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Des MS en alternance pour se former (mieux) et à moindre coût

Des MS en alternance pour se former (mieux) et à moindre coût
Stéphane Kleinhans,
BEM-Kedge.
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Les Mastères spécialisés (MS) en alternance additionnent les sujets de satisfactions. Comme les MS classiques, ils permettent une reconversion ou l’acquisition d’une double compétence. Mais, en plus, ils améliorent l’employabilité et la connaissance de l’entreprise. In fine, ils sont financés par l’employeur. L’alternant est même rémunéré…

Ils étaient faits pour se rencontrer. Le premier se nomme « Mastère spécialisé ». Il est né en 1983 et son géniteur, la Conférence des grandes écoles, admet l’avoir conçu « pour répondre à une demande des entreprises françaises qui souhaitaient recruter des diplômés possédant des compétences dans des spécialisations très pointues, pour des fonctions dans des secteurs très précis ». Depuis, en 30 ans, 80 000 diplômés l’ont adopté. Soit pour acquérir une double compétence, soit pour se spécialiser sur un secteur ou un métier ou soit pour se reconvertir. Le projet professionnel est construit. L’objectif est d’acquérir les compétences nécessaires pour décrocher le poste rêvé.

La deuxième s’appelle l’« alternance ». Elle, aussi, est portée par une vocation de professionnalisation de l’enseignement. L’alternant est formé à la fois en classe et en entreprise. Il fait des allers-retours, 1 semaine à l’école en général et 3 semaines en entreprise. Le MS et l’alternance ont donc des raisons de bien s’entendre. Mais la vraie question est de savoir si ce mariage est réussi. Si suivre un MS en alternance maximise les chances d’une bonne insertion professionnelle. Si le diplômé de cette formation arrive mieux équipé sur le marché de l’emploi.

 

Un savoir-faire

« Les entreprises ne cherchent pas des beaux cerveaux. Elles veulent des résultats », rappelle d’une manière très prosaïque Éric David, directeur du MS Achats-Purchasing manager à Technology and Industry à Centrale Paris et dirigeant fondateur de la société d’ingénieurs conseils AddValentiam. Autrement dit, ce n’est pas parce que vous connaissez le profil de préférences cérébrales Herrmann – identifiant les différents modes de fonctionnement des individus – que vous serez embauché comme manager. L’important est de l’avoir intégré et mis en pratique. C’est cela qui intéressera le recruteur. Selon une étude du cabinet de conseil Oasys consultants, l’expérience est le 2 e critère de recrutement, après la personnalité du candidat. L’employeur regarde si le candidat a conduit une expérience similaire et s’il connaît le secteur. « Quand pour le stage, il existe un débat sur l’emplacement à lui attribuer dans le CV, dans un onglet “stage”, “formation” ou “expérience”.   Pour l’alternance, il existe un consensus. C’est une formation et une expérience professionnelle » observe Éric David. Que l’on va mettre en avant et, si possible, monnayer… Certaines entreprises vont même jusqu’à comptabiliser l’alternance comme autant de temps d’expérience professionnelle. La SNCF ne le fait pas, mais le cabinet de recrutement Robert Half fonctionne ainsi. D’autres entreprises contactées dans le secteur de la banque et de l’énergie n’ont pas souhaité se prononcer sur le sujet. Les diplômés de MS en alternance constituent une trop faible part de leur recrutement pour qu’il y ait une politique bien définie.

Néanmoins, rien n’empêche le candidat de faire un peu de pédagogie lors de l’entretien d’embauche. C’est du moins ce que pense Nathalie Meintzert, manager de la division Ingénieurs et Techniciens chez Page Personnel. « L’alternance permet aux jeunes diplômés d’acquérir une expérience terrain et des compétences pratiques qu’ils pourront valoriser auprès des recruteurs. Ils ont été présents dans l’entreprise sur une période plus longue que ne l’a été le stagiaire et ont pu avoir l’opportunité de suivre des projets de A à Z ». Ce discours, selon le poste visé, peut même être très convaincant. « Plus la dimension terrain et opérationnelle d’un métier est forte, plus la formation en alternance est valorisée. C’est particulièrement le cas pour des postes en management de production ou les métiers de la maintenance ou du SAV », ajoute Nathalie Meintzert.

