux sont revenus sur le dogme actuel. Pour eux, l’environnement et l’écologie créeront peu d’emploi.

Bien sûr. Il leur plait d’être iconoclaste. Mais leurs arguments sont intéressants. Lors de l’université d’été de Montpellier 1 « Emploi, Compétences & Territoires », Frédéric Ogé, chercheur au CNRS, et Pierre Bringuier, professeur de droit et directeur du Master Sécurité-environnement-qualité de l’université Montpellier 1 ont expliqué pourquoi les emplois verts ne créeront pas autant d’emploi qu’annoncés.  

 

L’atelier auxquels vous avez participé était intitulé « Emplois verts et projets de territoire : les éco-quartiers. En quoi ces éco-quartiers vont-ils créer de l’emploi ?

Frédéric Ogé : « Les éco-quartiers sont des quartiers consommant le moins d’énergie possible. Il existe beaucoup de projets mais je ne connais pas d’éco-quartiers existant aujourd’hui en France. Il y a des immeubles aux normes Batiment basse consommation ou haute qualité environnementale. Mais pas d’éco-quartiers. De plus, ces habitations coûtent de 2000 à 3000 euros le M2 contre 500 à 1000 euros le M2 pour une habitation « classique ». Bref, ces constructions constituent une démarche plus idéologique qu’économique. Conclusion au niveau de l’emploi : ces éco-quartiers créeront peu d’emploi. De plus, ce seront la plupart du temps des emplois qui existent déjà et à qui l’on donnera une autre appellation. Il s’agira d’un « verdissement » des emplois plutôt que de créations nettes ».

 

Pierre Bringuier : « Un exemple me semble symptomatique de cette faible probabilité de création d’emploi dans les éco-quartiers. En 2008, les services de Pôle emploi Béziers ont souhaité monter une formation en éco-construction. Ils ont lancé une enquête auprès de 400 entreprises du BTP. 4 ont répondu. De même, dans mon Master Sécurité-environnement-qualité, les étudiants souhaitant travailler dans la sécurité dispose de 2 à 3 offres d’emploi à l’issue du cursus. Ceux qui veulent travailler dans l’environnement peine à trouver un travail dans ce secteur ».

 

la création d’emplois verts est toujours pour demain

Et pour les emplois verts en général ?

Frédéric Ogé : « C’est un peu la même chose que pour les éco-quartiers. L’écologie-environnement ne devrait pas créer de nombreux emplois. En reprenant les discours des différents ministres de l’environnement depuis 40 ans, on s’aperçoit que la création d’emplois verts est toujours pour demain. En 1980, on comptabilisait 373 600 emplois directs et indirects liés à l’environnement. Cela représentait 1,7 % de la population active. En 1995, ce nombre était de 688 000, soit quelque 2 % de la population active. Cela évolue très peu. Les emplois verts concernant entre 1,5 % et 2 % de la population active, il ne faut pas s’attendre à de très forts développements dans ce secteur ».

 

Pierre Bringuier : « Je suis également sceptique quant à la création net d’emploi dans les métiers de l’environnement. On évoque une création de 600 000 emplois. Cela me paraît énorme. Prenons par exemple le cas de la Sictom (Syndicat Intercommunal de Collecte et de Traitement des Ordures Ménagères) d’Agde et Pezenas. En 12 ans, le nombre d’emplois y a été multiplié par 10. Il ne s’agit pas de nouveaux métiers mais d’une prise en compte de l’écologie dans ces nouveaux emplois. Ainsi, les compétences des éboueurs ont été modifiées. Ils ont été formés à la mise en place de nouveau bac. Pour la construction, c’est pareil. Il y a « verdissement » du travail des électriciens, des maçons plutôt qu’une création d’emplois. On peut aussi assister au développement d’emplois induits. Toujours à Agde et Pézenas, on s’est aperçu que la Sictom a dû se doter d’un service de communication colossale (10 % des emplois) pour expliquer aux populations la philosophie du tri des déchets ».

 

Un candidat à la recherche d’un emploi doit-il alors s’engager dans cette voie ?

Frédéric Ogé : « On peut s’y engager mais il faudra le faire sans beaucoup d’illusion et en sachant que les salaires ne seront pas très élevés. Pour mettre les chances de son côté, il est indispensable de se former à un niveau Bac +5 en décrochant un diplôme généraliste. Cela permettra au candidat de s’adapter à ses métiers futurs. Il aura appris à apprendre. En parallèle, le bon candidat se sera aussi formé à l’environnement. Cela ne donnera pas droit à un emploi. En plus de cela, il faudra être compétent et faire partie des meilleurs. Il y a beaucoup de docteurs parmi les gardes des parcs nationaux ».

 

Pierre Bringuier : « Pour trouver   du travail dans l’environnement, il faudra avoir une double voire une triple compétence. Il faut avoir une bonne formation classique et un autre diplôme en environnement. Et en plus parler l’anglais ».

Propos recueillis par Gwenole Guiomard

 

Pour aller plus loin, lire notre guide sur les métiers pour l'environnement en cliquant ici.

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