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Deux jeunes cadres défient l’entreprise

 | par Christophe Bys

Deux jeunes cadres défient l’entreprise
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Quand deux ex Sciences Po instruisent le procès du management moderne, le résultat fait sourire avant d’inquiéter. Derrière l’humour du propos apparaît en filigrane le portrait d’une génération qui ne croît plus en l’entreprise. Et si l’urgence était à la réconciliation…

  A lire L’open space m’a tuer d’Alexandre des Isnards et Thomas Zuber publié chez Hachette littérature, un malaise entre les hauts potentiels et l’entreprise semble poindre. Derrière les beaux discours de ces entreprises plébiscitées par les jeunes diplômés, la colère gronde. Les discours managériaux peuvent peindre la réalité en rose. « Pas dupe », répondent les deux auteurs. Et au fil des pages, les preuves accumulées font d’abord sourire le lecteur… et laissent peu à peu place à une sorte d’effroi, à la lecture des troubles psychosomatiques qui sont le lot quotidien, pour qui veut tenir coûte que coûte. D’autres font le choix de refuser les promotions qui leur sont proposées, en attendant le premier plan social… en espérant avoir la « chance » d’être sur les rangs !

En une succession de courts chapitres qui tiennent davantage de la sitcom que de l’essai sociologique, Alexandre des Isnards et Thomas Zuber décrivent un monde impitoyable : celui du travail. Avec ironie et cruauté – le glossaire final recense les tics de la novlangue -, ils dissèquent les effets des nouveaux modes de management. L’open space du titre est avant tout un symbole. C’est le lieu de cette tragédie moderne, où les salariés s’engluent dans des injonctions contradictoires. A titre d’exemple, ils montrent en une scène comment dans le même temps certaines entreprises promeuvent le travail en équipe… et ne distribuent que des récompenses individuelles. Autre exemple : les entreprises peuvent bien parler d’épanouissement, de construire sa carrière, rien n’a changé depuis longtemps dans le monde du travail. « Le taylorisme découpait le travail en une succession de tâches, les post taylorisme découpent la personne… en un patchwork de compétences », croient-ils observer. Sans parler d’une offre parue pour un « stagiaire senior » !

 Un dangereux désengagement

Disons le d’emblée : sur le fond, rien de neuf sous le soleil. Cela fait de nombreuses années que les spécialistes ès sciences sociales s’inquiètent de la dégradation du climat dans les entreprises. En choisissant la forme d’anecdotes racontées sur un mode humoristique, Thomas Zuber et Alexandre des Isnards s’ouvrent à un public plus large.

En outre, le diagnostic est d’autant plus accablant qu’il est fait par deux enfants gâtés des années 90i, ayant reçu la meilleure des éducations à l’IEP de Paris – autrement dit là où l’on forme encore aujourd’hui l’élite française - et occupant in fine des places plutôt convoitées. Ingrats fils de famille crachant dans la soupe ou phénomène générationnel ? Au fil des pages, ce qui frappe surtout c’est la résignation d’ensemble, l’impression d’une sorte de fatalité contre laquelle personne ne peut rien faire. Les modes d’action classique sont inopérants. La question du syndicalisme des jeunes cadres est réglée dans une note de bas de page. C’est dire à quel point les auteurs n’envisagent pas de se faire aider par les corps constitués. De même, le lecteur reste sur sa faim, faute d’une analyse réellement étayée des causes de cette détérioration.

N’allez pas leur dire à Alexandre des Isnards et Thomas Zuber qu’ils ne voient que le mauvais côté des choses… ils le revendiquent. « Nous ne sommes pas là pour adoucir », écrivent-ils. Le divorce entre les jeunes et l’entreprise est un sujet dont on peut rire – culture du fun oblige – mais qu’il faut prendre au sérieux car nous savons trop ce que ces sourires, nos sourires, peuvent cacher ».

Paru en septembre, L’open space m’a tuer fera peut être figure, alors que la préoccupation du chômage revient en force, de caprice de sales gosses trop gâtés. Pourtant, rien ne serait plus dangereux que d’ignorer un tel ouvrage. Si le lien entre les jeunes cadres et l'entreprise est rompu, l'avenir paraît bien sombre.


 

Pour en savoir plus

L’open space m’a tuer Alexandre des Isnards et Thomas Zuber, Hachette Littérature 16,50 euros

www.lopenspacematuer.com

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