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Deux ou trois choses que je sais de Shanghaï

Deux ou trois choses que je sais de Shanghaï
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Rien ne serait plus stupide que de prétendre avoir tout compris d’un pays aussi vaste que la Chine après une (petite) semaine de visite, aussi dense soit-elle. Six instantanés d’une Chine côtière qui se rêve puissance du 21e siècle.

Tout commence dans le Boeing qui atterrit à Shanghaï. Les autorités ne font pas semblant de s’inquiéter des risques d’épidémie de grippe A. Une équipe d’hommes vêtus de blanc des pieds à la tête, portant masque, pointe une sorte de pistolet à infra rouges sur le front de chaque voyageur qui souhaite pénétrer sur le territoire chinois. Une petite dizaine de personnes ne pourront pas débarquer sans examen complémentaire.

Une fois sorti de l’avion, ce qui frappe c’est bien sûr le gigantisme. On a beau l’entendre dire, on a beau vous répéter que « Shanghaï  est une des villes les plus denses d’Asie », rien n’y fait. Les dimensions de la ville sont telles qu’une fois dedans, on se demande s’il est possible d’en ressortir. Les buildings ceints d’autoroutes aériennes se succèdent. Sans parler des nœuds autoroutiers ou du boulevard périphérique doublé d’un périphérique aérien, monté sur pilotis géant de béton.

 

Un grand chantier

Crise ou pas, la ville est un grand chantier. Alors que vous vous retrouvez devant un quartier d’affaires façon la Défense, votre interlocuteur vous déclare benoîtement « il y a cinq ans c’était un champ ici ». Ailleurs, c’était une friche. Là des industries du siècle dernier ou encore des habitations traditionnelles. S’il est un lieu où la volonté de puissance semble ne connaître aucune limite, c’est bien à Shanghaï. Pour le pouvoir chinois, toute la difficulté aujourd’hui est d’équilibrer le développement entre les régions côtières d’une part et le reste du pays d’autre part.

Les autorités chinoises en ont visiblement assez de voir la Chine ne pas être considérée comme elle le devrait. On ne dira plus encore longtemps qu’elle est le pays des industries de main d’œuvre bon marché. La Chine veut être innovante. La formation de ses enfants est devenue un impératif. Après les produits bon marché, il est temps de passer à la recherche et développement. Les multinationales sont invitées à construire des centres de recherche et développement. Pour ne par perdre un marché prometteur, elles s’exécutent. Reste à savoir ce qui se passe vraiment sur les paillasses des labos.

L’échange de cartes de visite est à Shanghaï une véritable cérémonie. Voyageur d’affaire qui t’apprête à franchir la porte de l’empire du milieu, prévois un stock. Elles s’échangent à deux mains. Avant de l’empocher, il faudra la décrypter avec attention, féliciter son possesseur, l’interroger sur sa fonction exacte. En tout cas s’intéresser à ce qui est écrit sur le petit bristol blanc.

Terre de contrastes comme disent les mauvais documentaires. Shanghaï est cette ville où vous pouvez entendre des dirigeants d’entreprises faire l’apologie de la planification et du centralisme. « On dira ce qu’on voudra, l’état chinois, ici, a compris les entreprises », entend on de la bouche de cadres supérieurs qui, s’ils vivaient en France, s’indigneraient de l’omnipotence de l’Etat. Du caractère changeant de la vérité selon la position géographique du locuteur, pourrait dire un sage chinois.

 

Christophe Bys

Envoyé spécial

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