 

Une transition en douceur

Le diplômé d’un MS en alternance arrivera donc mieux équipé sur le marché du travail que son homologue d’un cursus classique. Il a eu plus d’occasions de développer ses compétences pratiques et aurait même mieux appris. « Dans un MS classique, l’élève apprend la théorie pendant toute la première moitié du cursus et l’applique ensuite. Dans un MS en alternance, il y a une plus grande souplesse. Le savoir se traduit plus rapidement en savoir-faire. Cela permet d’apprendre sans doute mieux en acquérant les éléments théoriques et en les appliquant progressivement, estime Stéphane Kleinhans responsable académique   du MS en alternance Management par la Qualité à la BEM-Kedge. Ces allers-retours entre école et entreprise permettent en outre aux étudiants de mettre en perspective le savoir académique par rapport à la pratique et inversement. L’alternance favorise en outre une transition en douceur de la vie estudiantine vers la vie professionnelle. »

L’insertion professionnelle dans le cadre de l’alternance débuterait donc dès le début de la formation. L’alternant construit peu à peu son rôle professionnel. Le premier exercice auquel sont soumis les participants du MS management par la qualité de la BEM-Kedge consiste à faire un diagnostic qualité de leur entreprise d’accueil… Un bon moyen dès le départ de les intégrer. « L’exercice les oblige à sortir de leurs bureaux, à aller voir leurs collègues, les salariés d’autres services, à nouer des liens et à se rendre visibles » explique Stéphane Kleinhans, responsable académique du Mastère.

 

Un savoir-être

L’alternant apprend aussi « à se positionner face au corps social de l’entreprise. Quel code vestimentaire adopter ? Quelle attitude doit-il avoir devant un RH, un collègue, un manager ? Il développe ses capacités de communication, son savoir-être, cultive ses compétences comportementales. Il le fait d’autant plus aisément en alternance qu’il n’est pas affublé de l’étiquette “stagiaire”, qu’il est présent sur une plus longue période », ajoute Jean-Paul Brette, président de Syntec Conseil en recrutement, le syndicat des cabinets de recrutement.

Il est à la fois étudiant et « salarié à part entière » d’une entreprise, comme le souligne le ministère du Travail. Il est lié à elle par un contrat, le contrat de professionnalisation, plus engageant pour l’entreprise que la simple convention de stage. Au titre de ce contrat, « les lois, les règlements et la convention collective lui sont applicables dans les mêmes conditions qu’aux autres salariés », indique le ministère. De par ce contrat, « l’employeur s’engage aussi à assurer aux bénéficiaires une formation leur permettant d’acquérir une qualification professionnelle et à leur fournir un emploi en relation avec cet objectif pendant la durée du contrat », poursuit le ministère. Du coup, Antoine Pennaforte, coauteur avec Stéphanie Pougnet de l’ouvrage Alternance : cultivez les talents de demain aux éditions Dunod et auteur d’une thèse sur l’alternance en entreprise, a pu constater que dans ces conditions d’engagement mutuel un cercle vertueux s’engage. « L’entreprise laisse une plus grande autonomie qu’elle ne le ferait à un stagiaire. Il se voit confier des missions plus importantes. C’est extrêmement valorisant. Cela le pousse à se dépasser, à montrer qu’il a les capacités de décrocher le poste. » L’alternance permet une meilleure acquisition d’un savoir, d’un savoir-faire et d’un savoir-être, trois éléments cruciaux pour une embauche.

 

La réputation d’une école sans en payer le prix

Il y a une cerise sur le gâteau : se payer le nom, la réputation d’une école sans débourser un sou. Les frais d’inscription d’un bon Mastère spécialisé dépassent aisément les 10 000 euros. Le MS Management technologique et innovation de la Grenoble école de management coûte 13 500 euros. Le MS Entrepreneurs, créé conjointement par l’École Centrale et l’Essec, est facturé 16 500 euros. Dans le cadre de l’alternance, c’est l’entreprise d’accueil qui prend en charge les frais d’inscription. Encore mieux. Elle rémunère son alternant. Cette rémunération « ne peut être inférieure à 70 % du SMIC si le bénéficiaire du contrat de professionnalisation a 21 ans et plus ». Elle « ne peut être inférieure au SMIC ou à 85 % de la rémunération minimale prévue par la convention ou par l’accord collectif de branche dont relève l’entreprise, si le bénéficiaire est âgé de 26 ans ou plus », ajoute le ministère du Travail. Un moyen de plus pour se sentir réellement salarié et de moins en moins étudiant.  

Lucile Chevalier

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